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  LITURGIES
PREMIER,DEUXIEME ET TROISIEME DIMANCHE,10H 30(suivie d'agapes)

Mercredi 30 janvier 2008
publié dans : ménée
par Père Jean-Pierre

31 JANVIER

Des saints guérisseurs anargyres Cyr et Jean (III-IV).

TROPAIRES ET KONDAKIA

Tropaire, t. 5

Tu nous as donné comme invincible rempart * les miracles de tes saints Martyrs : * par leurs prières, ô Christ notre Dieu, * ruine les complots des païens, * affermis le règne de la foi, * dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

Kondakion, t. 3

De la divine grâce ayant reçu * le don des miracles, saints Martyrs, * sans cesse vous faites merveille en retranchant nos passions * par votre invisible opération, * Cyr et Jean, vous les thaumaturges, les célestes médecins.

De notre Père parmi les saints, Nikita, évêque de Novgorod, le thaumaturge (1108).

Tropaire, t. 4 : Tu savouras la tempérance, Père saint, * et réprimas les désirs de ta chair, * puis siégeas sur le trône épiscopal * et comme un astre aux mille feux * illuminas les coeurs des croyants * par tes miracles rayonnants ; * Père et pontife Nicétas, * prie le Christ notre Dieu * pour le salut de nos âmes.

Kondakion, t. 6 : Honoré de l’épiscopale dignité * et officiant devant Dieu en toute pureté, * pour ton peuple tu lui adressais de constantes oraisons * et, par ta prière, tu fis tomber la pluie ; * parfois même en ta cité * tu as fait cesser l’incendie ; * à présent, pontife Nicétas, * intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve ta patrie * et le peuple qui te prie, * afin que tous nous puissions te chanter : * Réjouis-toi, Père et pontife digne d’admiration.

 SYNAXAIRE

Ss Cyr et Jean, anargyres, martyrisés avec Ste Athanasie et ses filles Stes Théodotie, Théoctiste et Eudoxie (311)

St Gaud, évêque d’Evreux (491) ; St Nicétas, évêque de Novgorod (1108); Ss Victorin, Victor, Nicéphor, Claude, Diodore, Sérapion et Papias, martyrs (251); St Pouange, moine à Troyes (VI); Ste Ulphe, vierge à Amiens (vers 750); St Bobin, évêque de Troyes (vers 766); St Élie Ardounis, néo-martyr grec (1686).

Sts Anargyres Cyr et Jean, Stes Athanasie, Théodote, Théoctiste et Eudoxie
Sts Victorin, Victor, Nicéphore, Claude, Diodore, Sérapion et Papias,
Ste Triphène
St Athanase, Évêque de Méthone
St Néomartyr Élie Arnoudis
St Nicétas des Grottes de Kiev, Évêque de Novgorod
St Pachôme, Fondateur du Monastère de Kiensk
Ste Marcelle, veuve à Rome
St Épiphane, Évêque de Fréjus
Le 31 janvier, nous célébrons la mémoire des Saints Martyrs et Anargyres CYR et JEAN, et des Saintes Martyres ATHANASIE et ses filles: THÉODOTE, THÉOCTISTE et EUDOXIE

Saint Cyr était un pieux Chrétien d'Alexandrie, qui exerçait la profession de médecin et guérissait en même temps beaucoup d'âmes en les conduisant au Christ. Il disait à ceux qui venaient le trouver: «Si vous voulez ne pas tomber malades, gardez-vous du péché. Car la maladie est le plus souvent une conséquence du péché». Loin de se fier à la science médicale et aux remèdes, il guérissait les corps par la prière et ramenait à la vie les âmes égarées dans l'idolâtrie en leur prêchant la parole de Dieu. Constatant les succès qu'il remportait, des païens le dénoncèrent au gouverneur de la ville, homme dur et cruel, qui avait été chargé par l'empereur Dioclétien de pourchasser les Chrétiens (vers 303). Sur le point d'être arrêté, Cyr réussit à s'enfuir et parvint jusqu'aux confins de l'Arabie, où il devint moine et acquit une grande renommée par les nombreuses guérisons qu'il accomplissait avec le seul signe de la Croix.

La réputation de Cyr parvint alors jusqu'à Jean, soldat d'illustre naissance originaire d'Edesse (Mésopotamie), qui décida alors d'abandonner l'armée terrestre pour entrer dans la milice du Roi céleste. Renonçant à toute richesse et gloire de ce monde, il se rendit à Jérusalem, puis retrouva Cyr en Egypte où il devint son disciple et collaborateur, tant dans la pratique des vertus que dans les Miracles. Comme la persécution s'étendait, ils apprirent que le gouverneur Syrianos, avait fait arrêter une chrétienne de Canope, Athanasie, et ses trois filles: Théoctiste, Théodote et Eudoxie, âgées respectivement de quinze ans, treize ans et onze ans. Les Saints, craignant que la faiblesse de la nature féminine et le jeune âge des trois fillettes ne les fassent renier le Christ devant la torture, décidèrent de se rendre à Canope pour les encourager. Ils parvinrent à se glisser dans la prison, mais furent découverts et conduits sans retard devant Syrianos. Celui-ci, pensant que le spectacle de leurs tourments allait faire fléchir les quatre femmes, décida de soumettre Cyr et Jean à la torture devant elles. Mais les deux athlètes restaient inébranlables et communiquèrent aux Saintes Martyres leur mâle bravoure, si bien qu'elles endurèrent elles aussi la torture sans fléchir. Le gouverneur donna alors l'ordre de les décapiter, et tous marchèrent ensemble d'un pas assuré vers le lieu de l'exécution. Des Chrétiens vinrent recueillir leurs corps et les déposèrent dans l'église de Saint-Marc à Alexandrie.

