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  LITURGIES
PREMIER,DEUXIEME ET TROISIEME DIMANCHE,10H 30(suivie d'agapes)

Mardi 6 mai 2008
publié dans : Méditations
par Père Jean-Pierre
Mai 2008 

http://i48.servimg.com/u/f48/11/68/10/56/th/st_sym11.jpg

Nous nous éveillons dans le Corps du Christ

Nous nous éveillons dans le Corps du Christ,
Comme Christ éveille nos corps, 
Et ma pauvre main est Christ, 
Il entre en mon pied,
Et Il est infiniment moi.

Je bouge ma main, et merveilleusement
Ma main devient Christ,
Devient Lui tout entier
( Car Dieu est indivisiblement  entier,
Sans lisière à Sa Divinité!).

Je bouge mon pied, et aussitôt,
Il apparaît comme la flamme d'un éclair:
Mes paroles sont-elles blasphèmes?
Alors ouvre-Lui ton cœur

Et laisse-Toi recevoir l'Un
Qui s'ouvre à toi si profondément.
Car si nous l'aimons véritablement,
Nous nous éveillons dans le Corps du Christ

Où tout notre corps, partout
Dans toute partie cachée
Est réalisé en joie comme Lui,
Et Il nous rend complètement réel,

Symeon the New Theologian, Symeon the New Theologian poetry, Christian, Christian poetry, Eastern Orthodox poetry, [TRADITION SUB2] poetry, poetry
Et tout ce qui est blessé
Tout ce qui nous semble sombre, discordant,
Mutilé, laid, irréparablement abîmé,
Est en Lui transformé

Et reconnu comme sain, aimable,
Et radieux dans Sa lumière.
Il s'éveille comme le Bien-aimé
Dans la moindre parcelle de notre corps.

Saint Syméon le Nouveau Théologien
Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après la version du site ...




Mardi 19 février 2008
publié dans : Méditations
par Père Jean-Pierre

SI LE SEL...

Jésus dit à ses disciples : Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel vient à s'affadir, avec quoi le salera-t-on ? Il n'est plus bon à rien, qu'à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens. (Evangile selon saint Matthieu 5, 13.)

