lundi 01 mars 2010

dimanche 28 février 2010

28/02/2010 17:45 La croix

Comprendre : l'iconostase



Alors que s’ouvre, vendredi 5 mars au Louvre, l’exposition « Sainte Russie », explication sur cet objet emblématique des églises orthodoxes, symbole à la fois de la limite séparant le monde divin du monde humain, et du lien entre ces deux mondes


L'iconostase de la cathédrale de la Transfiguration à Ouglitch, en Russie (Photo : Senèze). 

Qu’est-ce que l’iconostase ?

L’iconostase est une cloison d’icônes qui, dans les églises de rite byzantin (1), sépare la nef du sanctuaire où se tient le clergé célébrant la liturgie eucharistique. Les icônes peuvent être simplement posées côte à côte sur des travées horizontales, ou alors séparées par des demi-colonnes, parfois richement ornées, ce qui ajoute à l’impression de profusion.

Si l’iconostase est apparue relativement tard dans les églises orientales, elle est l’héritière de la balustrade en bois ou en pierre qui, dès le IVe siècle au moins, séparait le sanctuaire de la nef. Au début du Ve siècle, on voit apparaître en plus quatre colonnes surmontées d’une architrave sculptée, des icônes du Christ et de la Vierge venant s’intercaler entre les colonnes. Au VIe siècle, Justinien fait dresser à Sainte-Sophie douze colonnes au milieu desquelles, pendant la liturgie, s’ouvrent les portes royales.

À l’époque toutefois, les différences avec l’Occident latin sont relativement ténues puisque celui-ci connaît aussi une séparation du sanctuaire et de la nef (le jubé) qui perdurera jusqu’à la Contre-Réforme.

Comment est-il apparu ?

Après la victoire de l’orthodoxie sur l’iconoclasme (843), les icônes vont devenir plus fréquentes sur l’architrave, en particulier celle du Christ, entouré de la Vierge et de saint Jean-Baptiste. C’est l’origine de la Déisis , véritable point de départ de l’iconostase orthodoxe. À peu près à la même époque, avec la fixation du calendrier liturgique, on voit aussi apparaître une rangée d’icônes représentant les douze grandes fêtes de l’orthodoxie. On n’en est pas encore, toutefois, aux iconostases monumentales d’aujourd’hui.

Pour la théologienne orthodoxe Élisabeth Behr-Sigel, cette cloison ouverte « symbolisait la distinction sans séparation en même temps que la rencontre, dans la liturgie, du monde céleste, éternel, et du monde terrestre, éphémère ; de l’Église glorieuse déjà élevée aux cieux en Christ et en la personne de la Mère de Dieu, et de l’Église souffrante et militante, en chemin ».

C’est en Russie, vers le XIIIe siècle, que va apparaître l’iconostase telle que nous la connaissons aujourd’hui. Dans l’orthodoxie, en effet, l’église, « ciel sur la terre », se doit d’être tout entière une icône du Royaume. Mais les murs des églises en bois ne permettent pas l’utilisation de fresques, comme à Byzance : tout le programme théologique de la décoration de l’église va donc se reporter sur la seule iconostase.

Portée par l’âge d’or de l’iconographie russe, celle-ci va alors prendre des proportions monumentales, comme à la cathédrale de l’Annonciation, au Kremlin (1405), premier exemple connu en la matière : à la fin du XVe siècle apparaît ainsi la quatrième rangée d’icônes (consacrée aux prophètes) et, au XVIe siècle, la cinquième rangée (celle des patriarches).

C’est ce modèle d’iconostase à cinq rangées d’icônes qui va se répandre à travers le monde orthodoxe à partir du XVIIe siècle, alors même que, sous l’influence occidentale, elle va prendre en Russie des formes très diverses : iconostase baroque éclatée (comme celle de la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul, 1720) ou, au contraire, iconostase classique très austère avec une place de l’icône de plus en plus réduite. Il faut attendre le début du XXe siècle pour que le modèle traditionnel finisse par s’imposer.

Quel est le sens de l’iconostase ?

