LITURGIES
PREMIER,DEUXIEME ET TROISIEME DIMANCHE,10H 30(suivie d'agapes)

P. Calivas: Jeudi Saint, commentaires sur les thèmes principaux (Holy Cross School, MA)

 



Le Jeudi Saint, l'Église met l'accent sur les événements qui ont eu lieu dans la Chambre Haute et au Jardin de Gethsemani. Dans la Chambre Haute, pendant le repas, Jésus établit et institua le Mystère ou Sacrement de la sainte Eucharistie et aussi lava les pieds de Ses disciples. Le Jardin de Gethsemani attire notre attention sur l'obéissance rédemptrice et la sublime prière de Jésus (Mt 26,36-46). Il nous place aussi devant l'acte lâche et traître de Judas, qui trahit le Christ par un baiser, le signe de l'amour et de l'amitié.


L'Eucharistie
A la Cène Mystique, dans la Chambre Haute, Jésus donna un sens radicalement nouveau à la nourriture et boisson du repas sacré. Il S'identifia Lui-même avec le pain et le vin : "Prenez, mangez, ceci est Mon Corps.. Buvez-en tous, car ceci est Mon Sang de la Nouvelle Alliance" (Mt 26,26-28).
Nous avons appris à assimiler la nourriture avec la vie, car elle soutien notre existence terrestre. Dans l'Eucharistie, la nourriture humaine, caractéristique et unique – le pain et le vin – devient notre don de vie. Consacrés et sanctifiés, le pain et le vin deviennent le Corps et le Sang du Christ. Ce changement n'est pas physique mais mystique et sacramentel. Bien que les qualités du pain et du vin demeurent, nous participons au véritable Corps et Sang du Christ. Dans le repas Eucharistique, Dieu entre dans une telle communion de vie qu'Il nourrit l'humanité avec Son propre être, dont en demeurant toujours distinct. Selon les mots de saint Maxime le Confesseur, le Christ "nous transmet la vie divine, Se rendant mangeable." L'Auteur de la vie bouleverse les limitations de notre état de créature. Le Christ agit de sorte que "nous puissions devenir participants de la nature divine" (2 Pierre 1,4).
L'Eucharistie est au centre de la vie de l'Église. Elle est sa plus profonde prière et principale activité. Elle est à la fois tant la source que le sommet de sa vie. Dans l'Eucharistie, l'Église manifeste sa véritable nature et est continuellement transformée, d'une communauté humaine devenant le Corps du Christ, le Temple du Saint Esprit, et le Peuple de Dieu.
L'Eucharistie est le Sacrement sur-éminent. Elle complète tous les autres et récapitule l'entière économie du Salut. Notre nouvelle vie en Christ est constamment renouvelée et accrue par l'Eucharistie. L'Eucharistie donne la vie et la vie qu'elle donne, c'est la vie de Dieu.
A travers le Baptême et la chrismation, nous sommes entrés dans un nouveau mode d'existence. C'est une existence de devenir constant. Les Écritures décrivent cela comme une nouvelle naissance, la mort du vieil homme qui est en nous, le dépouillement de la vieille nature et le revêtir de la nouvelle nature. Cette nouveauté, ce changement radical dans le mode d'existence, ce n'est pas accompli pas l'effort humain. C'est un don de Dieu. Enracinée dans le siècle à venir, cette nouvelle existence est maintenue et nourrie par l'Eucharistie. A chaque Divine Liturgie, nous entendons les bonnes nouvelles du Christ et entrons dans le processus de conversion. Nous recevons la possibilité d'acquérir pour nous-mêmes la manière eucharistique d'exister. Petit à petit, nous devenons nous-mêmes communion et amour. Lors de la Divine Liturgie, les éléments tragiques de notre existence déchue – orgueil, individualisme, blasphème, vanité, hypocrisie, jalousie, colère, division, peur, désespoir, douleur, tromperie, mensonge, méchanceté, avidité, vice, gloutonnerie, passions, corruption, mort – sont continuellement vaincus, afin de nous rendre capables de devenir amour, liberté et vie."
L'Eucharistie est offerte à toute l'Église non pas comme récompense, mais comme remède contre le péché, comme source de vie, la communion du Saint Esprit, et une ouverture aux autres. Chaque Chrétien Orthodoxe, baptisé et chrismé, devrait recevoir régulièrement et fréquemment les divins Mystères. Il faut cependant prendre soin que la sainte Communion soit approchée avec discernement spirituel et préparation adéquate. Un jeûne intégral, tel que décrit auparavant, précède notre réception de la sainte Communion. L'observation des Commandements de Dieu constitue la préparation essentielle et la disposition adéquate pour la participation au Sacrement.
Dans l'Eucharistie, l'Église commémore et reprend sacramentellement l'événement rédempteur de la Croix et participe en sa grâce salvatrice. Ceci ne suggère pas que l'Eucharistie tente de rappeler un événement passé. L'Eucharistie ne répète pas ce qui ne sait pas être répété. Le Christ n'est pas à nouveau et sans cesse mis à mort. C'est plutôt que la nourriture eucharistique est concrètement et réellement changée en Corps et Sang de l'Agneau de Dieu, "Qui S'est donné Lui-même pour la vie du monde." Le Christ, le Theanthropos, continue de S'offrir Lui-même aux fidèles à travers les Dons consacrés, c-à-d, vraiment Son propre Corps ressuscité et déifié, qui est mort pour nous et à présent vit (Héb 10,2; Apoc. 1,18). Dès lors, les fidèles viennent à l'église semaine après semaine pas seulement pour adorer Dieu et entendre Sa Parole. Ils viennent, en tout premier lieu, pour expérimenter encore et encore le Mystère du Salut, et pour être intimement unis à la Passion et à la Résurrection du Seigneur Jésus-Christ.
Par le pouvoir de Son sacrifice, le Christ nous attire dans Sa propre action sacrificielle. L'Église offre aussi un sacrifice. Cependant, le sacrifice offert par l'Église et ses membres ne peut qu'être une offrande donnée en retour à Dieu, du fait des richesses de Sa bonté, miséricorde et amour. Ce sacrifice est avant tout un sacrifice de louange et d'action de grâce. Il a aussi d'autres formes, dont l'attachement à l'Évangile, la loyauté envers la vraie Foi, la prière constante, le jeûne, les luttes contre les passions, et les oeuvres de charité. Cependant, au niveau le plus profond, cette offrande en retour est un acte de kénose (Luc 9,23-25). Il se constitue de notre volonté à perdre notre vie pour la regagner (Mt 16,28).
Dans l'Eucharistie, nous recevons et participons à la Résurrection du Christ. Nous partageons Son Corps sacrifié, ressuscité et déifié, "pour le pardon des péchés et la vie éternelle" (Divine Liturgie). Dans l'Eucharistie, le Christ répand en nous – en tant que don permanent et constant – le Saint Esprit, "L'Esprit Lui-même (qui) atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Sommes-nous enfants? donc héritiers aussi: héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ" (Rom. 8,16-17).
Le fruit central de l'Eucharistie, c'est la communion du Saint Esprit. Le Saint Esprit est le Donateur de Vie, qui nous prépare pour la résurrection et nous fait avancer en sa direction (Rom. 8,2-9,8). Les autres fruits de l'Eucharistie sont relatifs à ce don central. Vigilance de l'âme, pardon des péchés, une conscience pure sont à la fois la préparation et le résultat de notre communion avec le Saint Esprit. La familiarité et la compagnie des saints, la manifestation de l'amour dans l'unité de la Foi, et l'héritage du Royaume céleste sont obtenus par la communion du Saint Esprit.
Saint Grégoire Palamas, dans un passage pénétrant, nous aide à comprendre la puissance et la merveille de l'Eucharistie:
"Le Christ est devenu notre frère en partageant notre chair et notre sang, et étant ainsi assimilé à nous.. Il nous a joints et liés à Lui-même, comme un époux à son épouse, en devenant une seule chair avec nous à travers la communion à Son Sang; Il est aussi devenu notre Père par le divin Baptême qui nous fait ressembler à lui, et Il nous nourrit à Sa propre poitrine comme une tendre mère nourrit ses bébés... Venez, dit-Il, mangez Mon Corps, buvez Mon Sang... de sorte que vous ne serez plus seulement créés à l'image de Dieu, mais deviendrez dieux et rois, éternellement et célestement, vous revêtant de Moi, le Roi et Dieu."