Au Ve siècle,
Saint Cyrille d'Alexandrie (9 juin), voulant faire disparaître le culte idolâtre d'Isis à Menouhli (Aboukir), y fit transférer les reliques de Saints Cyr et Jean1. Les miracles et les guérisons se multiplièrent, et ce sanctuaire devint un des plus grands lieux de pèlerinage du monde chrétien. Au VIIe siècle, Saint Sophrone de Jérusalem fut guéri d'une maladie des yeux par une apparition des deux Saints: Cyr lui guérit un oeil avec le signe de la Croix, et peu après Jean lui rendit complètement la vue en lui baisant l'autre oeil. En signe de reconnaissance, saint Sophrone écrivit une longue relation de leurs Miracles. Saints Cyr et Jean sont toujours invoqués efficacement par les Chrétiens Orthodoxes parmi les Saints Anargyres 2.

1. La translation de leurs Reliques est commémorée le 28 juin.
2. Saints Cyr et Jean sont vénérés parmi les Saints Anargyres, c'est-à-dire les médecins qui soignaient sans percevoir d'honoraires, et qui guérissaient et continuent de guérir, après leur départ au ciel, les malades qui font appel à eux avec foi. Ces saints guérisseurs sont: Cosme et Damien (
17 oct., 1 er nov., 1 er juillet), Cyr et Jean, Tryphon (l er fév.), Thallélaios (20 mai), Hermolaüs (sans mémoire dans le synaxaire, saint local de Chypre), Samson (27 juin), Pantéléimon (27 juillet) et Diomède (16 août).

Mardi 29 janvier 2008
publié dans : ménée
par Père Jean-Pierre

30 JANVIER

Synaxe (vers 1100) de nos Pères parmi les saints, les grands évêques et docteurs universels, Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome.

TROPAIRES ET KONDAKIA

Tropaire, t. 1

Aux trois immenses luminaires du triple Soleil divin * qui ont embrasé le monde sous les rayons de leurs divins enseignements, aux fleuves mellifères de la Sagesse qui ont irrigué * sous les flots de la divine connaissance l’entière création, * Basile le Grand, Grégoire le Théologien * et l’illustre Jean au verbe d’or, * nous tous, les amants de leurs paroles, réunis, * chantons des hymnes en leur honneur, * car ils ne cessent d’intercéder pour nous * auprès de la sainte Trinité.

ou bien, t. 4 :

Imitateurs des Apôtres en leur genre de vie, * oecuméniques Docteurs, * intercédez auprès du Maître universel * pour qu’au monde il fasse don de la paix * et qu’à nos âmes il accorde la grâce du salut.

Kondakion, t. 2

Seigneur, tu as offert le repos, la jouissance de tes biens * aux prédicateurs sacrés du message divin, l’élite des Docteurs ; * à tout holocauste, en effet, * c’est leurs peines et leurs épreuves que tu as préférées, * toi qui seul procures la gloire à tes Saints.

 SYNAXAIRE

St Hippolyte, hiéromartyr, ses compagnons Ss Censorin et Sabin, Ste Chryse, vierge, et 20 autre martyrs (III) ; les docteurs universels Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome

Ste Martine, vierge, martyre, Rome (vers 226) ; St Zénon le jeûneur, Cavernes de Kiev (XIV) ; St Zénon, disciple de St Basile le Grand ; St Théophile, martyr (784) ; St Pierre, roi de Bulgarie (697); Ste Aldegonde, vierge à Maubeuge (684) ; Ste Bathilde, reine, épouse de Clovis (680); St Théodore de Mytilène, néo-martyr grec (1784).

Synaxe des Trois Sts Hiérarques et Docteurs Universels : Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome
St Hyppolyte de Rome, Évêque de Rome et ses compagnons
St Théophile le Jeune
St Théodore de Mytilène, Néomartyr
St Pierre, Roi de Bulgarie
St Zénon le Jeûneur des Grottes de Kiev
Ste Bathilde, Reine de France
Invention de l’Icône de la Mère de Dieu de Tinos
aaaLe 30 janvier, nous célébrons la mémoire commune de nos TROIS Saints PERES et DOCTEURS de l'univers : BASILE le GRAND, GRÉGOIRE le THÉOLOGIEN et JEAN CHRYSOSTOME

aaaSous le règne de l'empereur Alexis Comnène (1081-1118), une querelle vint à diviser à Constantinople les hommes instruits dans les choses de la foi et zélés pour la vertu, au sujet des trois Saints Hiérarques et grands Pères de l'Eglise : Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome. Les uns disaient préférer Saint Basile aux deux autres, car il a su expliquer les Mystères de la nature comme aucun autre et il s'est élevé au rang des Anges par ses vertus. Organisateur du monachisme, chef de l'Eglise entière pour lutter contre l'hérésie, pasteur austère et exigeant quant à la pureté des mœurs, il n'y avait en lui rien de bas ni de terrestre. C'est pourquoi il était, disaient-ils, supérieur à Saint Chrysostome qui, par nature, était plus facilement porté à pardonner aux pécheurs.

aaaD'autres, prenant le parti de l'illustre Archevêque de Constantinople, rétorquaient que Saint Chrysostome n'avait été en rien moins zélé que Saint Basile pour combattre les vices, porter les pécheurs au repentir et élever tout le peuple à la perfection évangélique. Insurpassable par son éloquence, ce pasteur à la « bouche d'or » a arrosé l'Eglise d'un véritable fleuve de discours, dans lesquels il a interprété la parole de Dieu et a montré comment l'appliquer dans la vie courante, avec une maîtrise supérieure aux deux autres Saints Docteurs.