« Vous êtes le sel de la terre », venons-nous de lire dans qu'est-ce à dire ?
Comme vous le savez, dans la tradition orthodoxe, l'homme est la « Gloire » de Dieu, c'est-à-dire qu'il manifeste Dieu dans le monde : il rend Dieu présent dans le monde. L'homme est pour l’univers entier l'espoir de recevoir la vie de Dieu et sa grâce et donc de s'unir à son Créateur. L'homme pourra alors dire le sens de la Création et parfaire sa beauté. C'est cela être « le sel de la terre ».
Ce sera aussi, bien sûr, l'espoir de transformer cette Création, de la transfigurer en lui permettant de vivre et de découvrir ce qu’elle a de plus caché et de plus palpitant en elle : Dieu présent et désirant s'unir à l'homme et au monde.
Mais l’homme, c'est aussi le risque de la déchéance et de l’échec, dès lors qu'il ne verra plus des choses que leur apparence, « la figure qui ne fait que passer ».
Saint Syméon le Nouveau Théologien nous décrit d'une manière poétique la catastrophe qu'est pour le monde entier l'homme quand il ne s'attache qu'aux images et à son plaisir. C'est alors la chute de l'univers. « Toutes créatures, lorsqu'elles virent qu'Adam était chassé du Paradis, ne consentirent plus à lui rester soumises ; ni le soleil, ni la lune, ni les étoiles ne voulurent le reconnaître ; les sources refusèrent de faire jaillir l'eau, et les rivières de continuer leur cours ; l'air ne voulait plus palpiter pour ne pas donner à respirer à Adam pécheur ; les bêtes féroces et tous les animaux de la terre, lorsqu'ils le virent déchu de sa gloire première, se mirent à le mépriser et tous étaient prêts à l'assaillir ; le ciel s'efforçait de s'effondrer sur sa tête et la terre ne voulait plus le porter. »
Ainsi donc, après avoir détruit l'unité qu'il était appelé à réaliser entre Dieu et le monde, l'homme se met souvent hors de Dieu, voire contre Lui. Tragique est la conséquence : le monde lui devient étrange et hostile. Mais cette étrangeté et cette hostilité, c'est en fait l'homme lui-même, jeté hors de lui-même, littéralement pulvérisé hors de la Création.
La suite, nous la connaissons : « Poussière, tu retourneras à la poussière », est-il affirmé dans le livre de la Genèse (3, 19).
« Mais Dieu, poursuit saint Syméon, qui avait créé toutes choses et l'homme lui-même, que fit-il ? Il contint toutes ces créatures par sa propre force et, par son ordre et sa clémence sacrée, ne les laissa pas se déchaîner contre l'homme, mais ordonna que la Création restât sous sa dépendance et, devenant périssable, servît l'homme périssable pour lequel elle était créée et cela jusqu'à ce que l'homme renouvelé redevienne spirituel, incorruptible et éternel, et que toutes les créatures, soumises par Dieu à l'homme dans son labeur, se libèrent aussi, se renouvellent avec Lui et, comme Lui, deviennent incorruptibles et spirituelles. »
Ainsi, avec chaque création et chaque chute, le destin du monde et de chaque homme s'avance vers la Croix, la Résurrection, l'Ascension et... la Pentecôte.
Oui, je l'affirme, le fait que Dieu se soit fait homme est, pour notre existence, un événement unique, c'est l'événement capital, car l'homme devient ou redevient le centre de la Création. Voilà, pour moi, le sens de la vie, voilà pour moi, l'espoir : nous sommes dès maintenant des transfigurés, Dieu est présent chez nous, c'est pourquoi, nous qui le savons sommes « le sel de la terre ». Nous sommes tous des fils de Dieu !
« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur ? »
L'histoire en Christ est sans doute achevée maintenant. Mais notre histoire humaine continue. Quelle est-elle, cette histoire ? Elle est l'accomplissement et la réalisation de la grâce et de la promesse de Dieu. Ainsi, s'ouvre à nous le temps de la plénitude avec l'Ascension de Jésus, notre nature est introduite au sein même de la Trinité ; avec la Pentecôte, chaque personne humaine peut librement prendre ou s'offrir : la force divine se donne à chacun. Notre histoire, histoire de lumière et d'action de l'Esprit Saint devient à son tour celle du feu que le Ressuscité a jeté sur la terre et qui ne cesse d'embraser les âmes.
« Seigneur, s'écrie avec une douloureuse joie l'un de nos plus grands maîtres de spiritualité, pourquoi es-tu venu vers ma pauvreté, toi qui habites la lumière inaccessible, ô mon Dieu ? »
Vous le voyez, l'idée que les chrétiens sont le « sel de la terre » revêt à l'évidence une dimension cosmique qui empêche la Création de pourrir - grâce à cette saveur évangélique, à ce point de sainteté qui transforment toute chose en offrande. Notre responsabilité réside donc bien dans ce fait de la Transfiguration qui a pour conséquence la divinisation du monde et pour but suprême la glorification de Dieu. La question clé est ici, non pas de savoir si le christianisme survivra à la crise qu'il traverse en ce moment, mais de se demander si l'humanité saura survivre au christianisme s'il venait à disparaître !

« Vous êtes le sel de la terre ; mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? »
Seigneur, notre Dieu, qui dans Ta sagesse indicible as créé l'homme avec de l'argile et en as fait un être magnifique et divin, en le façonnant à Ton image et à Ta ressemblance, accueille en cet instant avec bienveillance notre supplication :
- donne-nous, à nous tous qui portons le nom de Jésus dans le cœur, de participer pleinement à la vie de l'univers ainsi qu'à l'œuvre commune de toute l'humanité ;
- permets que dans la science, la technique, l'art, la politique, nous ne soyons pas coupables de cette mauvaise autonomie qui détourne les êtres les uns des autres et de leur désir de communiquer ;
- accorde que partout où nous sommes partie prenante, le rapport de l'homme avec l'homme se transforme en rapport de communion et le rapport de l'homme et de la terre en découverte de Ta présence, certitude de Ta transcendance ;
- apprends-nous la vraie prière, car elle seule soutient et justifie notre travail manuel et scientifique ; elle seule inspire tout développement authentique ; elle seule protège du chaos et de la décomposition la qualité de toute vie humaine et de son environnement naturel ;
- aide-nous enfin à comprendre que notre problème ultime n'est pas, malgré sa gravité et son urgence, un « problème de société », comme on dit, ni un problème de richesse ou de pauvreté ou de santé, d'alimentation ou de justice à l'échelle planétaire ; mais que notre problème ultime c'est celui « de la vie et de la mort » qui ouvre à tous les portes de la vie avec Toi.