Pour un orthodoxe, l’iconostase ne se conçoit pas comme une barrière séparant le sanctuaire de la nef, mais plutôt comme le témoignage d’une nouvelle communion. « Les Pères la comparent à la limite entre deux mondes : le divin et l’humain, le monde éternel et le monde passager, explique Léonide Ouspensky, grand spécialiste de l’icône russe. Limite séparant le monde divin du monde humain, elle est en même temps un lien entre ces deux mondes qui les unit en un tout unique au moyen d’images ; en effet, ces images expriment un état de l’univers où toute séparation est abolie, un état de la créature réconciliée avec Dieu et pacifiée en son propre sein » (2).

Mais que ce soit dans l’orthodoxie ou dans les Églises catholiques de rite oriental, des voix s’élèvent aujourd’hui questionnant non l’iconostase elle-même, mais sa forme trop monumentale, appelant à un retour aux traditions plus anciennes. C’est ce qu’explique l’archiprêtre Lambert van Dinteren, recteur de la paroisse orthodoxe de Nantes, dont l’église est ornée d’une « iconostase ouverte » : « Toute notre liturgie est une liturgie du “nous”, de tout le peuple, prêtre, diacre, lecteur, chœur et tous ceux présents. Dans notre paroisse, nous célébrons la liturgie le plus possible de façon à ce que chacun et chacune soit impliqué. Notre iconostase ouverte va dans le même sens : nous célébrons “ensemble” la liturgie, c’est “le Corps du Christ” qui s’y unit, le Corps du Christ dont le Christ est la Tête et nous tous les membres ».

Nicolas SENÈZE 

(1) Principalement les Églises orthodoxes et certaines Églises d’Orient unies à Rome.
(2) 
Le sens des icônes, de Léonide Ouspensky et Vladimir Lossky, Cerf, 204 p., 68 €.

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Ste EudocieD'origine samaritaine, la Sainte Martyre du Christ Eudocie vivait à Héliopolis, en Phénicie du Liban, sous le règne de Trajan (96-116). Comme elle était dépourvue de toute connaissance de Dieu, elle s'était laissée entraîner à la débauche et avait livré à la prostitution son corps que le Créateur avait orné d'une rare beauté. Nombreux étaient ceux qui venaient de loin et offraient de fortes sommes d'argent pour jouir de ses charmes, si bien qu'elle avait acquis par ce honteux commerce une immense fortune et elle vécut dans l'insouciance jusqu'au jour où un moine, nommé Germain, qui était arrivé en ville pour affaire, vint loger dans la maison voisine. Le soir, après avoir chanté l'Office dans sa chambre à l'heure prescrite, comme s'il se trouvait dans son monastère, Germain se mit à lire à haute voix un livre qui décrivait le Jugement dernier, les châtiments des pécheurs et les récompenses des justes. En entendant ces terribles paroles, Eudocie fut tout ébranlée, sa conscience s'éveilla de la torpeur dans laquelle l'avaient plongée de si longues années passées dans le péché et elle versa pendant toute la nuit des torrents de larmes.

Au matin, elle se précipita vers Germain et, tombant à ses pieds. elle l'implora avec larmes de lui indiquer la voie du salut. Après l'avoir dûment catéchisée, en père spirituel prudent, celui-ci la renvoya chez elle, pour qu'elle éprouve sa résolution pendant une semaine de retraite et de prière. Comme elle priait de nuit en versant quantité de larmes sur sa vie passée, Eudocie vit soudain une grande lumière et l'Archange Michel descendit pour la conduire au ciel où l'assemblée des élus l'accueillit avec joie, alors qu'à l'extérieur le diable, sous la forme d'un être gigantesque, noir et répugnant, accusait Dieu d'injustice pour avoir accepté si rapidement le repentir de cette femme débauchée. Une voix très douce se fit alors entendre du haut du ciel, qui disait : « Tel est le bon plaisir (eudokia) de Dieu : recevoir avec compassion les hommes qui se repentent. » Et, sur l'ordre de Dieu, l'Archange ramena Eudocie dans sa demeure, en lui promettant l'assistance de la Grâce pour les combats qu'elle aurait dès lors à mener contre le péché.