aaaUn troisième groupe soutenait que Saint Grégoire le Théologien leur était supérieur, à cause de la majesté, de la pureté et de la profondeur de son langage. Maîtrisant en souverain toute la sagesse et toute l'éloquence helléniques, il avait atteint, disaient-ils, un tel degré dans la contemplation de Dieu que personne comme lui n'a su exprimer si parfaitement le dogme de la Sainte Trinité.

aaaChacun défendant ainsi l'un des Pères contre les deux autres, la querelle gagna bientôt tout le peuple chrétien de la capitale et, loin de favoriser la dévotion pour les Saints, il n'en sortait que troubles, discordes et disputes sans fin entre les trois partis. C'est alors qu'une nuit les trois Saints Hiérarques apparurent en songe à Saint Jean Mauropos, Métropolite d'Eucheita ( mémoire le 5 octobre ), d'abord séparément puis tous les trois ensemble. Et, d'une seule voix, ils lui dirent: « Comme tu le vois, nous Sommes tous les trois auprès de Dieu et aucune discorde ou rivalité ne nous séparent. Chacun d'entre nous, selon les circonstances et selon l'inspiration qu'il avait reçue du Saint-Esprit, a écrit et enseigné ce qui convenait pour le salut des hommes. Il n'y a ni premier, ni second, ni troisième entre nous; et si tu invoques l'un de nous aussitôt les deux autres sont présents avec lui. Aussi ordonne à ceux qui se disputent de ne pas créer de divisions dans l'Eglise à cause de nous, car lorsque nous étions en vie tous nos efforts ont été consacrés à rétablir l'unité et la concorde dans le monde. Puis réunis en une fête nos trois mémoires et composes-en l'Office en y insérant les hymnes dédiées à chacun d'entre nous, selon l'art et la science que Dieu t'a donnés, et transmets-le aux Chrétiens en leur ordonnant de le célébrer chaque année. S'ils nous honorent ainsi, comme étant un auprès de Dieu et en Dieu, nous leur promettions d'intercéder dans notre commune prière pour leur salut ». Sur ces mots, les Saints furent enlevés au ciel dans une lumière infinie, en s'adressant l'un à l'autre par leurs noms.

aaa3 Sts HiérarquesSaint Jean rassembla alors sans retard le peuple et lui communiqua cette révélation. Comme il était respecté de tous pour sa vertu et admiré pour la force de son éloquence, les trois partis firent la paix et tout le monde l'exhorta à se mettre sans retard à la composition de l'Office de la fête commune. Avec un fin discernement, il choisit de consacrer le trentième jour de janvier à cette célébration, comme pour sceller ce mois pendant lequel on commémore séparément chacun des trois Hiérarques ( ler :
St Basile ; 25 : St Grégoire ; 27 : translation des Reliques de St Chrysostome ).

aaaComme l'évoquent de nombreux tropaires de cet Office magnifique, les trois Hiérarques — trinité terrestre — distincts par leurs personnes mais unis par la Grâce de Dieu, nous ont enseigné, tant par leurs écrits que par leur vie, à adorer et à glorifier la Sainte Trinité, le Dieu unique en trois Personnes. Ces trois luminaires de l'Eglise ont répandu par toute la terre la lumière de la Vraie Foi, au mépris des dangers et des persécutions, et ils nous ont laissé, à nous leurs descendants, ce saint héritage par lequel nous pouvons atteindre aussi la béatitude suprême et la vie éternelle en présence de Dieu, avec tous les Saints.

aaaEn clôturant le mois de janvier, pendant lequel nous célébrons la mémoire de tant de glorieux Hiérarques, Confesseurs et Ascètes, par la fête commune des trois grands Hiérarques, l'Eglise récapitule en quelque sorte la mémoire de tous les Saints qui ont témoigné de la Foi Orthodoxe par leurs écrits et par leur vie. Avec cette fête, c'est tout le ministère d'enseignement, d'illumination de l'intelligence et des coeurs des fidèles par la parole, que nous honorons. La Fête des trois Hiérarques est donc en fait la commémoration de tous les Pères de l'Eglise, de tous ces modèles de la perfection évangélique que le Saint-Esprit a suscité d'époque en époque et de lieu en lieu, pour être de nouveaux Prophètes et de nouveaux Apôtres, les guides des âmes vers le Ciel, les consolateurs du peuple et des colonnes de prière incandescentes qui soutiennent l'Eglise et la confirment dans la vérité.

Lundi 28 janvier 2008
publié dans : ménée
par Père Jean-Pierre

29 JANVIER

Translation des reliques (540 ou 637) du saint hiéromartyr Ignace le Théophore (107).

TROPAIRES ET KONDAKIA

Tropaire, t. 4

Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus la voie qui mène à la divine contemplation ; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi ; * Ignace, pontife et martyr, * intercède auprès du Christ notre Dieu, * pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion, t. 4

S’étant levé de l’Orient * et de ses enseignements * ayant répandu la clarté * sur l’entière création, * fut orné du martyre saint Ignace porteur-de-Dieu.

 SYNAXAIRE

Translation des reliques de St Ignace d’Antioche

St Sulpice-Sévère, disciple de St Martin, Tours (406); St Laurent évêque de Tourov (XII) ; Ss Gérasime (1467), Pitirim (1455) et Jonas, évêques de Perm ; Ss Sylvain, évêque, Luc, diacre, et Mocias, lecteur, martyrs (312) ; St Valère, évêque de Trèves; St Sabinien, martyr, à Troyes (275); St Gildas le sage, abbé, Bretagne (270); St Gildas, abbé, (570); St Dimitrios de Chios, néo-martyr grec (1802).