Oui, Seigneur bon et Ami des hommes,
Sauve et bénis Ton peuple,
Par les prières de Ta Mère toute pure et toute sainte, Notre Dame la Vierge Marie,
Par la puissance de Ta vénérable et vivifiante Croix,
Et par l'intercession de tous les martyrs et de tous les saints qui sont devenus Tes « lieux » afin de contenir l'œuvre de Tes mains et de la recentrer dans le dynamisme de Ton Amour et de Ta Gloire infinis pour que nous devenions « le sel de la terre ».
Et les miséricordes de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ seront avec nous tous.
Amen

Mgr Stephanos
« Une saison en orthodoxie » (P59 à 63) 1992 Ed Cerf Paris

 

Samedi 9 février 2008
publié dans : Méditations
par Père Jean-Pierre

JEUNE, PRIERE ET AMOUR

La période du Carême des 40 jours, peut être comprise comme un temps unique, exclusif, un temps de préparation à la Pâque annuelle du printemps, et par cela, à la Pâque éternelle du «passage» (c'est le sens littéral du mot hébreu Pesah-Pâque), de la vie corruptible à la vie éternelle, des pénombres à la lumière, de l'exil dans une terre lointaine, celle du péché, à la vision dans le face à face du Royaume. Le programme du Carême qui résume et récapitule l'ascèse permanente de toute vie chrétienne consciente et responsable, c'est la réponse aux trois tentations qu'a subies le Christ au désert, au terme des 40 jours où il ne mangea pas et où il eut faim (Mt 4, 3).

Tentation du pain
C'est-à-dire des nourritures terrestres qui donnent à l'homme l'illusion de pouvoir vivre de lui-même, refoulant au fond de lui l'angoisse de la mort et la crainte de l'au-delà. Choisir d'avoir faim, de jeûner, c'est aussi choisir de se rendre disponible pour une autre nourriture : la parole et le pain de vie de Dieu dont tout homme a besoin poui subsister.

Tentation du miracle
C'est à dire une puissance illimitée sur les êtres, les contraignant à adorer Dieu, à lui obéir, en les subjugant plutôt qu'en agissant envers eux par le miracle de l'Esprit, celui de l'amour de la conversion du coeur. Cette conversion intérieure exige le renoncement à soi-même, le refus d'être servi. Le «Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi mais pour servir» (Mc 10, 45). Tel est le véritable amour qui doit tendre à imprégner toutes nos relations, nos attitudes humaines les plus quotidiennes.

Tentation du pouvoir...
Sur les royaumes de ce monde, à la seule condition d'adorer Satan.
«Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et c'est Lui seul que tu serviras».
Cette adoration de Dieu le Père dans le Christ par l'Esprit-Saint tend à devenir la dominante la plus intérieure et la plus constante de notre vie, la priorité la plus absolue de toute existence humaine dans la foi. Prière humble et discrète, comme les gestes quotidiens d'amour, mais réalité qui envahit tellement notre coeur que celui-ci en demeure blessé à jamais. La véritable prière n'est pas seulement langage et dialogue avec Dieu, mais elle tend à être en nous prière de l'Esprit-Saint qui vit en nous et qui se confond avec notre existence et notre souffle le plus personnel et le plus profond.
Que l'«assaisonnement» de ce triple programme de Carême soit la discrétion, la non ostentation, la joie sur le visage, le non jugement des faibles, la non envie des forts, le sentiment aussi que le Seigneur Jésus est venu sauver les pêcheurs dont je suis le premier («Laisse-moi voir mes propres pêchés et ne pas juger mon frère» ). Le fruit du jeûne et sa force sera la prière, le signe de la venue en nous de l'esprit de l'amour sera l'amour, l'amour de nos proches, chacun de ceux pour qui le Christ est mort.