 20 avr. 2008

Le séminaire orthodoxe russe recevrait ses premiers étudiants en octobre

Le séminaire de l’Eglise orthodoxe russe à Paris, dont l’ouverture a été annoncée par le Saint Synode de l’Eglise russe mardi dernier, va procéder au recrutement de ses premiers étudiants en octobre prochain, nous informe le site Blagovest-info.ru se référant à l’agence RIA Novosti, le recteur désigné est le hiéromoine Alexandre Siniakov.
Le saint Synode de l’Eglise russe, dont la dernière séance s’est déroulée mardi dernier à Moscou sous la présidence de patriarche de l’Eglise orthodoxe russe Alexis II, a décidé qu’un séminaire de l’Eglise russe serait fondé à Paris. L’archevêque de Chersonese Innocent a été nommé chancelier de ce séminaire, tandis que le hiéromoine Alexandre Siniakov, clerc du diocèse de Chersonèse a  été nommé recteur du séminaire.

Ce séminaire aura pour tâche de former des prêtres pour nos diocèses de l’étranger. Actuellement il n’y a pas suffisamment de prêtres parlant les langues étrangères et connaissant bien la culture des pays étrangers. « Le séminaire formera des prêtres qui seront opérationnels à l’étranger ; mais nous sommes ouverts à toute forme de coopération avec les diocèses en Russie » a déclaré en substance le recteur.
Il est prévu de recruter de 15 à 20 étudiants en octobre 2008 (l’année scolaire débutant le 1er octobre en France). Le séminaire ne dispose pas de locaux pour le moment, mais devrait en disposer dès cet été, selon les prévisions du recteur. 
D'après le père Alexandre Siniakov, cet établissement est déjà assuré du soutien influent en France de l’Eglise catholique, ainsi que du ministère de l’Intérieur, dont relèvent les cultes en France.
Selon le hiéromoine Alexandre, il a été possible d’obtenir la compréhension de l’Eglise catholique ainsi que des autorités françaises grâce à l’ouverture de cet établissement aux différentes cultures.
« Les études au séminaire ne se limiteront pas à la seule étude de l’héritage orthodoxe russe. Il est prévu que les séminaristes passeront par trois blocs d’études. Premièrement des études de théologie au séminaire même, avec des enseignants de l’Eglise orthodoxe russe. En second lieu des cours de philosophie et d’histoire à la Sorbonne, et en troisième lieu nos étudiants fréquenteront les cours des établissements d’autres confessions – à l’Institut catholique de Paris, par exemple » a précisé le recteur. ( NdT : selon nos sources,  l'Instutut de théologie orthodoxe Saint-Serge n'a pas été consulté pour une éventuelle collaboration - Orthodoxie.com)
Les études seront organisées selon les usages français : trois années de premier cycle, et deux années de master, pour les étudiants les plus capables. De plus tous les nouveaux séminaristes feront une année préparatoire, centrée sur l’étude de la langue. Ainsi le cursus complet s’étendra sur six années.
Les cours auront lieu en russe et en français. Les études seront sanctionnées par deux diplômes : un diplôme de séminaire russe, et un diplôme d’état français selon le modèle d’une université-partenaire.
Les étudiants du séminaire parisien seront choisis parmi les étudiants des séminaires de Russie, d’Ukraine et de Biélorussie, ayant déjà étudié un ou deux ans dans leurs établissements, de même que dans le milieu de l’émigration. Leurs professeurs en France seront des prêtres du diocèse de Chersonèse ainsi que d’autres juridictions orthodoxes, des professeurs français ainsi que des spécialistes invités de Russie.
Cet établissement parisien sera partiellement financé par le Patriarcat de Moscou, cependant la part principale des moyens financiers devra être trouvée par le diocèse de Khersonèse lui-même. C’est pourquoi l’une des tâche actuelles principales consiste à rechercher des sponsors, a encore précisé l’interlocuteur de l’agence.

