LITURGIES
PREMIER,DEUXIEME ET TROISIEME DIMANCHE,10H 30(suivie d'agapes)

mar. 17 avr. 2007

L'émerveillement devant l'existence" une conférence de Bertrand Vergely

Le 1er avril dernier , dimanche des Rameaux, Bertrand Vergely a donné une conférence intitulée "L'émerveillement devant l'existence" dans la paroisse St Côme et St Damien d'Avignon. Nous vous invitons à écouter le podcast de la conférence.

Conférence Ière partie :

 

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Conférence IIe partie :

 

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La Prière pour autrui est la plus élevée

Homélie du père Alexandre Men

La guérison du serviteur du centurion (Mt 8, 5-13)

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Aujourd’hui, nous avons entendu l’histoire du centurion, cet officier romain venu demander au Seigneur la guérison de son serviteur préféré qui était gravement malade. Le Seigneur lui répondit : « Je viendrai chez toi et je guérirai ton serviteur. »

Mais l’officier lui dit : « Mon Seigneur, je donne des ordres à mes soldats et ils les exécutent. Toi-même, dis seulement un ordre et la maladie le quittera. » Telle était sa foi dans la puissance de guérison du Sauveur. Le Christ s’en émerveilla et lui dit : « Va, qu’il en soit selon ta foi. » Et sur le chemin du retour, le centurion apprit que son serviteur était guéri.

Chaque fois que, dans l’Évangile, quelqu’un fait appel au Seigneur, il s’agit d’une prière. Car la prière est une façon de s’adresser au Seigneur. Qui s’adressait au Christ et comment? Très souvent, c’étaient des personnes souffrantes, malades, chargées d’afflictions et de maux. Souvent aussi, c’étaient des personnes qui priaient pour les autres.

Son premier miracle, le Seigneur l’a accompli à la demande de Marie à Cana, en Galilée. La Vierge Marie l’a prié d’aider des amis ou des proches qui les avaient invités à leur noce, quand le vin a manqué. On peut considérer cette demande comme la première prière d’intercession de la Mère de Dieu. Souvenez-vous du paralytique amené à Jésus, de la demande de guérison formulée par ses amis qui le descendirent à travers le toit d’une maison ; l’Évangile dit que Jésus, voyant leur foi, le guérit (Mt 9,1-12). Rappelez-vous également la femme syro-phénicienne qui suppliait le Christ de guérir sa fille (Mt 15,22-28), de ce malheureux père qui lui avait amené son fils souffrant d’épilepsie et qui disait : « Je crois, Seigneur, viens en aide à mon peu de foi » (Mt 17,14-18).

Il faut considérer avec beaucoup d’attention ces prières pour les autres. Ce n’est pas une prière pour mon propre malheur, mes propres besoins, ma propre maladie, mais une prière pour les afflictions d’autrui. Cette prière est toujours exaucée, car en elle notre amour-propre recule et notre bonne attitude envers les autres ressort. C’est pourquoi la prière pour autrui est souvent plus haute, plus chère aux yeux du Seigneur que la prière seulement pour soi-même.

Bien sûr, vous pouvez demander : « Pourquoi le Seigneur ne peut-il exaucer ceux qui prient pour eux-mêmes? Pourquoi faut-il absolument que quelqu’un intervienne pour nous? Ne sommes-nous pas tous les mêmes pécheurs? » Pourtant, quand vous venez à l’église ou que vous commencez à prier, que votre cœur a mal pour un autre et que vous apportez votre pensée souffrante à l’autel de Dieu, à ce moment-là vous vous élevez vers cet autel et votre âme vole vers le Seigneur. Non seulement votre âme s’élève, mais, malgré la distance, elle peut élever aussi la personne pour laquelle vous priez; on peut même dire que vous êtes tous deux non plus sur terre, mais comme détachés d’elle. Alors toutes nos lois terrestres reculent, toutes nos contingences, la maladie, les tentations, tout un contexte redoutable.

Chaque personne qui prie pour ses amis et ses proches sait combien la prière est puissante. Chacun sait que parfois on peut sentir la prière des autres sur soi. Vous vous souvenez sans doute de ce célèbre poème de guerres, mis en musique et intitulé « Attends-moi » [poème de Constantin Simonov]. Dans ce poème, un homme parti à la guerre dit : « Par ton attente, tu m’as sauvé. » En fait, ce n’était pas simplement une attente, c’était une prière, même inconsciente, pour un homme qui combattait pour la patrie. Beaucoup de personnes, incapables de prier, s’élevaient vers Dieu par le cœur et le Seigneur les exauçait.