Père Boris BOBRINSKOY
Professeur à l'Institut de Théologie Orthodoxe Saint Serge à Paris

Un frère demanda à abba Poemen : " Que dois-je faire pour mes péchés ? " L’ancien lui dit : " Qui veut racheter ses péchés, les rachète par les pleurs, et qui veut acquérir les vertus, les acquiert par les pleurs. "

 

LE CAREME, VOYAGE VERS PAQUES

Lorsqu'un homme part en voyage, il doit savoir où il va. Ainsi en est-il du Carême. Avant tout, le Carême est un voyage spirituel et sa destination est Pâques, la «Fête des fêtes». C'est la préparation à «l'accomplissement de La Pâque figurative, la vraie révélation». Nous devons donc commencer par essayer de comprendre cette relation entre le Carême et Pâques, car elle révèle quelque chose de très essentiel, de crucial, quant à notre foi et notre vie chrétienne. (...)
Pâques est notre retour annuel à notre propre baptême, tandis que le Carême est notre préparation à ce retour, l'effort lent et soutenu pour, finalement, accomplir notre propre «passage» ou «pâque» dans la nouvelle vie en Christ. (...)
Un voyage. Un pélerinage. Et déjà, en l'entreprenant, dès le premier pas dans la «radieuse tristesse» du Carême, nous apercevons au loin, bien loin, la destination : la joie de Pâques, qui rend radieuse la tristesse du Carême et qui de notre effort du Carême un «printemps spirituel». La nuit peut être sombre et longue ; mais, tout au long du chemin, une aube mystérieuse et lumineuse pointe à l'horizon. «Ne dèçois pas notre attente, ô ami de l'homme !».

Alexandre SCHMEMANN
Extrait du livre : Le Grand Careme. (Série : Spiritualité Orientale, n° 13,éd. Abbaye de Bellefontaine, 1974. pp, 9, 14-15)

Vendredi 1 février 2008
publié dans : Méditations
par Père Jean-Pierre

MÉDITATION SUR LA FÊTE
AVEC LE PÈRE LEV GILLET

 

Aux vêpres de la fête, le soir du 1er février, on lit trois leçons de l’Ancien Testament. La première (Ex 13, 1-16) formule les préceptes relatifs à la circoncision et à la purification, mis dans la bouche de Dieu parlant à Moïse. La deuxième (Is 6, 1-12) décrit la vision des séraphins aux six ailes par Isaïe et la manière dont un des séraphins, avec un chardon ardent, purifia les lèvres du prophète ; ce passage a vraisemblablement été choisi à cause de quelques paroles qui pourraient symboliquement préfigurer la venue du Christ dans le Temple : " Les gonds du seuil vibraient… et le Temple se remplissait de fumée… et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur des Armées ". La troisième leçon (fragments du chapitre 19 d’Isaïe) ne se comprend bien que si on lit le chapitre tout entier : on voit alors que la venue du Seigneur en Égypte, la destruction des idoles égyptiennes en sa présence, et son adoration pas les Égyptiens peuvent s’appliquer à la révélation que le Christ a faite de lui-même aux païens, (" lumière pour éclairer les nations ", comme dit le cantique de Siméon.) L’évangile lu à matines (Lc 2, 25-32) est un abrégé de celui qui est lu à la liturgie (Lc 2, 22-40) et qui relate la présentation de Jésus au Temple. L’épître de la liturgie (He 7, 7-17), parle de Melchisedek rencontrant Abraham ; déjà Lévi a payé la dîme à Melchisedek " en la personne d’Abraham… car il était dans les reins de son aïeul… " ; le sacerdoce aaronique rendait ainsi hommage au sacerdoce éternel ; de même, pouvons-nous inférer de ce texte, que le Temple de Jérusalem, en la personne de Siméon qui accueille et bénit Jésus, rend hommage au sacerdoce du Christ. On sait que le cantique de Siméon, " Laisse maintenant, Seigneur, ton serviteur s’en aller en paix ", est devenu un élément de l’office divin quotidien, à Rome comme à Byzance. La phrase de Siméon [2] à Marie, " un glaive te transpercera l’âme… ", jette un rayon de lumière sur le mystère de la participation de la Très Sainte Vierge à la Passion de son Fils.