Source : Blagovest-info

Des membres de la commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe se sont réunis à l’abbaye de Cîteaux

Huit membres de la commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe se sont réunis du 7 au 11 avril à l’abbaye de Cîteaux (Bourgogne) à l’invitation de Mgr Roland Minnerath, archevêque de Dijon et membre de la commission.

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Radio : le samedi de Lazare – le dimanche des Rameaux – la semaine de la Passion

Dans l'émission de radio L'Eglise orthodoxe aujourd'hui du dimanche des Rameaux, 20 avril, à partir de 17 heures sur Radio Notre-Dame, Bogdan Florin Vlaïcu propose un entretien sur le samedi de Lazare, le dimanche des Rameaux et la semaine de la Passion avec le père Marc-Antoine Costa de Beauregard, doyen des paroisses de la Métropole orthodoxe roumaine en France et recteur de la paroisse francophone Saint Germain et Saint Cloud à Louveciennes.

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Le numéro 8 - mars-avril 2008 - du Messager de l'Eglise orthodoxe russe, revue bimestrielle d'information et de spiritualité orthodoxe, paraît au début de la Semaine Sainte.

Le dossier de ce numéro est consacré à Vladimir Lossky, un des plus importants théologiens orthodoxes du XXe siècle. Au mois de février dernier, le diocèse de Chersonèse a commémoré le cinquantième anniversaire de son décès. La revue propose un article du père Nicolas Lossky "Théologie et spiritualité chez Vladimir Lossky", un témoignage d'un jeune enseignant de l'académie de théologie de Moscou et un texte de Vladimir Lossky lui-même intitulé "La Croix".

Dans la rubrique "Théologie", inaugurée dans ce numéro 8, est publiée la traduction française du dernier document, très riche et important, de la commission théologique synodale de l'Eglise orthodoxe russe exposant l'enseignement orthodoxe sur la présence du Christ dans les Dons eucharistiques.

Le Messager consacre une rubrique au métropolite Laure (Shkurla), primat de l'Eglise russe hors frontières, décédé le 16 mars dernier, et propose la traduction française de son dernier discours public, prononcé à Moscou début mars et portant sur la place des jeunes dans l'Eglise.

Enfin, dans la rubrique "Eglise et Société", le métropolite Cyrille de Smolensk propose une réflexion sur le rapport entre la foi et la doctrine des droits de l'homme.

Vous pouvez commander ce numéro en ligne à partir de cette page.

Dimanche 20 Avril 2008


Dans la même rubrique :

 Recevoir le Messager - 01/12/2007

 

Actualité | Diocèse de Chersonèse | Lieux de culte en France | Clergé | Patriarche | Relations entre les Eglises | Documents | Paroles des Saints | Homélies | Eglise et Société | Culture | Presse | Messager de l'Eglise russe | U.A.C.E.O.

20 Avr 2008 

Мартин Милостивый Турский

Saint Martin de Tours

2. Saint Martin de Tours et la floraison du monachisme occidental.

Le monachisme prit originellement racine en Orient, mais relativement tôt, l'Occident reçut un modèle de ce type de vie dans l'exemple personnel et les écrits de saint Athanase d'Alexandrie qui vécut en exil à Trêves, en Gaule en 335. Comme Athanase connaissait saint Antoine le Grand et avait trouvé refuge parmi les moines de la haute Egypte lors d'une période de grand danger, on peut en déduire que les Gaules entendirent parler du bienheureux Antoine et des expèloits ascétiques des moines égyptiens lors de l'exil de saint Athanase.

Au IVè siècle, le feu du christianisme commença à embraser avec intensité la Gaule chrétienne. Ceci était dû peincipalement à l'exemple et à l'inspiration venus du mouvement monastique grandissant partout dans le monde chrétien.

Deux des plus grands saints de ce temps en Gaule étaient saint Hilaire de Poitiers et saint Martin de Tours. Saint Hilaire, connu sous le nom de "l'Athanase d'Occident", fut le père spirituel de saint Martin. Saint Martin est considéré comme le premier grand saint de Gaule issu du monachisme. Son exemple de "martyr non-sanglant" par l'ascèse fut adopté par beaucoup d'autres chrétiens.

On peut décrire trois éléments importants qui contribuèrent parmi les peuples gaulois à l'expansion de l'idéal ascétique monastique:

a9 Le premier monastère véritable  fut Marmoutier [ moutier/monastère de Martin!] fondé par saint Martin. Les moines de Marmoutiers, au nombre de quatre-vints, vivaient tous dans de minuscules cellules de bois construites à moitié dans les grottes naturelles sur le flanc d'une immense falaise le long des rives de la Loire. On peut encore voir ces grottes de nos jours près de Tours. Le monastère de Marmoutier eut une grande influence car de nombreux évêques furent choisis parmi ses moines. Saint Sulpice Sévère parle ainsi du monachisme dans sa vie de saint Martin:

"Personne ne possédait quoi que ce soit en propre. Il était interdit d'acheter ou de vendre quoi que ce soit...

Aucun atisanat n'y était pratiqué, sauf celui des copistes et même celui-ci était assigné aux frères dans leurs jeunes années, tandis que les frères plus âgés passaient leur temps à la prière. Il était rare que l'un d'eux s'éloigne de sa cellule. Ils mangeaient tous ensemble.