Voilà pourquoi, chaque jour, lorsque nous sommes devant Dieu, il nous faut prier pour que sa volonté soit faite, puis prier pour les autres, prier sans nous lasser, sans nous arrêter, sans paresser, car il n’y a pas de plus grand amour que celui qui passe par la prière. C’est par la prière que l’Église tient, s’appuyant sur la foi et la charité des êtres. Si nous prions les uns pour les autres, nous sommes étroitement liés, frères et sœurs entre nous, car ce n’est pas nos infirmités humaines, mais la puissance de Dieu qui est à l’œuvre.

Si vous constatez que vous n’êtes pas capables d’aider une personne par l’action ou la parole, d’éloigner son malheur, de la guérir, souvenez-vous toujours que nous avons le Seigneur ainsi que le ferme et fort appui de la prière. Mettez cela en pratique, vérifiez-le, priez avec ardeur et force pour ceux qui vous sont chers ; vous verrez que votre prière, si faible soit-elle, est efficace, car la puissance de Dieu se manifeste en elle.

Par la prière, nous comprendrons que c’est de notre faute si le Seigneur nous semble lointain. Si nous l’invoquons, en priant pour nos proches, il sera toujours avec nous, nous le sentirons toujours. Le Christ a dit lui-même : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18, 20) et « Ce que vous demanderez au Père en mon nom vous sera accordé » (Jn 14, 13). Prions, priez tous pour vos amis, vos proches, et vous connaîtrez l’amour de Dieu. Amen.

Extrait du livre d’Alexandre Men,
Le Christianisme ne fait que commencer,
Cerf/Le sel de la terre, 1996. pp. 142-145.


16 avril 2007

Le patriarche Alexis a adressé ses voeux au pape Benoît XVI

Le 16 avril 2007, le jour où le pape Benoît XVI fête ses 80 ans, le patriarche Alexis de Moscou et de toute la Russie lui a adressé une lettre de voeux, dont voici la traduction française:

Sainteté,

c'est de tout coeur que je vous exprime mes voeux à l'occasion de votre 80e anniversaire.

En ce jour mémorable de votre jubilé j'aimerais souligner le fait que votre vie entière a été consacrée au service de l'Eglise. Après avoir accédé tout jeune au rang sacerdotal, vous avez traversé avec dignité le long chemin de la vie, couronné par votre élection au ministère grand et haut de responsabilité du Primat de l'Eglise catholique romaine.

En parlant de votre ministère ecclésial, il est nécessaire de souligner que vous êtes un théologien reconnu, entièrement dévoué à la défense et à l'affermissement des valeurs chrétiennes traditionnelles. La crédibilité de votre position consiste, à mon avis, dans le fait qu'étant théologien, vous donnez l'exemple non seulement d'un savant qui réfléchit avec des catégories théoriques, mais avant tout d'un chrétien avec une foi profonde et sincère qui parle de la plénitude de son coeur (Cf. Mt 12, 34).

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15 avril 2007

Ce que l'Orthodoxie est ou n'est pas, voire devrait REdevenir

 

 
1. Le retour et la présence de l'Église Orthodoxe en Occident, après un millénaire d'absence forcée, répond aux besoins spirituels concrets des populations et représente un témoignage et un mode de transmission de la spiritualité Orthodoxe. La réalité et la réussite de l'intégration dans la société où ils vivent, et l'apport significatif offert à la pensée et à la culture locale par la fidèles Orthodoxes vivant en Europe occidentale et en Amérique, constituent une expérience positive et prouvent l'ouverture du message Chrétien et sa compatibilité avec le monde contemporain et ses structures.

2. L'Orthodoxie n'est pas liée à une unique culture ou à un seul peuple; elle est l'unique véritable Foi des origines du Christianisme, Foi dans le Fils de Dieu incarné, mort et Ressuscité pour la vie du monde, éternellement présent dans l'Église par les saints Sacrements, déifiant et vivifiant tous les fidèles. Par sa spiritualité et sa mystique profondes, l'Orthodoxie revient proposer à l'Occident l'épanouissement de l'être humain dans la divino-humanité du Christ.

