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  LITURGIES
PREMIER,DEUXIEME ET TROISIEME DIMANCHE,10H 30(suivie d'agapes)

Vendredi 30 novembre 2007
publié dans : careme et jeune
par Père Jean-Pierre

Le Cycle de la Nativité – prêtre Alexander Schmemann
http://www.schmemann.org/byhim/servicesofchristmas.html
En tant que Chrétiens Orthodoxes, nous commençons la célébration de la Nativité du Christ – le 25 décembre – par un temps de préparation. Quarante jours avant la Fête de la naissance de notre Seigneur, nous entrons dans la période du Jeûne de Noël : pour nous purifier tant l'âme que le corps afin d'entrer convenablement et de participer à la grande réalité spirituelle de la Venue du Christ. Cette période de jeûne ne constitue pas la période liturgiquement intense qui est caractéristique du Grand Carême; au contraire, le Carême de Noël est plutôt de nature "ascétique" que "liturgique". Cependant, la période du jeûne de Noël se reflète dans la vie de l'Église dans un certains nombre de notes liturgiques qui annoncent la Fête à venir.
Au cours des 40 jours de préparation, le thème de la Nativité qui approche est introduit dans les offices et commémorations liturgiques, petit à petit. Si le début du jeûne le 15 novembre n'est pas marqué liturgiquement par le moindre hymne, 5 jours plus tard, la veille de la Fête de l'Entrée de la Mère de Dieu dans le Temple, nous entendons la première annonce des 9 hirmi du Canon de Noël : "Christ est né, glorifiez-Le!"
Avec ces paroles, quelque chose change dans notre vie, dans l'air même que nous respirons, dans toute l'atmosphère de la vie de l'Église. C'est comme si nous percevions, loin, très loin, la première lumière de la plus grande des joies possibles – la venue de Dieu dans Son monde! Dès lors, l'Église annonce la venue du Christ, l'Incarnation de Dieu, Son entrée dans le monde afin de le sauver. Ensuite, durant les 2 dimanches précédant Noël, l'Église commémore les Ancêtres et les Pères: les prophètes et les saints de l'Ancien Testament qui ont préparé cette venue, qui ont amené l'histoire elle-même à être dans l'expectative, dans l'attente pour le salut et la réconciliation de l'humanité avec Dieu. Pour finir, le 20 décembre, l'Église entame l'Avant-Fête de la Nativité, dont la structure liturgique est similaire à la Semaine Sainte qui précède Pâques (Pascha) – car la naissance du Fils de Dieu en tant qu'enfant est le début du ministère salvateur qui va Le mener, pour notre salut, jusqu'à l'ultime sacrifice de la Croix.


Pourquoi jeûner avant la Nativité?
http://www.oca.org/QA.asp?ID=231&SID=3

QUESTION:
Je me demandais pourquoi nous jeûnons avant la Nativité. Les raisons du jeûne du Grand Carême me semblent plus évidentes. De plus, de quelles nourritures devons-nous normalement nous abstenir durant le jeûne de la Nativité?