Transfert des Reliques de St Ignace le Théophore, Évêque d’Antioche
Sts Hyperéchios, Philothée, Jacques, Abib, Julien, Romain et Parégorios, de Samosate
Sts Sylvain, Évêque d’Emese, Luc et Mocios
St Sarbel et Ste Bébaïa à Edesse
St Barsimée le Confesseur, Évêque d’Edesse
St Aphraate le Perse
St Aceptime
St Dimitrios de Chios, Néomartyr
St Laurent des Grottes de Kiev
Sts Gérasime, Pitirim et Jonas, Évêques de Perm
St Gildas le Sage, Higoumène de Rhuys
Le 20 décembre, nous commençons l'Avant-Fête de la Nativité selon la chair de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus-Christ, et nous célébrons la mémoire du Saint Hiéromartyr IGNACE le THÉOPHORE

Disciple des Apôtres, père des Evêques, combattant audacieux qui s'est élancé au premier rang de la cohorte des Martyrs victorieux, Saint Ignace a remporté une triple couronne et brille maintenant d'un éclat flamboyant au firmament des amis de Dieu. Conformément à son nom de feu (ignis en latin = feu), l'amour du Christ brûlait à tel point en son coeur qu'il fut surnommé le Théophore, le porteur-de-Dieu1 terme qu'il n'hésitait pas à s'appliquer lui-même d'ailleurs, sans vantardise, car tous les Chrétiens, depuis leur Baptême, sont devenus Christophores (porteurs-d-Christ) et ont été revêtus de l'Esprit-Saint (hagiophores, pneumatophores, disent encore les Saints Pères).

Dans sa jeunesse, Ignace avait connu les Apôtres, et avait été initié aux mystères plus profonds de la Foi par Saint Jean l'Evangéliste, en compagnie de Saint Polycarpe2. Il succéda ensuite à Evodus, comme second Evêque dAntioche, la capitale de la Syrie et la ville la plus importante de tout l'Orient, dont le siège épiscopal avait été fondé par l'Apôtre Saint Pierre. Pendant la persécution de Domitien (81-96), Saint Ignace encouragea de nombreux confesseurs à mépriser les tourments et les épreuves de quelques instants pour gagner la vie éternelle. Il les visitait dans leur prison, les réconfortait et leur communiquait l'empressement qu'il éprouvait lui-même pour être définitivement uni au Christ dans l'imitation de Sa mort. Mais il ne fut pas alors arrêté, et lorsque les poursuites furent interrompues, l'intrépide Evêque resta affligé de ne pas avoir été appelé par Dieu pour devenir un vrai disciple, consommé dans la perfection.

Pendant les années de paix qui suivirent, les Apôtres ayant désormais disparu, l'Evêque d'Antioche s'employa à donner à l'Eglise les fondements de son organisation et à montrer comment la Grâce, descendue sur les Apôtres le jour de la Pentecôte, demeure et se prolonge dans le ministère épiscopal. D'Antioche la Grande, sa voix autorisée se faisait entendre dans toutes les Eglises -alors petites communautés locales- pour les exhorter à rester dans l'unité et la charité autour de l'Evêque, image terrestre du seul Evêque véritable et Grand-prêtre, Jésus-Christ. Unis dans la foi inébranlable dans le Sauveur crucifié et ressuscité, et par la concorde qui vient de la charité et de leur commune espérance, les fidèles doivent se réunir autour de leur Evêque et du collège des Prêtres et des Diacres, aussi souvent qu'ils le peuvent -particulièrement le dimanche, jour du Seigneur-, pour célébrer ensemble la Sainte Eucharistie, «rompant le même pain, qui est remède d'immortalité, et antidote pour ne pas mourir, mais pour vivre pour toujours en Jésus-Christ» (Lettre aux Ephésiens 18). Là où est l'Evêque, disait-il encore, là est Jésus-Christ, là est l'Eglise catholique (universelle), l'assurance de la vie éternelle, le gage de la communion à Dieu. C'est pourquoi il n'y a qu'une seule assemblée eucharistique légitime: celle qui est accomplie par l'Eglise, dans l'unité de la foi autour de l'Evêque ou de son représentant (cf. Lettre aux Smyrniens 8:2). Et, une fois la synaxe terminée, les Chrétiens se doivent de manifester dans leur vie, dans leur conduite, ensemble et vis-à-vis du monde extérieur, dans leurs sentiments et leurs pensées, le même accord harmonieux que les cordes bien ajustées d'une lyre, de manière à chanter «d'une seule voix par Jésus-Christ un hymne de louange au Père» (Ephes. 4). «Soyez unis à l'Evêque, recommande-t-il aux Ephésiens, comme l'Eglise l'est à Jésus-Christ, et JésusChrist au Père, afin que toutes choses soient en accord dans l'unité (idem 5). Outre la haine et les querelles il les engage à fuir les divisions de toutes sortes, «comme les principes de tous les maux» (Smyrn. 7). Affermis ainsi dans la concorde et l'amour mutuel, la Vérité demeurera en eux, et l'Eglise, telle une citadelle céleste, restera pure et inaccessible à la contamination de l'hérésie. A la suite de Saint Paul, Saint Ignace énonçait ainsi les principes inchangés et inaltérables sur la nature de l'Eglise, l'institution de l'Evêque, le rôle de l'Assemblée Eucharistique, les rapports entre l'Eglise locale et l'Eglise universelle, toutes choses qui font dire de la Sainte Eglise: «Toute la gloire de la fille du Roi vient du dedans. Elle est ornée de franges d'or, parée de couleurs variées» (Ps. 44:15).