Pleine de joie et de confiance en la miséricorde du Seigneur, Eudocie fut baptisée par l'Evêque de la cité, Théodote, et, suivant scrupuleusement les instructions de son père spirituel, elle remit avec empressement sa fortune acquise dans l'iniquité à un Prêtre, afin qu'il la distribue aux nécessiteux, puis, ainsi délivrée de l'attachement au monde et de tout souci, elle alla rejoindre Germain qui la fit admettre dans un monastère féminin situé non loin du sien.

Dès son entrée dans le stade de la vertu, la Bienheureuse montra un zèle ardent pour effacer par l'ascèse et par les larmes du repentir toutes traces de ses anciennes passions. Elle portait constamment, sans jamais la changer, la tunique dont elle avait été revêtue à son baptême; elle apprit le Psautier par coeur et faisait de la prière et de la méditation de la Parole de Dieu sa nourriture, de préférence à tout autre aliment terrestre. Par cette conduite admirable et cette belle transformation, elle reçut du Seigneur le pouvoir d'accomplir des miracles et, à la mort de la supérieure, elle fut élue par la fraternité pour lui succéder.

En ce temps-là, ayant appris que la belle Eudocie avait rejeté les plaisirs de cette vie et le culte des idoles pour tourmenter son corps par amour du Christ, certains de ses anciens amants la dénoncèrent auprès de l'empereur, l'accusant d'utiliser sa fortune pour construire, dans le désert, des refuges pour les Chrétiens rebelles à son autorité et à la religion de l'Empire. Lorsque le dignitaire envoyé par l'empereur et les trois cents soldats de son escorte voulurent pénétrer dans le monastère de la Sainte, ils en furent empêchés par une force divine et, après avoir tourné autour de l'enceinte pendant trois jours, en cherchant vainement l'entrée, ils furent frappés de mort, à l'exception du magistrat et de trois soldats.

Quand l'empereur apprit ce lamentable échec, il envoya son propre fils pour arrêter la Sainte. Mais celui-ci fut frappé par Dieu et mourut après avoir été jeté à bas de son cheval. Sur le conseil d'un ancien amant d'Eudocie, le souverain éploré écrivit alors à la Sainte pour lui demander d'intercéder afin que son fils revienne à la vie. Eudocie lui répondit avec humilité, protestant de son impuissance à accomplir de tels miracles, et elle fit trois signes de croix sur la lettre en la refermant. Dès que le messager apporta la missive au palais devant le cadavre du prince, celui-ci reprit vie, et l'empereur et toute la cour s'écrièrent : « Grand est le Dieu des Chrétiens, qui accomplit de telles merveilles! » On raconte même que le souverain se fit baptiser avec un grand nombre des siens, et que le prince ressuscité devint par la suite Archevêque de la cité, alors que sa soeur, Gélasia, prenait le voile dans le monastère de Sainte Eudocie.

L'empereur Adrien (l17-138), qui prit la succession, était un farouche adepte de l'idolâtrie. Il envoya à Héliopolis un gouverneur, célèbre pour sa cruauté, nommé Diogène, lequel avait été fiancé à Gélasia et que la fuite de sa promise avait mis dans la plus grande haine à l'égard d'Eudocie. Sitôt installé, il envoya cinquante hommes d'armes pour se saisir de la Sainte. Alors que ceux-ci étaient encore en route, le Christ apparut à Eudocie et lui annonça que l'heure était venue pour elle de remporter la couronne du Martyre. Elle se rendit alors dans l'église, prit sur elle une parcelle de la Sainte Eucharistie et, accueillant les soldats avec calme et dignité, elle les suivit sans offrir de résistance. Sur le chemin, un Ange la précédait, tenant un flambeau allumé, sans que les païens s'en rendent compte.