La plupart d'entre eux étaient vêtus de vêtements en poil de chameau. Ceci devait être la chose la plus remarquable, car beaucoup parmi eux venaient de la noblesse...et avaient été éduqués différemment." ( Chapitre 10 de la Vie de Saint Martin) L'expression particulière de la vie monastique de saint Martin à Marmoutier était naturellement en harmonie avec l'âme des Gaules et elle servit de catalyseur à l'expansion du chriustianisme parmi le peuple.

b) Un des fruits immédiats de cet exemple de saint Martin, fut le monastère de Lérins. La fondation de ce monastère sur l'île de Lérins en 410 fut l'œuvre de saint Honorat, futur évêque d'Arles. Le monastère servit d'école spirituelle pour les évêques et les écrivains ecclésiastiques comme saint Faust de Riez, saint Eucher de Lyon, saint Vincent de Lérins, saint Hilaire et saint Césaire d'Arles et saint Patrick d'Irlande. Ce que nous savons de la vie du monastère de Lérins peut être trouvé principalement dans la vie de son fondateur., saint Honorat et le texte de saint Eucher de Lyon La Louange du Désert. Par ces sources, nous voyons que la plupart des moines vivaient en communauté, tandis que les plus expérimentés luttaient dans la vie érémitique ou semi-érémitique. Le monachisme dans la tradition de Lérins ( qui considérait la vie des anachorètes du désert comme l'idéal le plus haut) se répandit dans toute la partie sud-est de la Gaule, et notamment dans les montagnes du Jura avec saint Romain et saint Lupicin, et dans le Valais suisse, où le monastère de Saint Maurice d'Agaune [actuel Saint Maurice dans le Valais suisse], resta un centre spirituel important pour les siècles futurs.

c) Enfin, il faut mentionner aussi les enseignements spirituels de saint Jean Cassien. En 416, saint Jean fonda le monastère de saint Victor de Marseille. Avant cette date, en 400, il avait été ordonné au diaconat par saint Jean Chrysostome. Saint Jean Cassien fut un grand défenseur des enseignements dogmatiques de l'Eglise et il exposa prudemment la synergie entre le libre arbitre de l'homme et la Grâce de Dieu. Son œuvre première, fut cependant de révéler aux moines gaulois la manière de vivre et la spiritualité des moines d'Orient. Ses Institutions et ses Conférences, qu'il écrivit pour les moines de Provence, sont une manifestation glorieuse des fruits spirituels qu'il avait acquis lors de son long séjour en Egypte parmi ces saints hommes célèbres. Beaucoup de communautés monastiques nouvellement fondées, qui désiraient mener la vie solitaire, utilisèrent ses écrits comme manuels et guides spirituels. Les règles monastiques décrites en détail dans sesInstitutions furent déterminantes pour la fondation des typica monastiques subséquent dans les siècles à venir, y compris pour la Règle de Saint Benoît.


 

Moine Nicodème in The Church of the Gauls ( PRAVOSLAVIE-RU)
http://www.pravoslavie.ru/
( English Version)
Version française Claude Lopez-Ginisty

Vie de Saint Martin:
                         

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P. Schmemann: Samedi de Lazare (The Christian Way, 1961)

 


La joie qui imprègne et éclaire l'Office du Samedi de Lazare met l'accent sur un thème majeur : la prochaine victoire du Christ sur l'Hadès. "Hadès" est le terme biblique pour la Mort et sa puissance universelle, pour l'indéniable ténèbre qui engloutit toute vie et empoisonne le monde entier par son ombre. Mais maintenant – avec la résurrection de Lazare – "la mort commence à trembler." Un duel décisif entre la Vie et la Mort commence, nous donnant la clé de tout le mystère liturgique de Pâques. Déjà au 4ème siècle, le Samedi de Lazare était appelé "annonce de Pâques." Car en effet, il annonce et anticipe la merveilleuse Lumière et paix du Samedi qui suit – le Grand Samedi -, jour de la Tombe vivifiante.

Lazare, l'ami de Jésus, personnifie l'humanité entière et aussi chaque homme, comme Béthanie – la maison de Lazare – symbolise le monde entier – la maison de l'Homme. Car chaque homme a été créé en tant qu'ami de Dieu et appelé à Son amitié : la connaissance de Dieu, la Communion à Dieu, le partage de la vie avec Lui : "En Lui était la Vie, et la Vie était la Lumière des hommes" (Jean 1,4). Et cependant cet ami, que Jésus aime, qu'Il a créé dans l'amour, est détruit, annihilé par une puissance que Dieu n'a pas créée : la mort. Dans Son propre monde, le fruit de Son amour, sagesse et beauté, Dieu rencontre une puissance qui détruit Son oeuvre et annihile Son premier dessein. Le monde n'est que lamentation et affliction, complainte et révolte. Comment est-ce possible? Comment est-ce arrivé? Telles sont les questions implicites de la narration lente et détaillée donnée par Jean de la progression de Jésus vers la tombe de Son ami. Et une fois sur place, Jésus pleura, dit l'Évangile (Jean 11,35). Pourquoi donc pleura-t'Il si Il savait qu'un instant plus tard, Il ramènerait Lazare à la vie? Les hymnographes byzantins n'ont pas bien rendu la véritable signification de ces larmes. "Comme homme, Tu pleura, et comme Dieu, Tu le releva de la tombe.." Ils arrangent les actions du Christ selon Ses deux natures : la Divine et l'humaine. Mais l'Église Orthodoxe enseigne que toutes les actions du Christ sont à la fois divines et humaines, qu'elles sont les actions d'une seule et même personne, le Fils Incarné de Dieu. Celui Qui pleure n'est pas seulement homme, mais aussi Dieu, et Celui Qui appelle Lazare hors de la tombe n'est pas seulement Dieu, mais aussi homme. Et Il pleure parce qu'Il contemple l'état misérable du monde, créé par Dieu, et l'état misérable de l'homme, le roi de la Création.. "Il sent déjà" disent les Juifs pour tenter d'empêcher Jésus d'approcher du corps, et ce "il sent déjà" peut être appliqué à toute la Création. Dieu est Vie, et Il a appelé l'homme à cette divine réalité de la vie, et lui, "il sent déjà." A la tombe de Lazare, Jésus rencontre la Mort – la puissance du péché et de la destruction, de la haine et du désespoir. Il rencontre l'ennemi de Dieu. Et nous qui Le suivons, nous sommes à présent introduits dans le coeur même de cette heure de Jésus, l'heure qu'Il a si souvent mentionnée. Les ténèbres de la Croix qui arrivent, sa nécessité, sa signification universelle, tout ça nous est donné dans le plus court verset de l'Évangile – "et Jésus pleura."