Trajan étant monté sur le trône (98), il laissa tout d'abord les Chrétiens en paix, trop occupé qu'il était à mener la guerre contre les barbares. Mais, à la suite de ses victoires sur les Scythes et les Daces, il décida de soumettre tous les sujets de l'empire au culte des idoles et de l'empereur, sous peine de mort. Vers l'an 113, il partit en campagne en direction de l'Arménie et de la Parthie, et, en chemin, il fit halte quelque temps dans la brillante Antioche, déclenchant à cette occasion une persécution locale contre les Chrétiens en vue. Sentant que le moment tant attendu était enfin arrivé, Saint Ignace se présenta alors de lui-même devant l'empereur, et répondit hardiment à ses questions. Il confessa le Dieu. Créateur et Ami des hommes et Son Fils Unique Jésus Christ, et ne craignit pas de se moquer de la superstition de ce puissant souverain qui faisait invoquer des êtres vains et illusoires pour protéger ses armées. Irrité, Trajan lui demanda: -«Tu es donc disciple du Crucifié sous Ponce Pilate?» -«Je suis le disciple de Celui qui a cloué mon péché sur la Croix, et a piétiné le diable et ses intrigues» répliqua le Saint. -«Pourquoi t'appelle-t-on Théophore?» -«Parce que je porte en moi le Christ vivant! » -«Que celui qui porte le Crucifié soit donc mené à Rome chargé de chaînes pour être livré en pâture aux lions pour le divertissement du peuple», ordonna l'empereur. Rempli de joie, le serviteur de Dieu baisa avec chaleur les lourdes chaînes dont on le chargeait, en les appellant «mes très précieuses perles spirituelles», liens tant désirés qui lui procureront la vie en Christ, à l'exemple de Saint Paul et de tant d'autres glorieux Martyrs. Puis, ayant dit adieu à son Eglise en exhortant ses fils à changer leurs larmes en cantiques d'allégresse, il partit à pied, en compagnie d'autres prisonniers, escorté par une escouade de dix soldats cruels et implacables, véritables «léopards» dit-il, qui l'accablaient de mauvais traitements, avec pour seul résultat d'ajouter à sa joie et à son empressement.

Partis à Antioche, ils parvinrent au prix de grandes peines, tantôt par mer tantôt à pied, jusqu'à Smyrne, où Ignace fut accueilli avec grande émotion par son condisciple Saint Polycarpe, l'Evêque de la ville. Il reçut là aussi des envoyés des villes proches: l'Evêque d'Ephèse, Onésime; celui de Magnésie, Démas, et celui de Tralles, Polybes. Tout en leur communiquant ses ultimes enseignements et en les exhortant à imiter la douceur et l'humilité de Notre Seigneur Jésus-Christ dans les persécutions, devant les injures et les moqueries des païens, il leur insuffla sa joie et son désir de trouver au plus vite la perfection du martyre; si bien qu'ils ne lui firent pas leurs adieux comme à un condamné à mort, mais ils le saluèrent comme un athlète déjà triomphant, comme un voyageur en partance vers le ciel. De là, Saint Ignace adressa d'admirables lettres aux Chrétiens des Eglises d'Asie Mineure, pour les confirmer dans la foi, pour les engager à se garder des hérésies en restant unis autour de l'Evêque et du collège des Prêtres en une seule Assemblée Eucharistique, et pour leur communiquer son brûlant enthousiasme. Ayant appris que les fidèles de Rome voulaient tenter de le délivrer au moment de son exécution, il leur adressa une lettre pour refréner leur zèle inopportun et les supplier de ne pas intervenir. « C'est maintenant que je commence à être un disciple (... ) Mon désir terrestre a été crucifié, et il n'y a plus en moi de feu pour aimer la matière, mais une eau vive qui murmure et dit au-dedans de moi. « Viens vers le Père» (Lettres aux Romains 7). L'amour du Christ bouillonnait à tel point en lui, qu'il lui inspira alors ces paroles de feu: «Pardonnez-moi, frères; ne m'empêchez pas de vivre, ne veuillez pas que je meure. Permettez-moi d'être un imitateur de la passion de mon Dieu (...) Laissez-moi être la pâture des bêtes, par lesquelles il me sera possible de trouver Dieu. Je suis le froment de Dieu, et je serai moulu par la dent des bêtes, pour être trouvé un pur pain du Christ» (idem 6 et 4). Devenir, à l'image du Christ, vrai pain eucharistique, célébrer par lui-même la véritable et parfaite Liturgie, tel était le seul désir du Saint Hiérarque.

Le cortège s'arrêta ensuite à Troades, où Ignace apprit avec joie que la persécution avait cessé à Antioche. Il écrivit alors aux Eglises d'envoyer des représentants pour se réjouir avec ses enfants spirituels, et confia à Polycarpe le soin de son Eglise.

Ayant atteint Rome, après de longues et pénibles étapes, il fut accueilli par les fidèles de la capitale dans une ambiance où les larmes de tristesse et d'angoisse se mêlaient à la joie de recevoir cet astre venu d'Orient, qui avait parcouru le monde pour venir se coucher à l'Occident. Lorsqu'arriva le moment de l'exécution, Saint Ignace entra dans l'arène comme s'il s'avançait vers le Saint Autel pour célébrer son ultime Liturgie, devant ses fidèles mêlés aux païens sur les gradins. Désormais pleinement Evêque et disciple du Grand-Prêtre de notre Salut, Jésus, à la fois Prêtre et victime, il s'offrit avec complaisance aux lions voraces, qui se précipitèrent sur lui et le dévorèrent en quelques instants, ne laissant, selon son désir, que ses plus gros ossements. Ces précieux restes furent récupérés avec dévotion par les fidèles et furent ramenés en grande pompe vers Antioche, salués sur leur passage par les Chrétiens, comme si le pasteur rentrait vivant et triomphant à son bercail3.