Après l'avoir laissée pendant quatre jours en prison, sans recevoir ni nourriture ni boisson, on l'amena au tribunal, le visage couvert, et dès qu'on lui retira ce voile une lueur éclatante en resplendit, provoquant un cri de stupeur dans l'assistance. La Sainte répondit avec audace aux questions du gouverneur et l'invita à mettre son dessein à exécution, sans perdre de temps en de vains interrogatoires. On la somma de choisir entre trois solutions pour avoir la vie sauve : adorer les idoles, revenir à son ancien mode de vie ou remettre sa fortune au trésor public. Eudocie déclara qu'il était absolument exclu pour elle de retourner à sa vie passée, maintenant qu'elle avait connu la vérité, et qu'elle n'était plus maîtresse de l'argent qu'elle avait distribué. Sur lordre de Diogène, quatre hommes se saisirent d'elle et l'accablèrent de coups pendant deux heures entières; puis, comme ils tentaient de la dénuder afin de l'attacher au poteau de torture, ils trouvèrent sur elle le coffret contenant la Sainte Communion. Lorsque le gouverneur tenta de l'ouvrir, une flamme s'en dégagea, qui consuma tous ceux qui se trouvaient aux alentours et qui laissa Diogène à demi paralysé. Comme il tombait à genoux en priant le dieu Soleil de le délivrer de ce sortilège, un éclair fendit le ciel et le laissa raide mort sur le sol: Pendant ce temps, un Ange rayonnant descendait du ciel et s'entretenait avec la Sainte, après l'avoir chastement recouverte d'un voile. Un soldat qui avait été témoin de cette scène, saisi de repentir, alla la détacher et la pria d'intercéder pour ceux qui venaient d'être frappés par la colère de Dieu, afin qu'ils recouvrent la vie et puissent se repentir. Prise de compassion, Eudocie se mît en prière et aussitôt les morts ressuscitèrent, provoquant la conversion d'une grande partie de la population.

La Sainte resta en ville quelque temps pour enseigner le peuple, et elle accomplit encore d'autres miracles, jusqu'au jour où, Diogène étant décédé, un nouveau gouverneur, nommé Vincent, s'installa à Héliopolis, avec la ferme décision d'en finir avec la célébrité importune d'Eudocie. Il envoya des soldats dans sa résidence et ceux-ci lui tranchèrent la tête, sans autre forme de procès, lui offrant ainsi la satisfaction de son désir le plus cher : l'union définitive avec son Epoux céleste. Par la suite, les Reliques de Sainte Eudocie accomplirent de nombreux miracles qui témoignèrent pour des générations de Chrétiens de la puissance du repentir.
calendrier.egliseorthodoxe.com

Toute la terre se prosterne devant Toi, ô Verbe,
en vénérant Ta vivifiante Croix.

aaaPuisque, par le jeûne des quarante jours, nous sommes en quelque sorte crucifiés nous aussi, morts aux passions, et que nous ayons une sensation d'amertume à cause de notre négligence ou de notre découragement, voici qu'est exposée la vivifiante Croix, comme pour nous ranimer et nous soutenir, nous encourager en nous rappelant les Souffrances de notre Seigneur Jésus Christ. Si notre Dieu S'est laissé crucifier pour nous, que ne devons-nous point faire pour lui? Et nous allégeons nos peines en les comparant à celles de notre Maître, ainsi que par le souvenir et l'espérance de la gloire qui se mérite par la Croix. De même, en effet, que notre Sauveur, après être monté sur la Croix, fut glorifié par cette déshonorante et amère situation, de même nous faut-il nous comporter nous aussi, afin d'être glorifiés avec Lui, pour avoir souffert quelque chose de désagréable. D'autre part, tout comme ceux qui, ayant encore un long et rude chemin à parcourir et se trouvant épuisés par la fatigue, s'ils trouvent ombre et fraîcheur sous le feuillage d'un arbre, s'y assoient pour se reposer un peu et, comme régénérés, parcourent le reste du chemin, ainsi maintenant, au milieu de ce temps de carême, de cette pénible course et de ce parcours difficile, les Saints Pères ont planté la vivifiante Croix, qui nous procure fraîcheur et repos, et qui soulage les voyageurs fatigués, les rendant légers et alertes pour la suite de leurs peines. Ou bien, comme cela se produit pour la venue d'un roi, lorsque le précèdent ses étendards et ses sceptres, et qu'il vient ensuite lui-même, dans la joie et l'allégresse de sa victoire, que partagent également ses sujets, de même aussi le Christ notre Seigneur, devant bientôt montrer Son triomphe sur la mort et S'avancer avec gloire au jour de Sa Résurrection, envoie en avant Son sceptre, Son royal étendard, la vivifiante Croix, pour nous inviter à nous tenir prêts, à Le recevoir comme Roi et à l'acclamer au cours de Son triomphe resplendissant. Et, en cette semaine qui se trouve au milieu du Carême, parce que le Saint Carême est comparé aux eaux de Mars, à cause de la contrition, du découragement et de l'amertume qui sont en nous par suite du jeûne, ainsi donc qu'au milieu de ces eaux le divin Moïse jeta le bois pour les rendre douces, ainsi également Dieu, qui nous a sauvés en esprit de la mer Rouge et du Pharaon, par le bois de la précieuse et vivifiante Croix adoucit l'amertume d'un jeûne de quarante jours et nous console pour cette nouvelle traversée du désert, jusqu'à ce que nous arrivions à la mystique Jérusalem, par SaRésurrection. Et, puisque la Croix est pour nous, comme on dit, l'arbre de vie et que cet arbre se trouvait planté au milieu du Paradis de l'Eden, les très-Saints Pères ont eu raison de planter le bois de la Croix au milieu du Saint Carême, puisqu'ils y commémorent l'avidité d'Adam, en même temps qu'ils nous décrivent comment elle fut annulée par ce nouvel arbre; car, y ayant goûté, nous ne mourons pas, mais sommes vivifiés.