Nous comprenons à présent que c'est parce qu'Il pleura, c-à-d aimait Son ami Lazare et était bouleversé pour lui, qu'Il avait la puissance de le ramener à la vie. La puissance de la Résurrection n'est pas une divine "puissance par elle-même", mais c'est la puissance de l'amour, ou plutôt, l'amour comme puissance. Dieu est Amour, et c'est l'amour qui crée la vie; c'est l'amour qui pleure à la tombe et c'est dès lors l'amour qui restaure la vie.. Telle est la signification de ces divines larmes. Ce sont des larmes d'amour, et dès lors, en elles se trouve la puissance de la vie. L'amour, qui est le fondement de la vie et sa source, est à nouveau à l'oeuvre, recréant, rachetant, restaurant la vie enténébrée de l'homme : "Lazare, sors dehors!" Et c'est pourquoi le Samedi de Lazare est le véritable commencement des deux : la Croix, en tant que sacrifice d'amour suprême, et la résurrection commune, en tant que triomphe ultime de l'amour.

"La joie de tous, le Christ, la Vérité, la Lumière, la Vie, la Résurrection du monde, S'est révélé dans Sa bonté à ceux qui sont sur la terre. Il est devenu le modèle de la résurrection, donnant à tous l'absolution divine."

Protopresbytre Alexander Schmemann
in : "The Christian Way", 1961



icone de la resurrection de Lazare, liturgie orthodoxe byzantine du Samedi de Lazare


P. Hopko: Samedi de Lazare et Dimanche des Palmes

 


La semaine qui suit le Dimanche de saint Marie l'Égyptienne est appelée Semaine des Palmes ou Rameaux. Lors des Offices du mardi de cette semaine, l'Église rappelle que Lazare, l'ami de Jésus, était mort, et que le Seigneur venait pour le relever d'entre les morts (Jn 11). Les jours se rapprochant du samedi, l'Église, dans ses hymnes et versets, continue de suivre le Christ en direction de Béthanie, vers la tombe de Lazare. Le vendredi soir, veille de la célébration de la résurrection de Lazare, les "grands et salutaires 40 jours" du Grand Carême sont officiellement arrivés à leur terme:

"Parvenus au terme des 40 jours, Seigneur Ami des Hommes, nous Te demandons de voir aussi la sainte semaine de Ta Passion, pour glorifier en elle Tes hauts faits et l'oeuvre ineffable de Ton Salut, en chantant d'une même voix : Seigneur, gloire à Toi!" (Hymne des Vêpres, Lucernaire)

Le Samedi de Lazare est une célébration Pascale. C'est l'unique moment de toute l'année ecclésiale où l'office résurrectionnel du dimanche est célébré un autre jour. A la Liturgie du Samedi de Lazare, l'Église glorifie le Christ comme étant "la Résurrection et la Vie" qui, en ressuscitant Lazare, a confirmé la résurrection universelle de l'humanité avant même Sa propre souffrance et mort.

"Confirmant la résurrection commune avant Ta Passion, Christ Dieu, Tu as relevé Lazare des morts. Portant comme les enfants les signes de la victoire, nous Te disons, à Toi qui as vaincu la mort : "Hosanna au plus haut des Cieux, béni est Celui qui vient au Nom du Seigneur" (Tropaire).

"La joie de tous, le Christ, la Vérité, la Lumière, la Vie, la Résurrection du monde, S'est révélé dans Sa bonté à ceux qui sont sur la terre. Il est devenu le modèle de la résurrection, donnant à tous l'absolution divine" (Kondakion).

Au cours de la Divine Liturgie du Samedi de Lazare, les versets baptismaux de Galates "Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ" (Gal. 3,27) remplacent le Trisagion, marquant ainsi le caractère résurrectionnel de la célébration, et le fait que le Samedi de Lazare comptait jadis parmi les quelques grands jours baptismaux de l'année dans l'Église Orthodoxe. Du fait de la résurrection de Lazare d'entre les morts, le Christ fut salué par les masses comme étant le Messie-Roi d'Israël si longtemps attendu. Dès lors, en accomplissement des prophéties de l'Ancien Testament, Il entra dans Jérusalem, la Ville du Roi, "assis sur le petit d'une ânesse" (Zach. 9,9; Jn 12,12). Les foules le saluèrent avec des rameaux de palmiers et en lançant des cris de louange : "Hosanna! Béni est Celui qui vient au Nom du Seigneur, le fils de David!" (Luc 19,47; Jn 11,53; Jn 12,10).

La fête de l'Entrée du Seigneur à Jérusalem, Dimanche des Rameaux ou des Palmes, est une des 12 fêtes majeures de l'Église. Les Offices de ce dimanche se déroulent dans le même esprit que ceux de la veille. L'église conserve sa splendeur résurrectionnelle, résonnante des hymnes qui répètent sans cesse le Hosanna offert au Christ en tant que Messie-Roi qui vient au Nom de Dieu le Père pour le Salut du monde.

Le tropaire principale du Dimanche des Rameaux est le même que celui chanté lors du Samedi de Lazare. Il est chanté à tous les Offices et utilisé à la Divine Liturgie comme 3ème antienne, où il suit les versets psalmiques qui remplacent ce jour-là les antiennes liturgiques habituelles. Le deuxième tropaire de la fête, de même que le kondakion et les autres versets et hymnes, continuent de célébrer le triomphe du Christ dont la puissance resplendit "6 jours avant la Pâque", où Il Se donnera Lui-même à la Cène et sur la Croix pour la vie du monde.

"Aujourd'hui la Grâce du Saint Esprit nous a réunis. Et tous élevant Ta Croix, nous disons : Béni est Celui qui vient au Nom du Seigneur. Hosanna au plus haut des Cieux!" (Grandes Vêpres, 1ère stichère du Lucernaire / 1er verset des Vêpres).