3. L'Orthodoxie est notre unique véritable héritage ancestral, aux racines apostoliques, aux pratiques et aux traditions locales diverses et pleines de sens; retrouver, garder et préserver cette authentique tradition signifie le respect et la mise en valeur de notre véritable identité originelle.

4. L'Orthodoxie est ouverte à la vraie culture locale et cherche l'intégration naturelle de ses valeurs en elle, par l'utilisation au moins partielle, voire de préférence totale, de la langue locale dans le culte, par la redécouverte du passé local Chrétien, c'est-à-dire d'avant le Schisme, et par l'expression de l'unique vraie théologie en langue du lieu. Telle apparaît l'identité locale des générations actuelles et futures d'Orthodoxes, ainsi que de ceux qui découvrent la Foi Orthodoxe par leur intermédiaire, et dont nous sommes responsables.

Librement adapté de :

http://www.mitropolia-paris.ro/?subject=presa/200404-intalnire&lang=fr

lun. 16 avr. 2007

Etats-Unis : «Les Eglises orthodoxes connaissent un développement spectaculaire»

Par Janet Tu, correspondante du Seattle Times

 

Sean Dimond, un natif de Seattle âgé de 39 ans, travaille pour une organisation à but non-lucratif. Après avoir grandi dans une église baptiste du sud, il a fréquenté au fil des années les méthodistes, les presbytériens, les épiscopaliens, les catholiques romains et d'autres groupes d'évangéliques.

 

Il cherchait des approches personnelles, authentiques pour exprimer sa foi, l'intégrer plus pleinement dans sa vie quotidienne. Mais il a commencé à éprouver une certaine insatisfaction devant cette méthode "à prendre et à laisser" parmi les différentes traditions religieuses. «Cela commençait à me sembler narcissique, comme si j'étais moi-même le seul facteur à déterminer ce qui était pertinent pour moi,» confia-t-il. Cette période de frustration a fini par amener Dimond à une destination qu'il n'avait jamais réellement envisagée: l'Eglise orthodoxe.

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 AUTHENTICITÉ ET AUTORITÉ DE L'ÉGLISE

L'Église en tant qu'institution divine est dirigée par le saint Esprit ; Il demeure en elle et en fait la règle infaillible des dogmes, "la colonne et le fondement de la vérité." C'est l'Église qui garde pure et inaltérée la doctrine apostolique. Elle seule peut conduire à la vérité, être le seul juge infaillible, en mesure de se prononcer sur les vérités salutaires de la doctrine révélée. L'Église, une, sainte, catholique et apostolique, représentée par tous ses ministres en Conciles œcuméniques, est le seul juge authentique, le seul gardien naturel proposé à la garde de la doctrine inspirée. L'Église seule décide de l'authenticité et de l'autorité des Saintes Écritures. C'est elle qui garantit et conserve rigoureusement dans son sein la tradition et la doctrine apostolique pures et inaltérées. Elle seule peut confirmer, expliquer et formuler les vérités, assistée par le Saint Esprit.

Seule l'Église conduit au Christ ceux qui croient en lui et leur donne la droite intelligence des Saintes Écritures. Elle seule garde ses enfants sur la voie du salut. Elle seule les guide avec certitude vers le salut. En elle seule les fidèles possèdent la ferme assurance des vérités auxquelles ils croient et le salut de leur âme. Hors de l'Église, cette arche de Noé, il n'y a aucun salut. "Nous croyons que le saint Esprit enseigne l'Église, dit la Confession de Dosithée. Il est le vrai Consolateur que le Christ envoie de la part du Père pour enseigner la vérité et chasser les ténèbres loin de l'esprit des croyants."

Sans l'autorité de l'Église, il n'y a rien de stable, rien de rigoureux, rien de sûr pour le salut. Seule l'autorité de l'Église conserve pur et sans tâche le dépôt apostolique ; par elle seule sont transmises pures et sans tâche les vérités de la prédication apostolique. Sans l'autorité de l'Église, le contenu de la foi peut être altéré, la prédication apostolique n'être plus qu'un vain mot. Sans l'Église visible fondée par Dieu, aucune union peut exister entre les membres d'une quelconque communauté qui ne serait pas le Corps du Christ, car, le Corps du Christ, c'est son Église, dont il est la tête. Sans l'Église, personne ne peut être uni au Corps du Christ ; nul, s'il n'a pas été régénéré, s'il n'est pas devenu participant de la grâce qui est dans l'Église, ne peut devenir membre du Christ.