aaaPar Sa puissance, ô Christ notre Dieu, garde-nous des ruses du Mauvais, rends-nous dignes de nous prosterner également devant Ta Divine Passion et Ta Vivifiante Résurrection, après avoir parcouru le stade des Quarante jours, et prends pitié de nous, dans Ton unique bonté et Ton amour pour les hommes.

Cette vie de Saints est tirée du :
"Triode de Carême", Diaconie Apostolique 1993

010

www.orthodoxologie.blogspot.com


Ce dimanche, nous célébrons la mémoire de saint Grégoire Palamas. Avec sa fête le 14 novembre, l'Église lui a attribué une célébration supplémentaire le deuxième dimanche de Carême.

Ce jour-là, entre le dimanche du Triomphe de l'Orthodoxie et celui de la vénération de la Sainte-Croix, saint Grégoire est vénéré comme le Père saint par excellence qui a articulé, défendu et préservé la doctrine orthodoxe de la déification, c'est-à-dire de notre potentiel de participer directement aux énergies de Dieu, Qui sanctifient, rendent parfait, et donnent de la puissance à notre lutte personnelle, à la fois spirituellement et physiquement, contre le péché, et nous accordent le don des vertus pour le salut éternel et la ressemblance au Christ.

Il est aussi prééminent dans la défense de ceux qui luttent justement dans le monde en tant que communautés paroissiales et pour notre libre accès à la sagesse spirituelle qui a été plusieurs fois réservée ou pratiquée exclusivement dans le monachisme.

Saint Grégoire était un moine, ascète, auteur prolifique, et théologien extraordinaire qui fut appelé hors de la vie monastique, par la providence de Dieu à l'archevêché de Thessalonique en des temps très difficiles. À la suite de son établissement en tant que pasteur de ceux qui vivaient dans le monde, les profonds enseignements monastiques sur la vie spirituelle/ascétique ont été présentés et conservés dans le contexte de la famille paroissiale, à un degré jamais connu auparavant.

Maintes et maintes fois, au cours des siècles, c'est aux écrits de saint Grégoire que l'Eglise a recouru afin de comprendre correctement comment les communautés monastiques et les gens mariés, les monastères et les paroisses, sont tous appelés au même objectif de l'union avec Dieu, même par des voies spirituelles qui varient dans l'expérience spécifique de chaque personne.

Comme staretz monastique et pasteur épiscopal des troupeaux paroissiaux, saint Grégoire cherche constamment à trouver le juste équilibre entre la sagesse monastique cachée qui doit être mise à la disposition des fidèles dans le monde et la justice de ceux dans le monde, qui cheminent sur une voie beaucoup plus complexe d'accès que ne le font les moines et dont les mariages et les familles doivent être considérées honorablement dans les monastères.