" Allons, nous aussi… à la rencontre du Christ et accueillons-le, ornez votre chambre… et recevez le Christ Roi… Et accueillez Marie la porte du ciel ". Ces chants de la fête de la Présentation s’appliquent aussi à notre âme. Chaque âme devrait être un Temple de Dieu, où Marie apporte Jésus. Et chacun de nous, comme Siméon, devrait prendre l’enfant dans ses bras et dire au Père : " Mes yeux ont vu ton salut. La prière de Siméon, " laisse ton serviteur s’en aller en paix ", ne signifie pas seulement que celui qui a vu Jésus et l’a tenu dans ses bras peut maintenant quitter cette vie, mourir en paix. Elle signifie encore pour nous que, ayant vu et touché le Sauveur, nous sommes délivrés de la servitude du péché et nous pouvons nous éloigner en paix du royaume du mal.

NOTES

[1] Cette fête existait à Jérusalem dès la première moitié du Ive siècle. L'empereur Justinien 1er l'introduisait en 542 dans tout l'empire byzantin. Nous la trouvons célébrée à Rome au VIIe siècle. En Orient, la Présentation (ou, selon le terme grec, la " rencontre ") est considérée comme une des fêtes de notre Seigneur. En Occident, c'est plutôt une fête de la sainte Vierge ; on la nomme généralement " Purification de la bienheureuse Vierge Marie ". L'usage latin de bénir des cierges le 2 février date du XIe siècle.

[2] Nous ne savons pas qui était Siméon, pas plus que nous ne savons qui était Anne. Il est possible que Siméon ait été un fils du célèbre rabbin Hillel et le père du pharisien Gamaliel que mentionne, plutôt avec sympathie, le livres des Actes (5, 34). Certains textes rabbiniques pourraient être interprétés dans ce sens. Il est aussi possible que Siméon ait eu deux fils, Gharinus et Leucius, dont parle l'évangile apocryphe de Nicodème. Mais nous n'avons pas l'ombre de certitude historique à ce sujet.

Extrait du livre L'An de grâce du Seigneursigné "Un moine de l'Église d'Orient",
Éditions AN-NOUR (Liban) ;
Éditions du Cerf, 1988.
,

ligne-jn3.jpg (1769 octets)

D’après la loi de Moïse (Lv 12, 2-8), la mère d’un enfant mâle devait, quarante jours après la naissance, présenter l’enfant devant le tabernacle et offrir en holocauste, comme purification " de son flux de sang ", soit un agneau soit une paire de colombes ou de pigeons. La présentation d’un enfant premier-né avait aussi le sens d’un rachat, car tout premier-né, aussi bien animal qu’humain, était considéré comme appartenant à Dieu (Nb 18, 14-18). Marie et Joseph obéirent à ce précepte de la loi. Ils apportèrent au Temple Jésus qui fut béni par le vieillard Siméon et reconnu comme sauveur par la prophétesse Anne. C’est cet événement que nous célébrons dans la fête du 2 février [1].
Jeudi 24 janvier 2008
publié dans : Méditations
par Père Jean-Pierre

MÉDITATION SUR LA FÊTE
AVEC LE PÈRE LEV GILLET

 