RÉPONSE:
Nous jeûnons avant la Grande Fête de la Nativité afin de nous préparer pour la célébration de la naissance de Notre Seigneur. Comme dans le cas du Grand Carême, le jeûne de la Nativité est une préparation, durant laquelle nous nous concentrons sur la venue du Sauveur, concentration par le jeûne, la prière et l'aumône.
En jeûnant, nous "déplaçons notre centre d'intérêt" de nous-mêmes vers les autres, passons moins de temps à nous soucier de ce que nous mangerons, de quand nous mangerons, de quelle quantité nous mangerons, et ainsi de suite, et cela afin de voir notre temps s'accroître pour la prière et pour le soin des pauvres. Nous apprenons par le jeûne que nous pouvons prendre le contrôle de choses auxquelles parfois nous laissons latitude de prendre contrôle de nous – et pour nombre de gens, la nourriture est un élément contrôlant. Nous vivons dans
la seule société dans laquelle existe un réseau de télévision entièrement dévoué à la nourriture! Pendant que nous jeûnons de la nourriture, cependant, nous avons aussi à relever le défi de jeûner du péché, des commérages, de la jalousie, de la colère, et de toutes ces autres choses que, bien que nous pourrions souvent les contrôler, bien trop souvent, nous les laissons, elles, nous contrôler.
De même que nous nous abstiendrions de manger beaucoup avant d'aller dîner dans un restaurant de classe – si nous "ruinons notre appétit", nous apprécierons moins le restaurant – de la même manière, nous jeûnons avant la Nativité, afin de fêter plus complètement la Fête et de célébrer la Nativité elle-même.
Durant le Carême de la Nativité, nous sommes appelés à nous abstenir de viande, produits laitiers, poisson, vin et huile d'olive. En même temps, dans ce cadre, nous sommes mis au défi de jeûner du mieux de nos possibilités, et de le faire de manière constante. Si nous sommes amenés à devoir modifier l'étendue de notre jeûne, dans ce cadre-ci, c'est bien entendu possible, mais en tout cas, notre jeûne devrait être régulier et homogène, car le Christ ne voit pas le jeûne comme une option mais comme un "devoir." Dans l'Évangile selon saint Matthieu, le Christ dit "Lorsque vous jeûnez, ne soyez pas comme les hypocrites", Il ne dit pas "SI vous jeûnez" ou "SI VOUS CHOISISSEZ de jeûner".
Pour finir, c'est tout de même étrange que dans notre société – une société dans laquelle des gens dépensent librement et joyeusement des sommes énormes d'argent pour des régimes, nombre desquels prescrivant de s'abstenir de viande et de produits laitiers – malgré cela, le jeûne n'est pas plus largement suivit. Qu'il est étrange que le moindre Régime Montignac ou le moindre gourou du régime ou le moindre médecin nous dit de nous abstenir de manger de la viande ou du fromage ou du beurre, et nous le ferons avec joie – et paierons même cher pour son conseil, alors que lorsque l'Église offre ce même conseil (gratuitement!), nous avons tendance à rechigner, comme si on nous demandait l'impossible.

Dimanche 11 novembre 2007
publié dans : careme et jeune
par Père Jean-Pierre
Catéchèse : l’Avent, un temps pour faire l’expérience de la gratuité et de la générosité
- le statut réel de la richesse : le mauvais riche (5.11) a le cœur incapable de miséricorde et de repentir ; le Samaritain (12.11) montre de l’amour pour le prochain et dépense pour lui (il donne 2 deniers à l’aubergiste et s’engage à le rembourser de ce qu’il aura dépensé). Aujourd’hui, la parabole dénonce l’avarice, l’esprit de possession, qui fait que la personne thésaurise : avoir ! Deux enseignements : la folie (« insensé ») de cette personne qui ne pense pas à la mort ; plus important, l’appel à « s’enrichir en vue de Dieu » - faire provision des biens spirituels, de la grâce divine. Quels sont ces biens ? Saint Paul les nomme dans l’épître de ce jour (donné par erreur dimanche dernier au lieu de Ephésiens 4, 1-7 où il parlait déjà des dons du saint Esprit : paix, unité, dons propres à chaque baptisé) : « les fruits de l’Esprit sont bonté, justice et vérité ». Il traduit « s’enrichir en vue de Dieu » par « se laisser remplir par le saint Esprit » ; et il donne comme méthode la psalmodie et la louange.
Les dons incréés ne doivent pas non plus être « thésaurisés » égoïstement ; ils sont « en vue de Dieu », tournés vers Dieu, rendus à lui puisqu’ils viennent de lui (et l’on « rend grâce » justement). La vie dans l’Esprit et dans ses dons, les charismes innombrables qu’Il communique de la part du Père et que manifeste la vie des saints, est donc circulation eucharistique des biens spirituels. Les biens matériels (créés) comme les spirituels (incréés) nous viennent du Père et constituent une richesse « pour Dieu » : ils sont appelés à obéir à la même loi de générosité. L’aumône fait circuler l’argent ; la louange fait circuler la grâce. Celui qui thésauriserait les biens spirituels (ingratitude, vaine gloire, attribution à soi de ce qui vient de Dieu, « prévarication », « matérialisme spirituel » en quelque sorte, convoitise satanique à l’égard des biens divins…) serait également un « mauvais riche », un avare. Les saints, riches en grâce divine, la dépensent et l’investissent par amour divin en prière et en action. Le carême de Noël consiste à s’appauvrir pour s’enrichir. La pauvreté « dans l’Esprit » est non-possession (matérielle ou spirituelle) : elle est richesse dans l’Esprit (« ils hériteront le Royaume », Matt 5, 3). Saint Jean Chrysostome (13.11), « montrant au monde des trésors où l’avarice n’a point de part », et saint Nicolas, « riche en pauvreté » (tropaires) l’illustrent.
- nos enfants sont maltraités par le matérialisme (convoitise des tout jeunes consommateurs). Comme les aider en ce temps de l’Avent ? La jouissance n’est pas un dû. Le jeûne transforme la nourriture en argent et en aumône. La frustration se mue en générosité. A la maison, on peut avoir, près des icônes, une petite tirelire où l’on placera l’argent des pauvres, pris sur notre plaisir égoïste. A l’église, l’enfant peut apporter des offrandes au Christ et à la Mère de Dieu (argent, pain, huile, vin, encens, cierges, noms des vivants et des défunts) et apprendre ce que veut dire « en vue de » ou « pour Dieu ». Dans la rue, à l’école - dans le monde – il apprendra à faire une offrande au prochain qui est le Christ. Ceci est une thérapeutique pour guérir nous-mêmes et nos petits des maladies spirituelles engendrées par la persécution des richesses et du confort. C’est une ascèse (= exercice) pour acquérir la liberté des enfants de Dieu. C’est une préparation aux temps d’épreuve et de dénuement qui viendront, nous le savons. C’est l’expérience de vivre comme Dieu, d’assimiler le comportement divin, celui des saints qu’aiment nos enfants. Quand nous avons demandé le baptême pour eux, c’était un projet éducatif : les éduquer suivant la richesse de l’Esprit ; les aider à croître dans la liberté et la maturité des enfants de Dieu qu’ils sont – car Dieu est leur Père ; ils ne sont pas à nous ; par le baptême ils sont au Christ et à l’Eglise, citoyens de Royaume. Profitons du temps de l’Avent pour les enrichir des vraies richesses !