Considérant l'apôtre Jean, comme symbole de la dévotion monastique au Christ, et l'apôtre Pierre comme symbole des chrétiens mariés, saint Grégoire dit: "Bien que Pierre ait eu une belle-mère, il ne traîna pas derrière Jean le vierge, quand tous deux coururent au tombeau. À certains égards, même Pierre a dépassé Jean, car il a été nommé chef des apôtress. En effet, quand le désir est redirigé de la chair à l'esprit, il élève tous les êtres à de grandes hauteurs."

Que ce soit avec le conjoint et la famille, dans le célibat ou dans le monachisme, puissions-nous tous nous efforcer d'atteindre la véritable pureté et la sainteté, rencontrant le Christ comme Il veut apparaître le long de notre chemin, et nous joindre à Lui à la fin.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

www.mitropolia.eu

Galerie d'images

2010 02 21 Dimanche de l'Orthodoxie à la cathédrale roumaine de Paris

2010 02 21
(38 images)

Mgr Joseph, 15 prêtres de la région parisienne, 4 diacres et quelques 200 fidèles ont célébré dimanche soir, Dimanche de l'Orthodoxie, des vêpres suivis par la traditionnelle procession avec les saintes icônes, dans la cathédrale roumaine de Paris. Înaltpreasfințitul mitropolit Iosif, 15 preoți din regiunea pariziană, 4 diaconi și 200 de credincioși au slujit vecernia duminică seara (Duminica Ortodoxiei), urmată de tradiționala procesiune cu sfintele icoane, în catedrala mitropolitană din Paris.

orthodoxe-ordinaire.blogspot.com

 

Pour jeûner - Les recettes de Mary à Athènes

MEZES :
LEGUMES :
MOLLUSQUES :