"Ensevelis avec Toi dans le Baptême, O Christ notre Dieu, nous avons été rendus dignes de la vie immortelle par Ta Résurrection et nous Te chantons : Hosanna au plus haut des Cieux! Béni est Celui qui vient au Nom du Seigneur!" (Second tropaire, apolytikion, ton 4).

"Christ Dieu sur le Trône dans le Ciel, et porté par un petit âne sur la terre, Tu as reçu la louange des Anges et la célébration des enfants qui Te disent : Tu es béni, Toi qui viens rappeler Adam!" (Kondakion, ton 6).

Durant la Vigile de la fête du Dimanche des Rameaux, les prophéties de l'Ancien Testament au sujet du Messie-Roi sont lues en même temps que les passages de l'Évangile rapportant l'Entrée du Christ dans Jérusalem. A Matines, on bénit les branchages que les fidèles conservent tout au long de la célébration, montrant par là qu'ils glorifient eux aussi Jésus et reconnaissent en Lui leur Sauveur et leur Roi. Il s'agit habituellement de branches de palmier, ou, dans les Églises slaves, de branches de saules, du fait qu'elles sont plus faciles à trouver et qu'elles fleurissent de manière précoce au printemps.

Les fidèles, qui brandissent ainsi leurs rameaux et acclament de leurs chants le Seigneur en ce Dimanche des Rameaux, sont jugés de la même façon que la foule de Jérusalem. Car ce sont les mêmes qui criaient "Hosanna" au Christ qui, quelques jours plus tard, hurlèrent "Crucifiez-Le!" Ainsi, tout en glorifiant le Christ avec "les rameaux de la victoire", les fidèles se soumettent à Son Jugement et abordent avec Lui les jours de Sa "Passion volontaire."
Protopresbytre Thomas Hopko
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sam. 19 avr. 2008

Radio : le samedi de Lazare – le dimanche des Rameaux – la semaine de la Passion

Dans l'émission de radio L'Eglise orthodoxe aujourd'hui du dimanche des Rameaux, 20 avril, à partir de 17 heures sur Radio Notre-Dame, Bogdan Florin Vlaïcu propose un entretien sur le samedi de Lazare, le dimanche des Rameaux et la semaine de la Passion avec le père Marc-Antoine Costa de Beauregard, doyen des paroisses de la Métropole orthodoxe roumaine en France et recteur de la paroisse francophone Saint Germain et Saint Cloud à Louveciennes.

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Radio Notre-Dame : le grand débat du 18 avril 2008

Chaque vendredi sur Radio Notre-Dame de 7h22 à 8h30, "Le grand débat" présenté par Louis Daufresne (Radio Notre-Dame) avec Jean-François Colosimo Orthodoxie.com, essayiste, professeur à l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, Jean-Luc Mouton, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire Réforme.

 Invité : Denis Gira, spécialiste du bouddhisme, ancien rédacteur en chef de Théologia.fr (maintenant Croire.com)

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Bari (Italie) : début de la procédure de retour de l’église orthodoxe Saint-Nicolas à la Russie

La procédure de retour de l’église russe Saint Nicolas à Bari à la Russie a été entamée jeudi dernier, 17 avril. Le conseil municipal de Bari a voté à l’unanimité la donation de l’église, qu'elle détient depuis 1937, à l’Etat italien qui doit ensuite le rétrocéder à la Russie. Cet accord a été conclu lors de la visite du président Vladimir Poutine en Italie en mars 2007.

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Le patriarche Alexis a reçu Mahmoud Abbas



Le 18 avril 2008, dans sa résidence au monastère Saint-Daniel de Moscou, le patriarche Alexis a reçu Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, accompagné d'une importante délégation. Le métropolite Cyrille de Smolensk et de Kaliningrad, président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, a également participé à cette rencontre.

"Nous accordons une grande importance aux rapports réguliers avec le président de l'Autorité palestinienne qui jouit d'un grand prestige dans le monde musulman", a noté le patriarche Alexis au cours de l'entretien. "La Palestine est un pays où ont toujours vécu de très nombreux chrétiens. Beaucoup d'entre eux ont été contraints de quitter leur patrie ces dernières années, cherchant la sécurité". "Nous sommes soucieux du sort des chrétiens palestiniens, a ajouté le primat de l'Eglise russe. La présence des chrétiens en Terre Sainte est le facteur qui renforce l'amitié entre nos deux pays".

"L'Eglise orthodoxe russe soutient les efforts de la Russie et des autres pays qui s'efforcent de ramener la paix au Moyen Orient. Nous prions en permanence pour la paix en Terre Sainte" dit le patriarche en remerciant Mahmoud Abbas pour les bons rapports qui existent entre l'Autonomie palestinienne et la Mission orthodoxe russe à Jérusalem.

Vendredi 18 Avril 2008


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Source : Ria-novosti

RCF Nice : le publicain et le pharisien

La semaine dernière l’Eglise chantait : « Le publicain fit son salut, la courtisane retrouva sa chasteté, mais le superbe pharisien subissait la condamnation, car l’un disait : pardonne-moi, la seconde : aie pitié de moi, mais le troisième se vantait : je te rends grâce, ô mon Dieu, se glorifiant hors de propos » (grand canon de Saint André de Crète, ode 9). Nous vous proposons d’écouter une émission sur la parabole du publicain et du pharisien proposée par P.Michel Seliniotakis (paroisse orthodoxe grecque de Nice Saint-Spyridon – Patriarcat œcuménique de Constantinople), que nous n’avions pas eu encore la possibilité de mettre en ligne. Vous pouvez l'écouter (durée : 27 minutes) et la télécharger :

Cliquez ici pour télécharger le MP3

Elle avait été diffusée sur RCF-Nice-Alpes-Côte-d’Azur (96.8 FM) le Jeudi 6 mars 2008. Enregistrement et montage : Alexia Steulet (RCF Nice Côte d’Azur 96.6 FM et 96.8 FM).