1. Une tradition rapporte que les lions ne dévorèrent pas le coeur de Saint Ignace et, qu'après son exécution, on y vit inscrit en lettres d'or le nom de «Théophore». Selon d'autres, prenant ce terme au sens passif de «porté par Dieu», Saint Ignace aurait été le jeune enfant que le Christ prit dans ses bras en disant: «Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille» (Mat. 18:5).
2. Commémoré le 23 février.
3. Le transfert des Reliques de Saint Ignace est célébré le 29 janvier.

Dimanche 27 janvier 2008
publié dans : ménée
par Père Jean-Pierre

aaLe 28 janvier, nous célébrons la mémoire de notre vénérable Père Théophore EPHREM le SYRIEN

aaaCet astre radieux de l'Eglise s'est levé en Orient, dans la lointaine ville de Nisibe (Mésopotamie), vers 306. Tout jeune encore, il fut chassé de la maison familiale par son père —qui était prêtre païen— à cause de sa sympathie pour la Religion Chrétienne. Il fut alors recueilli par le Saint Evêque Jacques (cf. mémoire le 13 janv.), qui l'instruisit dans l'amour des vertus et l'appfication constante à la méditation de la parole de Dieu. L'étude de l'Ecriture Sainte alluma en lui une flamme qui lui fit mépriser les biens et les soucis de ce monde pour élever son âme vers la jouissance des biens célestes. Sa foi et sa confiance en Dieu, inébranlables comme le mont Sion. le portèrent à embrasser un admirable mode de vie. Il avait une pureté du corps et de l'âme, qui dépassait les limites de la nature humaine et qui lui faisait gouverner en roi tous les mouvements de son âme, en ne laissant pas une seule pensée mauvaise surgir à l'horizon de son esprit. A la fin de sa vie, il reconnaissait n'avoir jamais dit de mal de quiconque ou laisser échapper de sa bouche une seule parole insensée.

aaaDépouillé de tout, comme les Apôtres, luttant de jour contre la faim et de nuit contre le sommeil, et revêtant ses actions comme ses paroles de la sainte humilité du Christ, il reçut de Dieu le don de la componction et des larmes continuelles à un degré tel qu'il occupe dans le Chœur des Saints la place privilégiée de « maître de la componction ». Par un miracle connu seulement de ceux qui s'offrent tout entier en holocauste au Seigneur, ses yeux avaient été transformés en deux sources intarissables de larmes. Pendant des années, pas un moment du jour ou de la nuit, ces eaux lumineuses, purificatrices et porteuses de sanctification, ce second baptême des larmes, ne cessèrent de couler de ses yeux, faisant de son visage un miroir très pur où se reflétait la présence de Dieu. Il pleurait continuellement sur ses péchés ou sur les péchés des autres hommes, et parfois, quand il passait à la méditation des merveilles que Dieu a faites pour nous, ces pleurs se transformaient en larmes de joie. Tel un cercle merveilleux, dont on ne peut pas discerner le commencement ou la fin, les gémissements faisaient naître en lui les larmes; les larmes, la prière; la prière, la prédication, laquelle était elle-même interrompue par de nouvelles lamentations. En lisant ses admirables discours sur la componction ou ses descriptions si réalistes du Jugement Dernier, mêmes les cœurs les plus endurcis ne peuvent rester insensibles. Pour de nombreuses générations jusqu'à aujourd'hui, la lecture de Saint Ephrem a fait couler bien des larmes, ouvrant aux pécheurs la voie du repentir et de la conversion.

aaaQuelque temps après son Baptême, vers l'âge de vingt ans, Ephrem se retira au désert, fuyant le trouble de la ville pour s'entretenir dans la quiétude avec Dieu et vivre en compagnie des Anges. Il passait de lieu en lieu, libre de tout attache, allant là où le conduisait le Saint-Esprit, pour son profit et celui de ses frères. C'est ainsi qu'il se rendit dans la ville d'Edesse pour un pèlerinage et à la recherche d'un saint homme avec lequel il pourrait mener la vie monastique. Rencontrant sur son chemin une femme de mauvaise vie, il feignit d'accepter ses propositions et, lui disant de le suivre, il la conduisit vers la place publique, au lieu de chercher quelque endroit retiré et propice au péché. La prostituée lui fit remarquer : « Pourquoi m'amènes-tu là? N'as-tu pas honte de t'exposer aux regards des hommes ? » Le Saint répondit : « Malheureuse, tu crains le regard des hommes; pourquoi ne crains-tu pas le regard de Dieu qui voit tout et qui jugera au dernier jour nos actions et nos pensées les plus secrètes ? » Saisie de crainte, la femme se repentit et se laissa conduire vers un lieu favorable à son salut.