Ceux qui définissent l'Église comme une société invisible, une assemblée d'élus, de saints, le Congregatio Sanctorum, société de foi et d'Esprit Saint, dans laquelle agirait le Sauveur, s'excluent eux-mêmes de la grâce divine dispensée par l'Église, à laquelle ils n'appartiennent pas.

Ceux qui nient l'Église visible du Christ, nient également la nature de l'Église, c'est-à-dire son caractère concret, qui en fait une institution divine sur la terre où est perpétuée l'œuvre rédemptrice du Sauveur.

Ceux qui aiment à se croire de la société invisible des saints, faite des saints de toute la terre connus de Dieu seul, ceux qui pensent que par une foi toute théorique dans le Sauveur deviennent participants du Saint Esprit, qui croient que le Sauveur opère leur salut sans la méditation de l'Église qu'Il a fondée, ceux-là s'égarent, car extra ecclésiam nulla salus. Hors de l'Église une, sainte, catholique et apostolique, il n'y a aucun salut. Cette Église est visible, elle n'est pas une simple association d'hommes qui croient en Christ. Elle est une institution divine. En elle s'opère la rédemption de l'homme. En elle l'homme communie avec Dieu et devient fils de Dieu.

Les protestants qui ont abandonné l'Église visible du Christ pour fonder leurs propres communautés de saints pèchent contre le caractère essentiel de l'Église. Ils interprètent l'œuvre de la rédemption comme une théorie théologique capable de sauver celui qui l'étudie ou l'accepte. Mais l'œuvre de la rédemption n'est pas une simple théorie théologique. Elle est un acte mystique accompli dans l'Église visible du Christ. C'est cette œuvre qui donne le salut, qui fait des fidèles des participants du saint Esprit. Hors de l'Église, il n'y a aucune théorie de la foi, aucune société qui mène à la communion avec Dieu. Le Seigneur a dit: "Celui qui croira et se fera baptiser sera sauvé." C'est le Seigneur qui a dressé l'autel visible de l'Église. C'est pourquoi il existe avec la théorie l'acte, l'acte selon la vérité qu'il a transmise à sa sainte Église, unique accès à la vie, et dont le Christ en est la tête. C'est à elle que nous devons nous remettre. C'est d'elle que nous devons apprendre la vérité et recevoir notre salut. Elle seule est la colonne et le fondement de la vérité, parce que l'Esprit, le Consolateur, demeure à jamais en elle. Le vénérable Dosithée dit à propos de l'Église ceci: "Nous devons, sans aucune hésitation, croire en l'Écriture, mais pas autrement que ne l'enseigne l'Église catholique. Les hérétiques reçoivent certes la sainte Écriture, mais ils la déforment par des métaphores, des homonymies, des sophismes de la sagesse humaine qui confond l'inconfondable et se joue de ce qui ne peut l'être. Si chaque jour on devait adopter les opinions des uns et des autres, l'Église catholique ne serait pas ce qu'elle a été jusqu'à ce jour, par la grâce du Christ, ayant une seule opinion sur la foi, croyant inébranlablement la même choses. Elle serait déchirée par une multitude d'hérésies, elle ne serait plus l'Église sainte, la colonne et le fondement de la vérité, sans tâche, sans rides. Elle serait celle des malicieux, celles des hérétiques, qui après avoir été instruits par elle l'ont, sans scrupules, rejetée. Aussi nous croyons que le témoignage de l'Église catholique n'est pas inférieur à l'autorité de l'Écriture divine. Les deux sont l'œuvre du même et seul Esprit. Un homme qui parle de lui-même peut pécher, égarer et s'égarer. L'Église catholique ne parle jamais d'elle-même, mais par l'Esprit de Dieu, le Maître qui l'enrichit perpétuellement. Il lui est impossible de pécher, de s'égarer et d'égarer. Elle est égale à la divine Écriture et possède l'autorité infaillible et perpétuelle."

Saint Cyrille de Jérusalem dit : "Aime à t'instruire et apprends de l'Église quel sont les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament acceptés par tous. Pourquoi perdre son temps avec ceux qui sont douteux ? Lis donc les vingt-deux livres de l'Ancien Testament, traduits par les soixante-dix docteurs."