(Père Marc-Antoine Costa de Beauregard)
Mardi 6 mars 2007
publié dans : careme et jeune
par Père Jean-Pierre

Dimanche18 mars 2006 : 4è dimanche du Grand Carème

Dimanche de St Jean Climaque

Ton 8 ; Matines : 8è Evangile

Liturgie de St Basile : Hb 6, 13-20 ; Mc 9, 17-31

Saint Jean dont nous commémorons aujourd'hui la mémoire, est appelé "Climaque" à cause du titre de son célèbre ouvrage ascétique : "L'Echelle (en grec, Klimax ) des vertus". Saint Jean Climaque est fêté le 30 mars. C'est seulement vers le 14ème siècle, semble-t-il, qu'on fixa à ce 4ème dimanche du Carême la commémoraison de ce saint ascète, comme modèle de pénitence, et aussi parce que, dans les monastères, on a coutume de lire son ouvrage en temps de Carême.
A l'âge de 16 ans, St Jean Climaque entra au couvent du Sinaï, où il eut pour maître Anastase, le futur Patriarche d'Antioche. Dix-neuf ans après, il entra dans le stade de la vie contemplative, appelé hésychasme. Après 40 ans de cette vie, il devint higoumène de la Sainte Montagne du Sinaï, mais se retira à nouveau quelques années plus tard dans la solitude.
Son traité des vertus comprend 30 chapitres. Partant des vertus pratiques pour arriver aux vertus théoriques ou mystiques, cette étude fait monter l'homme, comme par autant de degrés, jusqu'aux hauteurs célestes (d'où le titre de KLIMAX ou ECHELLE des vertus). Saint Jean Climaque mourut vers 649.

TROPAIRE
Par les flots de tes larmes, tu as fait fleurir le désert aride; par tes profonds gémissements, tu as fait rendre à tes souffrances des fruits au centuple. Tu es devenu par tes miracles un brillant flambeau pour l'univers. Prie le Christ Dieu, ô bienheureux Père Jean, de sauver nos âmes.

Extrait des prières secrètes de la Liturgie des Présanctifiés :

" Fais luire, Seigneur, ton visage sur ceux qui se préparent à la Sainte Illumination et qui désirent secouer la souillure du péché. Eclaire leur esprit. Confirme-les dans la foi. Affermis-les dans (espérance. Perfectionne-les dans la charité. Fais-en des membres précieux de ton Christ, qui s'est donné en rançon pour nos âmes. Car Tu es notre illumination et nous Te rendons gloire, Père, Fils et Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. "

Textes bibliques de la Divine Liturgie : Hébr. 6/13-20 et Marc 9 /17-31.