aaaAu bout de quelques années à Edesse, Saint Ephrem retourna vivre au désert. Comme il avait entendu vanter les vertus de Saint Basile, Dieu lui révéla dans une vision que l'Evêque de Césarée était semblable à une colonne de feu qui unissait la terre au ciel. Sans tarder, Ephrem partit alors pour la Cappadoce. Il arriva à Césarée le jour de la Théophanie, et entra dans l'église au moment même où l'on célébrait la Sainte Liturgie. Bien qu'il ne comprît pas le grec, il fut saisi d'admiration en voyant le grand Evêque prêcher, car il voyait une colombe blanche posée sur son épaule, qui lui murmurait à l'oreille des paroles divines. C'est cette même colombe qui révéla à Saint Basile la présence dans la foule de l'humble ascète syrien. Il l'envoya chercher, s'entretint avec lui quelques instants dans le fond du Sanctuaire et, répondant à sa requête, il obtint de Dieu qu'Ephrem se mette soudain à parler en grec, comme s'il connaissait cette langue depuis son enfance. Puis il l'ordonna Diacre, et le laissa partir vers sa patrie.

aaaC'est alors que commença une longue série de guerres entre les Romains et les Perses (de 338 à 387), et que des persécutions implacables furent menées dans tout le royaume contre les Chrétiens, considérés comme les alliés des Romains. Apprenant dans son désert les souffrances de ses frères, Saint Ephrem retourna alors à Nisibe pour leur venir en aide par ses oeuvres et ses paroles. Dès son enfance il avait eu la révélation de la vocation à laquelle Dieu l'appelait, en voyant en vision une vigne abondante pousser de sa bouche et remplir toute la terre. Tous les oiseaux du ciel venaient sy poser et se rassasiaient de ses fruits, et plus ils grapillaient plus celle-ci se remplissait de raisins. La grâce du Saint-Esprit le remplissait avec une telle profusion que, lorsqu'il s'adressait au peuple, sa langue n'avait pas le temps de proférer les pensées célestes que Dieu lui inspirait, et il semblait comme pris de bégaiement. C'est pourquoi il adressa à Dieu cette prière peu commune, en disant : « Retiens, Seigneur, les flots de ta grâce ! »

aaaLorsqu'il n'était pas occupé à l'enseignement pour confirmer la foi contre les païens et les hérétiques, il se mettait humblement au service de tous, comme un véritable Diacre, imitant le Christ devenu pour nous « serviteur ».

aaaC'est ainsi que, par humilité, il refusa toujours l'élévation au Sacerdoce. Ses vertus, sa prière, les fruits de ses contemplations et de sa méditation, toute la grâce que Dieu lui donnait, il ne les gardait pas pour lui-même, mais il en ornait l'Eglise, Epouse du Christ, comme d'une couronne d'or sertie de pierreries. Lorsqu'on assiégea Nisibe, en 338, ce fut grâce à sa prière et à celle de Saint Jacques que la cité fut délivrée. Mais, après les guerres successives, elle fut finalement livrée au cruel souverain des Perses, en 363. Refusant de vivre sous la domination païenne, Saint Ephrem et beaucoup d'autres Chrétiens partirent alors pour Edesse. Il passa là les dix dernières années de sa vie, et continua l'œuvre amorcée dans l'école exégétique fondée à Nisibe par Saint Jacques, en enseignant à l'Ecole d'Edesse, appelée dès lors « Ecole des Perses ». Il rédigea alors la plus grande partie de ses ouvrages admirables, où sa connaissance de Dieu et des Saints Dogmes revêt la splendide parure d'une langue poétique incomparable. On dit qu'il composa en syriaque plus de trois millions de vers: commentaires de la plupart des livres de l'Ecriture Sainte, traités contre les hérésies, Hymnes sur le Paradis, sur la Virginité, sur la Foi, sur les grands Mystères du Sauveur et des Fêtes de l'année. Une grande partie de ces hymnes est entrée dans la composition des Livres Liturgiques de l'Egfise de langue syriaque, d'où son surnom de « Lyre du Saint-Esprit » et de « Docteur de l'univers ». D'autres traités, très nombreux, nous ont été transmis en grec. Ils. portent davantage sur la componction, l'ascèse et les vertus monastiques.

aaaAprès avoir organisé les secours dans la cité, lors de la famine de 372, Saint Ephrem remit son âme à Dieu en 373, entouré d'un grand nombre de moines et d'ascètes qui étaient sortis de leurs monastères, de leur désert, de leur grotte, pour assister à ses derniers moments. Il leur laissa un testament émouvant, plein d'humilité et de componction, dans lequel il demande instamment à tous ceux qui l'aiment de ne pas l'honorer par des funérailles brillantes, mais de déposer son corps dans la fosse réservée aux étrangers, en lui offrant, en guise de fleurs et d'aromates, le soutien de leurs prières.
De notre vénérable Père Éphrem le Syrien (373).

TROPAIRES ET KONDAKIA

Tropaire, t. 8

Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le stérile désert, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, * par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier : * vénérable Père Éphrem, prie le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.

Kondakion, t. 2

Sans cesse méditant sur l’heure du jugement, * tu versais d’amères larmes, toi l’ami du silence et de la paix ; * tes oeuvres, vénérable Père, ont fait de toi * un maître d’action, un docteur universel : par toi les négligents sont éveillés au repentir.

De notre vénérable Père Théodose le thaumaturge, higoumène fondateur du monastère du St-Sauveur à Totma (1568).

Tropaire, t. 1 : Dès ta jeunesse, vénérable Théodose, ayant orienté * ton amour vers le Christ notre Dieu, * à cause de lui tu as quitté ta ville et ta patrie et, considérant comme poussière toute gloire ici-bas, * tu as suivi le vénérable Dimitri * et dans son monastère tu vécus ; * de là tu partis pour la cité de Totma où tu habitas l’entre-deux-fleuves ; * par le jeûne, les veilles, le cilice de crin * et les ascétiques chaînes, tu accablas ton corps ; * et Dieu, voyant tes efforts, * au-delà de la mort t’a doué de miracles * pour chasser les démons, rendre aux aveugles la vue * et délivrer de toute peine ou maladie * les fidèles qui s’approchent de toi et s’écrient : * Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, * gloire à celui qui t’a couronné, * gloire à celui qui opère en tous, par tes prières, le salut.