Derrière les paroles de Cyrille apparaît l'autorité de l'Église. Le patriarche Denys, lors du Concile de Constantinople de 1672, a dit à propos de l'infaillibilité de l'Église : " Quant à l'Église catholique orthodoxe, nous disons qu'elle est infaillible, guidée qu'elle est par sa propre tête, le Christ, et enseignée par l'Esprit de vérité. Il lui est donc impossible de se tromper ; c'est pourquoi elle est appelée par l'Apôtre colonne et fondement de la vérité. Elle est visible et ne fera jamais défaut aux orthodoxes jusqu'à la fin du monde."


 

L'ÉGLISE

Le terme " Église ", selon la vue orthodoxe stricte, a deux significations : l'une d'elles exprime son caractère doctrinal et religieux, c'est-à-dire, son essence intérieure, personnelle et spirituelle, et l'autre exprime son caractère externe. Ainsi, selon la confession orthodoxe, l’Église est définie d'une façon double : en tant qu'institution religieuse et en tant que communauté religieuse (koinonia).

La définition de l'Église en tant qu'institution religieuse peut être formulée ainsi : l'Église est une institution religieuse divine du Nouveau Testament, fondée par notre Sauveur Jésus Christ, par l'économie de son Incarnation, établie sur la foi en lui et la vraie confession, et inauguré le jour de la sainte Pentecôte par la descente du Saint-Esprit sur les saints disciples et apôtres du Christ Sauveur, qu'il a rendu des instruments de la grâce divine pour la perpétuation de son travail de rédemption. En cette institution est confié la totalité des vérités révélées ; à l'intérieur d'elle agit la grâce divine par les mystères (sacrements) ; en elle sont régénérés ceux, qui avec foi, approche le Christ Sauveur ; en elle sont préservés l'enseignement et la tradition apostoliques écrits et non écrits.

La définition de l'Église en tant que communauté religieuse peut être formulée ainsi : l'Église est une société d'hommes unis dans l'unité de l'esprit, dans le lien de la paix.

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Dans un sens chrétien plus large, l'Église est la communauté de tous les êtres raisonnables et libres qui croient au Sauveur, y compris les anges. Cette communauté, comme le dit l’apôtre Paul, est le corps du Christ, la plénitude de celui qui remplit tous en tout (Ép 1, 10 et 20-23) ; cette communauté inclut également ceux qui ont cru en Christ avant sa venue et qui ont constitué l'Église de l’Ancien Testament. Cette Église a été guidée, pendant la période des patriarches, par les promesses et la foi basées sur la révélation, et pendant la période de Moïse et des prophètes, par la loi et les prophéties.

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La vision correcte de l'Église distingue entre l'Église combatte et l'Église triomphante. L’Église est combattante tant qu'elle lutte contre la méchanceté pour le règne du bon, elle est triomphante dans les cieux, là où demeure le chœur des justes, qui ont lutté et ont été rendu parfaits dans la foi en Dieu et dans la vertu.

dim. 15 avr. 2007

Podcast de l'émission de radio L'Eglise orthodoxe aujourd'hui du dimanche de saint Thomas, le 15 avril

Au programme : un entretien avec Mgr Joseph, métropolite de la Métropole orthodoxe roumaine d'Europe occidentale et méridionale, sur la foi en la résurrection du Christ, sur la signification et la célébration de la source de la guérison, qui a été fêtée le vendredi radieux, ainsi que du dimanche de saint Thomas.

 

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Icône de Saint Nectaire

Saint Nectaire

LE CHRISTIANISME

La religion chrétienne n'est pas un système philosophique au sujet duquel des hommes érudits, instruits en études métaphysiques, discutent et alors épousent ou rejettent, selon leurs opinions propres. C'est la foi, établie dans les âmes des hommes, la foi qui doit être répandue à tous et gardée dans les consciences.

* * *

Il y a des vérités dans le christianisme qui sont hors de portée de la compréhension intellectuelle, qui ne peuvent être saisies par l'intelligence limitée de l'homme. Notre intellect prend connaissance d'elles, devient convaincu de leur réalité, et témoigne de leur existence surnaturelle.