Jésus est attristé par l'incrédulité de la foule. Il y avait certes le père du possédé qui demandait un miracle, mais c'était à tout hasard, sans être bien assuré du pouvoir dé Jésus. Quant à la foule, amusée, elle se promettait un spectacle peu ordinaire.
Jésus reste impassible devant tant d'indifférence. Il souffre de voir tous ces gens agir de la sorte, mais il veut réveiller dans l'âme du père de l'enfant malade la petite flamme nécessaire pour que le miracle ait un sens véritable, la petite flamme de la foi.Il ne guérit que pour fonder la foi ; il exige d'abord la foi et c'est par elle que le miracle arrive.
"Je crois, Seigneur, viens en aide à mon peu de foi".
Ce récit, nous pouvons facilement le transposer pour nous. Nous pouvons nous demander si nous sommes réellement l'image de ce père ou de la foule avide de spectacle et, au fond, indifférente. Car c'est là qu'est pour nous le fond du problème.
L'Eglise, en effet, nous présente le Christ, homme et Dieu à la fois, tantôt roi de l'univers, tantôt étiré comme un malfaiteur sur la Croix. Elle nous le montre tantôt outragé, battu, insulté, et tantôt glorieux dans sa Résurrection. Elle nous affirme que l'entrée du Royaume nous a été ouverte par le Sauveur Jésus-Christ, en qui s'est réalisée la promesse de Dieu à Abraham. Mais elle nous rappelle aussi que, sans la foi, rien de tout cela n'est possible.
Ainsi l'essentiel pour nous, à travers les témoignages incontestables des Saintes Ecritures, à travers l'attente des prophètes de l'Ancien Testament, à travers le Fiat de la Vierge Marie, à travers les Apôtres et la continuité de l'Eglise, à travers aussi les constatations et les découvertes scientifiques, l'essentiel est la foi, au niveau de notre intelligence, certes, mais aussi au niveau de notre coeur, ce coeur de pierre que Jésus veut changer en coeur de chair. Sans la foi, rien n'est possible; sans la foi, Jésus est le fruit d'une judicieuse machination. Sans la foi, Dieu n'existe pas.

Lundi 5 mars 2007
publié dans : careme et jeune
par Père Jean-Pierre

Dimanche 11 mars 2006 : 3è dimanche du Grand Carême

Dimanche de l'Adoration de la Croix

Ton 7 ; Matines : 7è Evangile

Epître : Hb 4,14 - 5, 6 ; Evangile : Mc 8, 34 - 9, 1

TROPAIRE
Sauve, Seigneur, ton peuple ; bénis ton héritage. Accorde à nos chefs victoire sur les ennemis. Garde par ta Croix ce pays qui est tien.


A la Liturgie, au lieu du Trisaghion, on chante :
Nous adorons, Seigneur, Ta Croix ; nous glorifions Ta Sainte Résurrection (3 fois).

Durant l'année liturgique, notre Eglise fête deux fois la vénération de la Sainte Croix : le 14 septembre, qui rappelle le souvenir de la découverte du Bois sacré par les soins de l'Impératrice Hélène au 4è siècle, et ce 3è dimanche de Carême qui est spécialement consacré au culte de la Croix.
L'origine de l'office d'aujourd'hui est constantinopolitaine. Elle s'étendit plus tardivement dans toutes les Eglises byzantines. Elle rappelait, semble-t-il, le souvenir du transfert d'Empennée (Syrie) à Constantinople d'une relique de la vraie Croix, sans doute sous l'Empereur Justin 1er (518-527) ou Justin 2 (565-578). Le premier témoignage nous vient de l'Empereur Constantin Porphyrogénète (10è siècle). Le premier rituel qui la mentionne ne remonte pas au-delà du 11è siècle.
Le Kondakion final à la Liturgie (Chant avant le Trisaghion):
"Invincible Chef d'année"...
(Ti hypermacho stratigo ... )
Le chant de communion : Fais lever sur nous la lumière de Ta Face, Alleluia.