Kondakion, t. 8 : Par la tempérance tu as épuisé ta chair * et comme un ange, par tes incessantes prières, tu t’es élevé jusqu’au ciel, * sous les flots de tes larmes tu as englouti la troupe des démons * et maintenant tu exultes dans la lumière sans soir, près du Christ notre Dieu, * accordant sans cesse la guérison * aux fidèles qui s’approchent de ton sépulcre saint * et te chantent : Réjouis-toi, Père Théodose aux-divines-pensées. 

SYNAXAIRE

St Éphrem le Syrien (+373-379)

St Théodose de Totma (1568) ; St Éphrem de Novotorjok (1053) ; St Éphrem, évêque de Pereslav (vers 1098) ; St Palladius, ermite (IV) ; St Isaac le Syrien, évêque de Ninive (VII) ; St Jean, prêtre (542).

St Éphrem le Syrien
St Pallade l’Anachorète d’Antioche
St Jacques, l’Ascète de Porphyrianos
Ste Charis
St Isaac le Syrien, Évêque de Ninive
St Éphrem l’Eunuque des Grottes de Kiev, Évêque de Pereslav
St Éphrem de Novotorjk
Ste Théodose de Totma
St Jean de Réomé


Samedi 26 janvier 2008
publié dans : ménée
par Père Jean-Pierre

26 JANVIER

De notre vénérable Père Xénophon et de ses fils, les anachorètes Arcadius et Jean (V-VI).

TROPAIRES ET KONDAKIA

Tropaire, t. 4

Dieu de nos Pères, * dont la clémence agit toujours envers nous, n’éloigne pas de nous ta miséricorde, * mais par leurs supplications * gouverne notre vie dans la paix.

Kondakion, t. 4

Ayant aux pauvres distribué * tes richesses avec joie, * Bienheureux, tu veillas * dans les parvis du Seigneur * avec ton épouse et tes enfants ; * c’est pourquoi vous avez reçu * en héritage la jouissance de Dieu. 

SYNAXAIRE

St Xénophon, sa femme Ste Marie, et leurs fils Arcadius et Jean (V-VI)

St Marius, évêque de Trèves (V) ; Ss Ananias, prêtre, Pierre, gardien de prison, et 7 guerriers, martyrs (284-305) ; St Siméon l’ancien (vers 390) ; St Joseph, évêque de Thessalonique (830) ; St Ausile, évêque de Fréjus, martyr (vers 483) ; St Théoffroy, évêque d’Amiens (690), St David IV le Batisseur, roi d’Abkhasie et de toute la Géorgie (1125).

Sts Xénophon, Marie, Arcade et Jean
St Syméon l’Ancien
Sts Ananie, Pierre et leurs 7 compagnons en Phénicie
St Ammonas en Égypte
St Gabriel, Higoumène à Jérusalem
St Clément du Mont Sagmation
St David III le Bâtisseur, roi de Géorgie
Ste Paule de Rome
St Cyrille, Métropolite de Kazan
Ste Matouchka Maria de Gatchina


27 JANVIER

Translation des reliques de notre Père parmi les saints, Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople (438).

TROPAIRES ET KONDAKIA

Tropaire, t. 8

Resplendissante de clarté, * la grâce de ta bouche a brillé sur l’univers, * révélant au monde des trésors où l’avarice n’a point de part * et nous montrant la grandeur de l’humilité. * Père saint dont la parole nous instruit, * Jean Chrysostome, intercède auprès du Verbe, le Christ notre Dieu, * pour le salut de nos âmes.

Kondakion, t. 1

La sainte Église se réjouit en esprit * du transfert de tes reliques, saint Jean ; * les conservant comme un trésor de grand prix, * sans cesse elle accorde à ceux qui te chantent, * par tes prières, la grâce des guérisons, * bienheureux Chrysostome.

Sainte martyre Dévote de Monaco

Tropaire, t. 4 : La brebis à Dieu vouée s’écrie dévotement : * Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, * car toi-même tu les rassasies * chaque jour de tes biens, * Jésus qui es au ciel. * Vers toi je soupire et tu exauces ma prière : * reçois comme colombe mon esprit, * car pour ton nom je suis immolée. * Par son intercession et par ta miséricorde, Seigneur, sauve nos âmes.

Kondakion, t. 8 : Que retentissent * la louage de nos chants * en ton honneur, sainte protectrice, * toi qui n’as pas voulu * sacrifier aux dieux païens, * mais gardas pure ta foi en Christ : * pour le Verbe tu souffris * que ta bouche fût meurtrie : * pour le Crucifié, * sur le bois du chevalet * tu acceptas d’être torturée * et sous forme de colombe rendis ton âme au Seigneur, * pour voler vers ton Époux * et du ciel veiller, * sainte Dévote, sur tes fidèles.

 SYNAXAIRE

Translation des reliques de St Jean Chrysostome (438)

St Julien, premier évêque du Mans (vers 250); St Maur, abbé du monastère du Val Benoît (vers 550) ; St Loup ou Leu, évêque d’Autun (vers 610) ; St Silin, abbé (VI) ; St Dimitrios de Chios, néo-martyr grec (1784).

Transfert des Reliques de St Jean Chrysostome
Ste Marcienne
St Claudien
St Pierre l’Egyptien
St Dimitrios, Néomartyr
St Tite le Soldat des grottes de Kiev


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