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Le christianisme est une religion de révélation. Le Divin dévoile sa gloire seulement à ceux qui sont perfectionnés par la vertu. Le christianisme enseigne la perfection par la vertu et demande que ses fidèles deviennent saints et parfaits. Il désapprouve et s'oppose à ceux qui sont sous l'influence de l'imagination. Celui qui est vraiment parfait dans la vertu parvient, par l'aide divine, au-delà de la chair et du monde et entre vraiment dans un autre monde, un monde spirituel ; cependant, non par l'imagination, mais par le don de la grâce divine. Sans grâce, sans révélation, aucun homme, même le plus vertueux, ne peut transcender la chair et le monde.

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Dieu se révèle lui-même aux humbles qui vivent selon la vertu. Ceux qui s'élèvent avec les ailes de l'imagination entreprennent le vol d'Icare et ont la même fin. Ceux qui nourrissent des fantaisies ne prient pas ; car celui qui prie élève son esprit et son cœur vers Dieu, tandis que celui qui se tourne vers l'imagination s'égare lui-même. Ceux qui sont dominés par leur imagination se sont retranchés de la grâce de Dieu et du royaume de la révélation divine. Ils ont abandonné le cœur, là où la grâce est révélée, et se sont eux-mêmes rendus esclaves de l'imagination, laquelle est dénuée de toute grâce. Seul le cœur reçoit la connaissance des choses qui ne sont pas saisies par les sens, parce que Dieu, qui demeure et agit à l'intérieur du cœur, parle en lui et lui fait voir la substance des choses espérées.

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Cherche Dieu tous les jours. Mais cherche-le dans ton cœur, non à l'extérieur. Et quand tu le trouves, tiens-toi avec crainte et tremblement, comme les chérubins et les séraphins, car ton cœur est devenu un trône de Dieu. Cependant, pour trouver Dieu, deviens humble comme la poussière devant le Seigneur, car le Seigneur ne supporte pas l'orgueilleux, tandis qu'il visite ceux qui sont humbles dans leur cœur, voilà pourquoi il dit : " Celui que je regarderai, c'est celui qui est doux et humble de cœur ".

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La Lumière divine illumine le cœur pur et l'intellect pur, car ils sont aptes à recevoir la lumière ; alors que les cœurs et les intellects impurs, n'étant pas aptes à recevoir l'illumination, ont en aversion la lumière de la connaissance, la lumière de la vérité ; ils aiment l'obscurité... Dieu aime ceux qui ont un cœur pur, il écoute leurs prières, accède à leurs demandes qui mènent au salut, se révèle à eux et leur enseigne les mystères de la nature divine.

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Dimanche de Thomas


Deuxième dimanche après Pâques
Livre des
Actes V,12-20
Évangile selon saint Jean XX,19-31

Homélie prononcée par le Père Boris le 18 avril 2004 à la Crypte

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Le Christ est ressuscité !

En vérité Il est ressuscité !

Voici déjà la Grande Semaine qui est passée. Et, j’oserais dire qu’elle est passée comme un jour. Ce n’est pas une simple figure de style, je ne dis pas cela à la légère : La Grande Semaine Lumineuse est passée comme un jour car nous vivons ce mystère de Pâques bien au-delà du temps et de l’espace.

"Bien au-delà du temps et de l’espace" tout d’abord parce que – comme nous le rappelons toujours – nous sommes en Église, par et dans l’Esprit Saint, les contemporains et les témoins du Ressuscité : Ce que nous avons vu, ce que nous avons entendu de nos oreilles, ce que nous avons touché de nos mains nous vous l’annonçons pour que vous ayez la foi en Christ, la foi en le Ressuscité .

Mais, il y a beaucoup plus que cela. Étant les témoins du Ressuscité nous réalisons que ce mystère de Pâques transcende infiniment le temps, notre temporalité, ce déroulement successif et répétitif de la semaine, du premier au septième jour puis de nouveau du premier au septième jour, sans fin… Cela peut s’appeler "le temps cyclique". Or, ce temps cyclique est un temps clos, un temps de ce monde-ci.

Il s’agit, certes, d’un temps béni car c’est un temps tel que le Seigneur a voulu qu’il le soit et le Seigneur veut, en effet, que nous puissions célébrer ce temps et le vivre chaque jour au rythme de cette semaine porteuse d’un sens si particulier. Néanmoins, il y a autre chose, quand le Seigneur vient dans Sa résurrection, alors on peut dire qu’Il brise le cadre clos de ce temps cyclique : Au terme du septième jour, après le sabbat, le Seigneur introduit un Huitième Jour.