LE RITUEL DE LA PROCESSION DE LA CROIX
Une croix est déposée sur un grand plateau couvert de fleurs parmi, lesquelles brûlent trois cierges. Avant la procession, on place le plateau sur l'autel. L'officiant encense trois fois l'autel et le plateau, puis il prend le plateau, fait le tour de l'autel de droite à gauche et sort par la porte du Nord précédé des prêtres et des diacres portant des encensoirs, tandis que le chœur chante la grande Doxologie.
La procession fait trois fois le tour de l'Eglise ; arrivé au troisième tour, au milieu du chœur, l'officiant proclame : "Sagesse ! Debout !" (Sophia ! Orthi !), puis il dépose le plateau sur une table en chantant le tropaire. "Sauve, Seigneur, ton peuple" ... (voir plus haut), que le chœur reprend ensuite. Enfin, l'officiant se prosterne devant la vénérable Croix en chantant le verset : "Nous adorons, Seigneur, Ta Croix "...(voir plus haut), que le chœur reprend également.


Puis l'officiant baise la Croix et tout le clergé et les fidèles s'avancent par ordre, après lui, pour vénérer la Croix et recevoir une fleur du plateau.

 

Texte à méditer
tiré du Canon de St André de Crète, chanté durant le Carême

Mon âme, ô mon âme, tu sommeilles, réveille-toi. Car le terme est proche et le trouble qui va te saisir est imminent. Laisse là ta torpeur, afin que Christ Dieu te fasse miséricorde, Lui qui est partout présent et qui remplit toute chose.

Lorsque la Croix se dressa sur le Golgotha, lourde de toute la souffrance de Jésus, toute la création fut soudain plongée dans la terreur. Et si les montagnes et les entrailles de la terre se fendirent et s'ébranlèrent, combien plus l'enfer qui perdait sa proie: l'homme enchaîné par le péché d'Adam et libéré par la passion et la Croix du Christ.
Jésus cloué sur la Croix. Quel homme pourra jamais englober dans son esprit, sa logique, son raisonnement, la folie de l'amour de Dieu qui se donne tout entier pour cette créature qu'il a aimée au point de se vouloir le plus humble?
Cette Croix, ce n'était rien d'autre que deux solides madriers cloués l'un en travers de l'autre. C'était aussi du bois gonflé de sueur et de sang qui montait lentement vers le Golgotha et qui prenait la souffrance du Christ pour en faire de l'espérance, l'espérance de la rémission et du pardon, la déification de l'homme nouveau par la Résurrection. C'est cela la Croix de Jésus dressée sur le Golgotha. Suivre le Christ, c'est partager cette Croix de la Passion du Christ: "Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il prenne sa croix et me suive".
Voici la Croix victorieuse. Le Christ nous la propose. Non plus la croix des suppliciés, tordue et déformée, mais la Croix toute droite de la Résurrection, nouvel axe du monde. La Croix qui terrifie les ennemis de Dieu, qui comble de joie et de paix ceux qui l'aiment. "Si quelqu'un veut... "
Alors rien d'étonnant que la Croix devienne le plus bel ornement de l'Eglise; car le long de son bois s'est écoulé le sang divin, celui de la nouvelle Alliance, répandu pour beaucoup en rémission des péchés. Rien d'étonnant non plus à ce que l'Eglise nous invite à la vénérer comme celle qui a été le point de mire des siècles, la rencontre entre la vérité et la miséricorde, la justice et la Vie éternelle.

Vendredi 2 mars 2007
publié dans : careme et jeune
par Père Jean-Pierre

S. Théodore Studite: Jeûne et impassibilité

 

 
Petites Catéchèses de saint Théodore le Studite – cathéchèse 54
http://www.anastasis.org.uk/ths50-56.htm

cité par :
http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2007/02/on-fasting-dispassion.html

Sermon prononcé au début du Grand Carême

Frères et pères, la saison du Grand Carême, lorsqu'on la compare à l'année entière, peut être comparée à un havre de paix loin de la tempête, dans lequel tous ceux qui viennent s'amarrer jouissent d'un calme spirituel. Car la saison présente n'est pas seulement une saison du Salut pour moines et moniales, mais aussi pour les laïcs, petits et grands, dirigeants et administrés, pour les empereurs et les prêtres, pour chaque race et chaque âge. Que les villes et villages réduisent leur vacarme et leur effervescence, et que viennent à leur place la psalmodie et les hymnes, les prières et les suppliques, par lesquels Dieu est concilié et ainsi guide nos esprits vers la paix et pardonne nos offenses, si, d'un coeur sincère, nous acceptons seulement de nous prosterner devant Lui avec crainte et tremblement et larmes, promettant de nous amender à l'avenir. Que les dirigeants des églises parlent de ce qui est approprié pour les laïcs, comme ceux qui courent dans le stade ont besoin du soutien vocal de leurs amis spectateurs, ainsi les jeûneurs ont besoin de l'encouragement de leurs enseignants.