Aux vêpres de la fête, le soir du 1er février, on lit trois leçons de l’Ancien Testament. La première (Ex 13, 1-16) formule les préceptes relatifs à la circoncision et à la purification, mis dans la bouche de Dieu parlant à Moïse. La deuxième (Is 6, 1-12) décrit la vision des séraphins aux six ailes par Isaïe et la manière dont un des séraphins, avec un chardon ardent, purifia les lèvres du prophète ; ce passage a vraisemblablement été choisi à cause de quelques paroles qui pourraient symboliquement préfigurer la venue du Christ dans le Temple : " Les gonds du seuil vibraient… et le Temple se remplissait de fumée… et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur des Armées ". La troisième leçon (fragments du chapitre 19 d’Isaïe) ne se comprend bien que si on lit le chapitre tout entier : on voit alors que la venue du Seigneur en Égypte, la destruction des idoles égyptiennes en sa présence, et son adoration pas les Égyptiens peuvent s’appliquer à la révélation que le Christ a faite de lui-même aux païens, (" lumière pour éclairer les nations ", comme dit le cantique de Siméon.) L’évangile lu à matines (Lc 2, 25-32) est un abrégé de celui qui est lu à la liturgie (Lc 2, 22-40) et qui relate la présentation de Jésus au Temple. L’épître de la liturgie (He 7, 7-17), parle de Melchisedek rencontrant Abraham ; déjà Lévi a payé la dîme à Melchisedek " en la personne d’Abraham… car il était dans les reins de son aïeul… " ; le sacerdoce aaronique rendait ainsi hommage au sacerdoce éternel ; de même, pouvons-nous inférer de ce texte, que le Temple de Jérusalem, en la personne de Siméon qui accueille et bénit Jésus, rend hommage au sacerdoce du Christ. On sait que le cantique de Siméon, " Laisse maintenant, Seigneur, ton serviteur s’en aller en paix ", est devenu un élément de l’office divin quotidien, à Rome comme à Byzance. La phrase de Siméon [2] à Marie, " un glaive te transpercera l’âme… ", jette un rayon de lumière sur le mystère de la participation de la Très Sainte Vierge à la Passion de son Fils.

" Allons, nous aussi… à la rencontre du Christ et accueillons-le, ornez votre chambre… et recevez le Christ Roi… Et accueillez Marie la porte du ciel ". Ces chants de la fête de la Présentation s’appliquent aussi à notre âme. Chaque âme devrait être un Temple de Dieu, où Marie apporte Jésus. Et chacun de nous, comme Siméon, devrait prendre l’enfant dans ses bras et dire au Père : " Mes yeux ont vu ton salut. La prière de Siméon, " laisse ton serviteur s’en aller en paix ", ne signifie pas seulement que celui qui a vu Jésus et l’a tenu dans ses bras peut maintenant quitter cette vie, mourir en paix. Elle signifie encore pour nous que, ayant vu et touché le Sauveur, nous sommes délivrés de la servitude du péché et nous pouvons nous éloigner en paix du royaume du mal.

NOTES

[1] Cette fête existait à Jérusalem dès la première moitié du Ive siècle. L'empereur Justinien 1er l'introduisait en 542 dans tout l'empire byzantin. Nous la trouvons célébrée à Rome au VIIe siècle. En Orient, la Présentation (ou, selon le terme grec, la " rencontre ") est considérée comme une des fêtes de notre Seigneur. En Occident, c'est plutôt une fête de la sainte Vierge ; on la nomme généralement " Purification de la bienheureuse Vierge Marie ". L'usage latin de bénir des cierges le 2 février date du XIe siècle.

[2] Nous ne savons pas qui était Siméon, pas plus que nous ne savons qui était Anne. Il est possible que Siméon ait été un fils du célèbre rabbin Hillel et le père du pharisien Gamaliel que mentionne, plutôt avec sympathie, le livres des Actes (5, 34). Certains textes rabbiniques pourraient être interprétés dans ce sens. Il est aussi possible que Siméon ait eu deux fils, Gharinus et Leucius, dont parle l'évangile apocryphe de Nicodème. Mais nous n'avons pas l'ombre de certitude historique à ce sujet.

Extrait du livre L'An de grâce du Seigneursigné "Un moine de l'Église d'Orient",
Éditions AN-NOUR (Liban) ;
Éditions du Cerf, 1988.
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D’après la loi de Moïse (Lv 12, 2-8), la mère d’un enfant mâle devait, quarante jours après la naissance, présenter l’enfant devant le tabernacle et offrir en holocauste, comme purification " de son flux de sang ", soit un agneau soit une paire de colombes ou de pigeons. La présentation d’un enfant premier-né avait aussi le sens d’un rachat, car tout premier-né, aussi bien animal qu’humain, était considéré comme appartenant à Dieu (Nb 18, 14-18). Marie et Joseph obéirent à ce précepte de la loi. Ils apportèrent au Temple Jésus qui fut béni par le vieillard Siméon et reconnu comme sauveur par la prophétesse Anne. C’est cet événement que nous célébrons dans la fête du 2 février [1].

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