Non seulement ce Huitième Jour est le jour qui annonce la Résurrection mais encore ce Huitième Jour est figure du Royaume de Dieu, là où il n’y aura ni soleil ni lune, là où l’Agneau Lui-même sera notre luminaire, et là où désormais nous serons dans une résurrection et dans une contemplation incessante du Ressuscité et de Sa gloire.

Par conséquent, l’Église vit très profondément ce Huitième Jour. Elle le vit tout d’abord dans cette Semaine Lumineuse. Après le samedi nous sommes aujourd’hui dimanche, mais désormais ce n’est plus le premier jour de la semaine mais le huitième, ce Huitième Jour que nous vivons comme signe, annonce et figure du Royaume éternel. Approfondissons cette question : il y a, de surcroît, les sept semaines du temps pentecostal, du pentecostaire, de la Cinquantaine pascale comme il faudrait dire plus exactement. Si nous ajoutons un jour à ces sept semaines alors, de nouveau, nous obtenons le chiffre huit. Sept semaines et un jour, et vous avez la Pentecôte elle-même, c’est-à-dire le cinquantième jour du Pentecostaire. Et ce dimanche de la Pentecôte est, lui aussi, signe de la Résurrection et de la plénitude de la venue du Christ.

À cela je voudrais ajouter qu’assurément nous attendons la venue de l’Esprit Saint au terme de ces cinquante jours. Nous l’attendons et nous l’invoquons : « Viens Esprit Saint, illumine nos cœurs », mais, en vérité, si l’Esprit Saint n’était pas déjà en nous, nous ne pourrions pas annoncer et clamer au monde entier et à nos proches la Résurrection du Christ car « Nul, dit saint Paul, ne peut confesser Jésus comme le Seigneur – c’est-à-dire comme le Ressuscité, comme Dieu –, sinon dans l’Esprit Saint » . Par conséquent nous sommes dans l’Esprit Saint ; si l’Esprit Saint s’était absenté l’Église elle-même s’effondrerait. Nous attendons la venue de l’Esprit Saint et, pourtant, en ce temps pascal, c’est à dire en ce mystère de la résurrection, en cette cinquantaine, c’est par de multiples manières que l’Esprit Saint se communique à nous.

Je vais peut-être vous étonner en vous disant que la première manière c’est sur la Croix. Quand l’Évangéliste Jean témoigne qu’en ce temps-là « Un des soldats Lui perça le côté de sa lance et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau »  : le sang, symbole de la vie, est aussi le symbole de l’Esprit Saint, et l’eau est également ce qui deviendra le lieu du baptême c’est-à-dire le lieu du renouvellement de la créature par l’Esprit Saint.

C’est ainsi que les Pères de l’Église commentent cet écoulement du sang et de l’eau du côté transpercé du Christ, c’est déjà pour eux l’annonce du don du Saint Esprit. Pourquoi une telle lecture ? Parce que, pour le saint évangéliste Jean, il y a coïncidence, cumul, on pourrait dire une véritable interpénétration de la Croix et de l’Exaltation : la Croix, en effet, ce n’est pas seulement la souffrance mais c’est déjà la victoire « Maintenant, dit Jésus avant de mourir, le Fils de l’Homme est glorifié et Dieu est glorifié en Lui » , c’est déjà la Glorification. Par conséquent, dès que Jésus, d’une voix forte, prononce ces mots « Père, je remets Mon Esprit entre Tes mains », c’est-à-dire « quand tout est accompli » alors plus rien ne peut empêcher l’Esprit de venir puisque le Père n’a pas d’autre intention que d’envoyer Son Esprit Saint. Déjà dans cet écoulement du sang et de l’eau, le Père donne en annonce l’Esprit Saint.