18 Avr 2008 
%%%L'EGLISE DES GAULES%%%

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St. Pothinus
Saint Pothin Evêque de la ville de Lyon 
1 Les débuts de l'Eglise des Gaules.
L'Eglise des Gaules commença à exister au premier siècle. La tradition occidentale dit que la Gaule ( France) fut initialement évangélisée et baptisée par sainte Marie Madeleine, saint Lazare des 4 jours au tombeau et ses sœurs Marthe et Marie. Se basant sur la seconde épitre de Saint Paul à Thimothée, plusieurs historiens, ont pensé que l'apôtre Crescent, envoyé de saint Paul, a œuvré en Gaule. Quelques uns pensent aussi que saint Paul s'est arrêté en Gaule lorsqu'il était en route pour l'Espagne. Quoi qu'il en soit, le christianisme a pénétré en Gaule du Sud assez tôt, surtout en Provence et dans la Vallée du Rhône, régions qui avaient une forte présence de minorités grecques en provenance d'Asie Mineure, de Phrygie et de Syrie.

L'histoire écrite de la Gaule orthodoxe commence au deuxième siècle avec l'église de Lyon, qui en occident venait après Rome pour ce qui est de l'autorité et de l'influence. Ses premiers évêques furent saint Pothin et saint Irénée. Saint Pothin fut parmi les chrétiens martyrisés par l'empereur Marc-Aurèle en 177 après Jésus-Christ. Les actes de Pothin incorporés par Eusèbe de Césarée dans son Histoire Ecclésiastique ( Livre 5, Capitre 1) sont considérés comme les plus beaux écrits de l'Eglise ancienne. Le successeur de saint Pothin fut le hiéromartyr Irénée, qui avait connu le hiéromartyr Polycarpe dans sa jeunesse à Smyrne, et ce dernier à son tour avait été disciple de l'apôtre et évangéliste Jean. Les écrits de saint Irénée de Lyon sont inclus dans ceux des Saints Pères de l'Eglise. Par eux, l'influence de saint Irénée gagna bientôt l'Asie Mineure et l'Egypte.

 

St. Irenaeus
Saint Irénée de Lyon
D'autres villes eurent aussi des martyrs et des saints, même si les persécutions étaient moins intenses en Gaule que dans d'autres régions de l'Empire. Les plus vénérés de ces saints serviteurs du Christ sont saint Victor de Marseille, saint Saturnin de Toulouse, saint Symphorien d'Autun, saint Marcel de Chalon-sur-Saône et saint Valérien de Tournus, saint Denis de Paris, saint Maurice d'Agaune et les martyrs de la Légion Thébaine, saint Julien de Cénomanis ( Le Mans), saint Taurin d'Evreux et saint Patrocle de Troyes.
Au milieu du IIIème siècle, la région de Narbonne et la Gaule Celtique avaient plus de trente évêchés. Des synodes locaux ( conciles) furent organisés sous les auspices de l'archevêque d'Arles et y assistèrent le clergé de toute la Gaule et même celui de Grande Bretagne. Le nombre des évêques continua à augmenter jusqu'à la fin du siècle, tandis que le pays se remettait de l' invasion des Allamans de 257. Ayant été épargnée paar la persécution de Dioclétien grâce à la modération de César Constantin Chlorus, l'Eglise des Gaules put s'organiser en paix, avant même l'époque du fils de César Constantin, Constantin le Grand. Pourtant, à l'aube du IVème siècle, l'Eglise des Gaules n'était pas encore une "église nationale" , comme les églises d'Antioche et Alexandrie.

Moine Nicodème in The Church of the Gauls ( PRAVOSLAVIE-RU)
http://www.pravoslavie.ru/
( English Version)
Version française Claude Lopez-Ginisty

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L'EGLISE DES GAULES ( II)

Baptism of Clovis
Le Baptême de Clovis

3. Les mérovingiens

A peine le monachisme commençait-il à s'enraciner en Gaule, qu'arriva un événement qui ébranla les esprits et les cœurs de tout le monde gréco-romain: après plusieurs siècles de violents conflits et de sanglantes escarmouches, les tribus germaniques du Nord mirent finalement Rome à sac. Cela marqua le commencement d'une nouvelle période de l'histoire de l'occident, à la fois sur le plan ecclésiastique et politique, par les défis qui furent lancés à l'Eglise Orthodoxe grandissante.

La fusion de la population celto-romaine en Gaule avec les envahisseurs Francs fut facilitée par la conversion du roi franc Clovis du paganisme germanique à l'Orthodoxie en 498, cet événement débutant ce qui est connu à présent sous le nom de période mérovingienne de l'histoire de la Gaule.

Alors que les intentions de Clovis pouvaient être bonnes, ses actions et sa pratique, ainsi que celles de quelques uns de ses descendants, ne respectèrent pas l'idéal chrétien. Mais malgré le fait que le comportement de l'aristocratie franque pouvait être caractérisée comme brutale, la sainteté orthodoxe eut une influence puissante sur la société mérovingienne. Peu d'époques furent aussi fertiles en saints. Les saints furent nombreux parmi les conseillers des rois. Quelques uns appartenaient même aux familles royales, on peut mentionner le roi Gontran de Burgondie ( surnommé le Bon Roi), et plus particulièrement les saintes reines: Clotilde, Radegonde et Bathilde. Ce furent les saintes reines mérovingiennes qui inspirèrent le monachisme féminin en Gaule en fondant des couvents et et s'y retirant peu de temps avant leur pieuse mort. 

Ce furent indubitablement les saints évêques des Vè et VIè siècles qui soutinrent les plus pénibles combats. C'était dû à plusieurs causes: l'impiété des gouvernants sans cesse changeants, l'opposition de beaucoup de peuples germains ariens ou païens non-convertis qui venaient s'établir dans leurs sièges et le laxisme, les ambitions mondaines et le caractère mercenaire de certains clercs chrétiens. Néanmoins, de grands saints brillèrent durant ces siècles, comme les saints hérarques Remi de Reims, Eloi de Noyon [ et Tournai ], Aldouin de Rouen, Déodat de Cahors, Léger d'Autun et plus particulièrement Grégoire de Tours. Saint Grégoire écrivit beaucoup ( plus de douze volumes) sur l'histoire de la Gaule et sur ses saints et ses pécheurs. C'est par lui que nous connaissons le plus de choses à propos de l'époque mérovingienne de la Gaule orthodoxe. 