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Aux premiers temps du christianisme, les fidèles de Jésus continuaient d'observer les pratiques religieuses juives, le repos du sabbat, la prière au Temple. Ils constituèrent cependant une communauté de culte, qui se marquait par la cérémonie du baptême, donné au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, suivie d'une profession de foi. S'ils célébraient encore les grandes fêtes de la religion juive, la Pâque, la Pentecôte, ils leur donnaient une signification nouvelle : il ne s'agissait plus seulement du rappel des événements de l'Ancien Testament, mais aussi de la commémoration de la passion et de la résurrection du Christ, et de la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres. Les premiers chrétiens suivaient les dates des fêtes juives. Puis des interrogations se firent jour : devait-on garder, pour la fête chrétienne de Pâques, la date et les rites de la Pâque juive ? Jusqu'au 4ème siècle, les différentes Eglises hésitèrent. Dans les Eglises d'Asie Mineure, certaines rejetèrent, d'autres gardèrent le rite de l'agneau pascal. L'Eglise d'Antioche s'en rapporta à la détermination juive pour fixer la résurrection au dimanche qui suivait la Pâque juive, tandis que les chrétiens d'Alexandrie se livrèrent à de savants calculs astronomiques et placèrent Pâques après l'équinoxe de printemps.
Bien que célébrée à des dates différentes, la fête de Pâques est pour toute Eglise chrétienne la fête des fêtes, celle sur laquelle se base la foi, et elle est précédée d'une longue préparation : le carême, ou " quarantaine ", en souvenir des quarante jours passés par Jésus dans le désert.
La pratique du carême remonte aux premiers siècles du christianisme, mais a subi beaucoup de fluctuations. Il semble établi qu'au second siècle, au temps de saint Irénée, évêque de Lyon, ce jeûne était très court, un ou deux jours, sans prendre aucune nourriture. A Alexandrie, au milieu du 3ème siècle, on jeûnait toute la Semaine sainte. Les premières traces du carême ou quarantaine se trouvent au 4ème siècle, dans un canon du concile de Nicée. Ce temps était dévolu à la préparation de la fête, mais surtout à celle des catéchumènes, qui étaient baptisés à Pâques. A la fin du 4ème siècle, l'Eglise de Jérusalem respectait les quarante jours de jeûne par un carême de huit semaines, pendant lesquelles on ne jeûnait ni le samedi ni le dimanche. A la même époque, en Egypte, et au 5ème siècle à Rome, puis en Gaule, on jeûnait le samedi, et le carême était de six semaines. Pendant toute cette période, les fidèles ne prenaient qu'un repas par jour, composé de pain, de légumes, et d'eau, certains se contentaient simplement de pain et d'eau. Pendant la Semaine sainte, l'abstinence était plus rigoureuse encore : le Vendredi saint et le Samedi, on ne prenait aucune nourriture. Selon les Eglises, l'heure de ce repas différait. Comme le carême de six semaines ne correspondait pas à quarante jours, on avança, au 7ème siècle, au mercredi de la semaine précédente, le mercredi des Cendres actuel, le premier jour d'abstinence. En même temps, les trois dimanches précédant le Carême, la Septuagésime, la Sexagésime et la Quinquagésime, furent inclus dans la préparation de Pâques, qui commençait ainsi neuf semaines avant la fête. C'était beaucoup exiger et, petit à petit, l'abstinence perdit de sa rigueur. L'obligation de ne manger que le soir était maintenue, mais dès le 8ème siècle, on permit à certaines personnes délicates et fragiles de prendre œufs, laitages, poisson et même vin. Au 12ème siècle, le repas fut avancé à trois heures puis à midi, au 13ème siècle. S'ensuivit donc, autorisée, une " collation du soir ". Au 17ème siècle, la discipline du jeûne s'adoucit encore et les théologiens autorisèrent les potages, les laitages et les petits poissons. Les cuisiniers rivalisèrent d'ingéniosité pour proposer aux tables royales des menus tout aussi copieux que d'ordinaire, en trouvant des arrangements avec les ordonnances de la religion.
Depuis 1949, l'Eglise catholique ne prescrit le jeûne que le mercredi des Cendres et le Vendredi saint. Deux jours de célébration de la mort : le rappel de notre propre mort à venir, puisque le jour du mercredi des Cendres le prêtre officiant bénit les cendres des rameaux de l'année précédente et trace avec elles sur le front de chaque assistant une croix en lui rappelant que "l'homme est poussière et retournera en poussière ", et le Vendredi saint, anniversaire de la mort de Jésus sur la croix.
Dans la liturgie orthodoxe, une préparation à l'entrée en carême se déroule pendant cinq dimanches consécutifs, chacun d'eux étant consacré, avec un évangile particulier, à un aspect fondamental du repentir. Pendant la quatrième semaine, l'abstinence de viande est prescrite par l'Eglise. Le cinquième dimanche est appelé dimanche du Pardon, chacun demande pardon à son voisin avant que tous demandent ensemble pardon à Dieu.
" L'impression générale des offices est celle d'une " radieuse tristesse ". Quelqu'un qui, même avec une connaissance réduite de la vie liturgique, entrerait à l'église durant un des offices de Carême, comprendrait presque tout de suite, j'en suis sûr, cette expression assez paradoxale. D'une part, une sorte de calme tristesse imprègne l'office, les vêtements sont de couleur sombre, les offices sont plus longs et plus monotones qu'à l'ordinaire, il n'y a presque pas de mouvement. Puis la monotonie et la tristesse de l'office prennent pour nous une toute autre signification. Une beauté intérieure les illumine, comme un rayon de soleil matinal qui commence à éclairer la cime de la montagne, alors que la vallée est encore plongée dans l'obscurité. Cette joie secrète et douce nous est communiquée par les longs alleluia et par toute la tonalité des offices de Carême. Ce qui nous paraissait d'abord monotonie s'avère à présent être la paix " (Alexandre Schmemann, Le Grand Carême).
Le temps du carême n'est pas consacré au souvenir de la Passion, ce n'est qu'à partir du dimanche des Rameaux, qui ouvre la Semaine sainte, que les textes rappellent la fin du Christ sur la terre et sa résurrection.
" Le carême est un voyage spirituel et sa destination est Pâques, la "Fête des fêtes " " (Alexandre Schmemann, op. cit. ).

La nourriture de Carême. Scène de marché. Chronique de Ulrico de Richental 15è siècle. Prague

BIBLIOGRAPHIE

- A. Schmemann, Le grand Carême, " Spiritualité orientale " n°13, Abbaye de Bellefontaine
- P. Evdokimov, L'Orthodoxie, DDB
- Van Gennep, Manuel du folklore contemporain, Carnaval, Carême, Pâques, " Grands Manuels " Picard


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