Le second moment pentecostal, comme on peut dire, du don de l’Esprit vient le soir même de la Résurrection. Cette fois encore, l’évangéliste Jean anticipe la Pentecôte lucanienne. En effet chez l’évangéliste Luc – dans son évangile et au début du Livre des Actes – il y a les quarante jours avant la montée aux Cieux du Seigneur, puis il y a encore cette attente jusqu’à la Pentecôte. L’Église célèbre et respecte pieusement ces cinquante jours et, avec elle, nous les vivons véritablement comme l’attente de l’Esprit Saint. Cependant, dès le premier jour chez saint Jean tout est annoncé. Déjà le matin, le Ressuscité dit à Marie « Ne me touche pas, car Je ne suis pas encore monté vers Mon Père mais va dire à Mes disciples "Voici Je monte vers Mon Père et votre Père, vers Mon Dieu et votre Dieu" », cela signifie qu’aux yeux de l’évangéliste Jean cette montée a, pour ainsi dire, déjà eu lieu lorsque, au soir de Sa résurrection, Jésus apparaît à Ses disciples. Le soir même, Il leur donne l’Esprit Saint : il souffla sur eux et leur dit "recevez l’Esprit Saint"  . Voilà le second signe du don de l’Esprit Saint.

La troisième fois où l’Esprit Saint Se communique avant la Pentecôte, c’est aujourd’hui, lorsque Jésus dit à Thomas « Mets ton doigt ici dans Mes mains avance ta main et mets la dans Mon côté et ne sois plus incrédule mais croyant. » Thomas est souvent appelé "Thomas l’incrédule", mais j’ajouterais qu’il est aussi "Thomas le croyant". Je dirais aussi que l’incrédulité de Thomas est une incrédulité bienheureuse qui a été voulue par le Seigneur. En effet, Thomas n’était sûrement pas plus incrédule que les autres mais le Seigneur a voulu que cela se fasse pour qu’il puisse témoigner, pour que soit proclamée cette merveilleuse confession de foi, mais aussi pour que Jésus rappelle à notre intention que « Bienheureux ceux qui ont cru sans avoir vu ! » car en un certain sens nous n’avons pas vu, mais en un certain sens nous avons vu, c’est à dire avec les yeux de la foi. Ainsi, Thomas avance sa main et la met dans les plaies du Sauveur. Ce sont des plaies qui étaient, on peut le dire, sanguinolentes mais ce sont surtout des plaies par lesquelles sourd une trouée de Lumière, de Grâce et de Vie. C’est ainsi que, dès aujourd’hui, Thomas et les disciples sont bénéficiaires de la Résurrection et du don de l’Esprit Saint.

Enfin, après l’Ascension du Sauveur les disciples retourneront à Jérusalem. Puis, le cinquantième jour selon l’évangéliste Luc, quand les disciples seront réunis dans la chambre haute dans la joie et dans l’attente, le Seigneur accomplira Sa promesse « Je vous enverrais l’Esprit, Il vous annoncera toutes choses et vous rappellera tout ce que Je vous ai dit. »
Ainsi vous voyez on ne peut pas simplement limiter la Pentecôte en un seul moment historique. Il y a, bien sûr, le moment historique mais il y a la réalité de la Pentecôte qui est surabondante et qui submerge tout le champ temporel, toute la temporalité, toute la vie de l’Église. C’est ainsi que nous le savons et nous l’annonçons : Dès à présent l’Esprit Saint est déjà là. Il est déjà présent en nous mais nous devons impérativement prendre conscience qu’il nous faut, encore et encore, nous préparer et nous purifier pour Le recevoir dans une plus grande et toujours plus grande plénitude. Nous voici en marche. Il nous faut comprendre que le mystère du Christ est un mystère d’ascension, un mystère de dynamisme dans lequel nous sommes, toujours et toujours, en marche, toujours plus haut, offrant nos cœurs et les dilatant de plus en plus pour accueillir l’Esprit qui vient en nous.

Et, quand l’Esprit vient en nous, alors selon les paroles de saint Paul « Ce n’est plus moi qui vit, mais Jésus le Christ qui vit en moi. »

Le Christ est ressuscité !

En vérité Il est ressuscité !

Père Boris


Voir notamment le début de la Première Épître de saint Jean.

Cf. Première épître de saint Paul aux Corinthiens XXII, 3.

Cf. évangile selon saint Jean XIX, 34.

Voir l’évangile selon saint Jean XIII, 31-32.

Cf. évangiles selon saint Luc XXIII, 46 et saint Jean XIX, 30.

Cf. évangile selon saint Jean XX, 17-22.

Cf. Épître de saint Paul aux Galates II, 20.

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