Les années passèrent et la foi continua à croître parmi le peuple de Gaule. Puis, à la fin du VIème siècle, ce processus de conversion naturelle reçut une impulsion nouvelle venant d'une source inattendue: les moines et les saints d'Irlande.

4. Les missionnaires irlandais sur le continent

L'exemple le plus connu de missionnaire monastique irlandais, fut saint Colomban de Luxeuil qui fut le premier à faire cette "migration" vers le continent européen.

Saint Colomban et ses disciples commencèrent leur voyage en 590, passant à travers la Bretagne jusques au cœur de la Gaule franque. A l'époque ou saint Colomban arriva, les conditions politiques et sociales en Gaule étaient déjà déplorables. Saint Colomban et ses disciples se mirent à faire de la prédication itinérante, avant de rencontrer Saint Gontran, roi de Burgondie [ Bourgogne ] déjà mentionné et de recevoir de lui permission d'établir un monastère. Saint Colomban choisit un lieu loin de la cour, aux pieds des Vosges, dans un endroit appelé Annegray. Peu après deux autres fondations surgirent, celle de Luxeuil et de Fontaines. Saint Colomban fut l'higoumène des trois monastères.

Pendant environ dix ans, tout alla bien; la région était profondément et en permanence influencée par les monastères et presque tous ses habitants furent baptisés. Alors, il s'attira des ennuis avec la reine Brunehilde et fut exilé hors de Burgondie. Bien que rejeté de Burgondie, saint Colomban fut le bienvenu chez les autres rois francs, qui étaient aussi de plus en plus éloignés de la Burgondie. Finalement saint Colomban et ses moines s'installèrent à Bregenz, à l'extrémité orientale du Lac de Constance dans ce qui est à présent la Suisse. Laissant là un de ses proches disciples, reçut l'inspiration de prêcher aux Lombards et il traversa les Alpes pour aller en Italie, s'établissant enfin à Bobbio près du Pô, où il mourut en 615.

Les autres moines missionnaires d'Irlande, étaient saint Killian, Colman, Totnan de Wurzburg en Allemagne, saint Gall en Suisse, saint Ours d'Aoste en Italie et saint Feuillant dans le Brabant. A travers toute l'europe, les moines irlandais établirent des hôtelleries pour les pèlerins et les voyageurs en plus de leurs ermitages monastiques et où qu'ils aillent, ils continuèrent à emporter eux et à produire des œuvres de grande beauté. L'Europe Occidentale avait souffert de grande pertes culturelles à cause de la violence des siècles précédents. Les irlandais qui venaient sur le continent, transportaient dans leur besace des copies de textes anciens, et certains d'entre eux n'avaient été vus pendant des siècles, que par des yeux irlandais. Ainsi ces moines ramenaient en Europe les trésors perdus de l'enseignement classique, de la pensée patristique, des commentaires bibliques et de la poésie, en prenant sous leurs ailes les peuples germaniques barbares et en les convertissant ensuite par leur amour et leur exemple.

5. Charlemagne et le commencement de la fin

A la fin du VIIIè siècle, beaucoup de tribus germaniques avaient entendu la Bonne Nouvelle de l'Evangile et s'étaient converties au christiannisme. Ceci fut plus particulièrement vrai sur une grande échelle, des gouvernants, donnant naissance à la célèbre dynastie des Carolingiens, avec Charlemagne comme premier grand chef dont l'influence fut décisive. Il essaya d'instituer " la Nouvelle Byzance" ou "le Nouvel Empire Romain" en alliant consciemment son royaume avec le Pape de Rome, pour créer un "modèle" ou un "idéal" de société chrétienne, sur lequel les futures générations pourraient bâtir, à la fois politiquement et dogmatiquement.

Malheureusement, la base dogmatique choisie fut hérétique, et la manière péremptoire avec laquelle, à la fois l'Eglise de Rome et les dirigeants carolingiens, mirent en pratique et bâtirent sur cet idéal défectueux, entraînèrent finalement la séparation de l'Ouest du reste de la chrétienté en 1054.

Bien qu'il en résulta des choix décisif pour le futur de l'Europe ( choix qui rompraient l'unité spirituelle de celle-ci) l'avènement des carolingiens, ne mit pas fin à l'Empire byzantin. Les visées annexionnistes et unionistes des pouvoirs occidentaux qui allaient culminer avec la conquête en 1204 de Constantinople, affaiblirent l'Empire byzantin, mais ne le détruisirent pas. A la veille de la conquête turque de Byzance, une magnifique renaissance spirituelle et culturelle eut lieu, au temps des Paléologues, et ceci grâce principalement au mouvement hésychaste. Même après la chute de Constantinople en 1453, la continuité de l'Empire byzantin survécut dans l'Empire russe, jusques à la révolution de 1917.

Quand la Révolution russe eut lieu, le mal communiste se répandit rapidement à travers toutes les autres nations orthodoxes. Pour sauver leurs vies, de nombreux orthodoxes de ces pays furent forcés de fuir. Beaucoup vinrent en occident. Une de ces nations occidentales, la France reçut un très grand nombre de ces immigrants orthodoxes. Ces émigrés commencèrent lentement à partager la foi orthodoxe avec leur prochains et leurs amis, et initièrent le processus qui ramena l'ancienne foi des ancêtres de la France à leurs enfants actuels. Aujourd'hui, on peut trouver des monastères et des couvents orthodoxes qui ponctuent partout la terre de France, et de plus en plus de gens retournent à la plénitude de l'Eglise Orthodoxe Universelle-l'Eglise de saint Martin, de sainte Geneviève et tous les saints patrons de l'ancienne Gaule. Que Dieu leur donne de croître!

 

( Remerciements à Matouchka Elizabeth Tumbas, qui fournit les traductions et le matériel original de cet article et les brêves vies de saints inclues dans le calendrier de cette année)
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