Mais moi, puisque j'ai été placé à votre tête, honorés frères, je vais aussi vous parler brièvement. Jeûner est un renouvellement de l'âme, car le saint Apôtre disait : Mais lors même que notre homme extérieur se disloque, l'homme intérieur se renouvelle de jour en jour (2 Co 4,16). Et s'il est renouvelé, c'est qu'il est clairement rendu beau selon sa beauté originelle; étant rendu beau en lui-même, il est attiré avec amour à Celui Qui dit "Mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure" (Jean 14,23). Si dès lors telle est la grâce du jeûne, qui nous transforme en demeure pour Dieu, nous devons l'accueillir, frères, avec joie, et pas en se plaignant de la sobriété du régime alimentaire, car nous savons que le Seigneur, bien qu'Il soit à même de nourrir somptueusement, fit un banquet pour des milliers dans le désert rien qu'avec du pain et de l'eau. De plus ce qui est inhabituel, avec l'enthousiasme, cela devient acceptable et sans peine.

Le jeûne ne se définit pas uniquement par la nourriture, mais aussi par l'abstention de tout mal, comme nos saints pères l'ont expliqué. Dès lors, je vous en supplie, abstenons-nous de l'abattement, de la paresse, de l'indolence, de la jalousie, des querelles, de la malice, de la complaisance, de l'autosuffisance; abstenons-nous des désirs destructeurs que le serpent aux multiples formes glisse sous nos pas lorsque nous jeûnons. Écoutons celui qui dit "Le fruit qui m'a attiré était beau à regarder et semblait bon à manger" (Gen. 3,6). Et observons : il dit beau à regarder, pas beau de nature. Car de même que quelqu'un prenant une grenade parée d'une écorce écarlate devait la trouver pourrie à l'intérieur, ainsi le plaisir simule la douceur indicible, mais quand on l'analyse, on le trouve plus amer que la bile, ou plutôt qu'une épée à double tranchant bien acérée qui dévore l'âme qu'elle a capturée.

C'est ce dont notre ancêtre Adam souffrit lorsqu'il fut trompé par le serpent; car lorsqu'il toucha le fruit défendu, il trouva aussitôt la mort plutôt que la vie. C'est de cela aussi qu'ont tous souffert ceux qui jusqu'à maintenant ont été trompés de manière semblable par le dragon. Car de même que celui-là, qui est ténèbre, se transforme en ange de lumière, ainsi sait-il comment transformer du mal en bien, de l'amer en doux, de la ténèbre en lumière, du laid en beau, du mortel en vivifiant; et ainsi le maître de tout mal ne cesse pas d'égarer le monde en chaque occasion. Mais nous au moins, frères, ne nous laissons pas égarer par ses multiples tromperies, ne nous laissons pas subir le sort des oiseaux qui s'approchent avec envie de ce qui ressemble à de la nourriture et tombent dans le piège du chasseur. Regardons plutôt les apparences extérieures que prend le mal comme n'étant que des excréments, et quand en esprit nous aurons regardé le mal dans toute sa nudité, nous le fuirons aussitôt.

De plus, accueillons le temps de la psalmodie, soyons enthousiastes pour l'hymnodie et attentifs pour les lectures, prosternons-nous comme il convient à chaque heure; travaillons de nos propres mains, parce que le travail est bon et parce que celui qui ne travaille pas n'est pas jugé digne de manger. Soutenons-nous mutuellement dans nos charges, car l'un est faible et l'autre est fort, utilisons la nourriture et la boisson et les autres nécessités avec modération, de sorte de ne pas provoquer la jalousie parmi les gens de mal, mais le zèle pour la bonté. En tout, soyez bons les uns pour les autres, pleins de compassion, raisonnables, obéissants, pleins de miséricorde et de bons fruits, et la paix de Dieu qui surpasse tout entendement viendra garder vos coeurs et vos pensées.

Puissiez-vous être trouvés dignes d'atteindre sans condamnation le jour suprême de la Résurrection, et dans le siècle à venir lors de la résurrection des morts, d'obtenir le Royaume des Cieux en Jésus-Christ notre Seigneur, à Qui soit la gloire et la puissance, avec le Père et le Saint Esprit, dans les siècles des siècles.
Amen.

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