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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /2009 13:25
- Publié dans : Enseignement
Par Père Jean-Pierre

 

Atelier chefs de chœur, p Michel Fortounatto

 

22 octobre 2007

 

1re conférence : La voix du choriste et l’intonation des intervalles

 

La voix du choriste doit être formée pour chanter; qu’est-ce que le chef de chœur attend d’un nouveau membre? La chorale peut-elle s’occuper de la voix ? Montrer des moyens simples comment exercer l’ouïe, la respiration, l’attention. La gamme naturelle, la rigueur d’intonation, la gestion du demi-ton et des autres intervalles. Comment ne pas détonner ?

 

En guise d’introduction, je pose la question de savoir – en quoi consiste la musique de l’Église, et quelle en est l’autorité ? Il n’existe pas de dogmes qui auraient officialisé des mélodies ou des pièces particulières. Mais il y a une tradition qui veut que tous ce qui se chante ait une approbation apparente de l’ensemble d’une Église locale, à l’échelle d’un pays, d’un monastère, d’une cathédrale. Dans son livre sur l’histoire de la musique liturgique en Russie, le professeur Gardner donne une définition pertinente. Voici ce qu’il dit. Il désigne les cinq volumes du chant à l’unisson, édités en note carrée, dont l’autorité ecclésiale a sanctionné la publication depuis 1772, comme étant l’ensemble musical officiel, canonique de l’Église russe. Ces cinq volumes se répartissent dans les cycles liturgiques: journalier, hebdomadaire, pascal, festif, et l’ensemble des hirmi de tous les canons de l’année. Ce qui les caractérise en particulier, c’est leur appartenance au système des huit tons que l’Église a consacré pour l’ordre de son chant liturgique.

 

Notons aussi l’existence de nombreuse traditions locales (régions, monastères, cathédra-les) qui ont leur propres chants, leurs variantes du Chant commun, et les utilisent avec la bénédiction de leurs chefs respectifs.

 

Après cela, il existe dans la liturgie courante un domaine contradictoire, appelé le chant ‘’usuel’’ (‘’Obikhod’’) très répandu. D’un côté ce groupe représente toutes les catégories  liturgiques requises, ce qui le rend complet, et donc apte à être considéré comme Chant officiel. D’un autre côté, c’est une collection hétéroclite de mélodies, souvent abrégées, de provenance disparate et souvent même inconnue, qui le prive de la cohérence, propre aux Chants historiques. Son aspect abrégé le prive aussi sérieusement de substance musicale, et l’oblige à se reposer sur un support harmonique artificiel consacré. Au XIXe siècle, cette collection a fait son chemin jusqu’à la Cour Impériale, où elle a été adoptée comme le chant liturgique officiel, systématiquement harmonisée, publiée et distribuée dans toute la Russie. Le ‘’Chant de la Cour’’ n’a jamais été sanctionné par le Saint Synode, et pour cette raison, le professeur Gardner le considère judicieusement ‘’semi-officiel’’, ou ‘’semi-canonique’’ (‘’полу-устав’’).

 

En outre, il existe un monde de compositions originales, étrangères au Chant, certaines splendides, d’autres, plus nombreuses, médiocres, que personne n’a jamais sanctionné.

Aucune ne peut être considérée comme canonique, ou semi-canonique, et doit être passée par le filtre de la critique spirituelle du peuple et de la hiérarchie, avant de pouvoir être chantée pendant la liturgie.

 

 

 

Dans le cours que je commence aujourd’hui, j’examinerai le travail du chef de chœur dans l’ambiance générale du ‘’Chant d’Église’’, qui comprend aussi le répertoire harmonisé de cette tradition, basé sur le Chant. Le Chant est le support musical des textes qui forment l’ensemble de la prière communautaire byzantine. Je rappelle que celle-ci, du point de vue des formes, consiste, grosso modo, de trois genres de textes de base :

les psaumes, qui en forment l’ossature appropriée à chaque office,

les prières, qui en forment les moments saillants, journaliers (‘’Daigne, Seigneur’’) et saisonniers (‘’Nous avons vu la résurrection du Christ’’), ainsi que les litanies (‘’Kyrie eleison’’) ; ajoutons ici le texte de la liturgie eucharistique,

et un grand nombre d’hymnes, stichères, tropaires, canons, etc.

Tous ces textes reposent sur un support musical – ‘’le Chant’’ et ses harmonisations.

 

Dans cette discussion, je prends comme modèle de chorale – le petit ensemble qui prévaut dans nos paroisses, dans lequel le chef de chœur peut aisément entendre, à tout moment, toutes les voix présentes, et aider le choriste éventuellement défaillant dans son port de voix. Dans la majorité des cas, les chanteurs sont loin d’être professionnels et nécessitent un apprentissage qu’ils n’ont pas eu auparavant. Le chef de chœur lui ou elle-même est souvent quelqu’un qui est sorti du rang, ayant un degré de musicalité qu’il est appelé d’assumer, bon gré mal gré, et de le développer par un apprentissage adapté. Le cours qui commence va tenter de poser les principaux jalons de ce parcours. 

 

Le chef de chœur sera à l’écoute des voix en présence, et discernera le type particulier d’oreille que possèdent ses chanteurs. Voici d’abord, deux cas d’oreille harmonique, puis deux cas d’oreille mélodique. Ces quatre cas ne sont pas ‘’étanches’’, et peuvent normalement se chevaucher.

Il y a le cas rare de gens qui sont dotés d’une oreille absolue. C’est une ouïe très précise, fondée sur une mémoire musicale sans défaut, où son porteur identifie les sons et les nomme sans l’aide d’un diapason ou de tel autre instrument de musique. Cette capacité merveilleuse peut jouer des tours à son détenteur quand, devant une partition écrite où il en identifie exactement la tonalité, on demande au chanteur de chanter dans une tonalité différente. Comme il ne peut pas se détacher de la tonalité première, donnée dans la partition, ce chanteur doit se forcer à transposer.

Il y a des gens particulièrement doués, qui entrent dans la conscience harmonique d’une pièce à plusieurs voix, et sont capables, non seulement d’entendre la position des autres voix, relative à la leur, mais aussi de les reproduire par la suite. Les chanteurs doués d’une oreille harmonique sont prisées dans les petites chorales de paroisse.

Il y a ceux, quelque peu plus nombreux, qui, en chantant, gardent la mémoire de la note initiale, quelle qu’elle soit, d’où une mélodie a débuté, et gardent en mémoire cette hauteur de son tout au long de l’exercice. Ils ont une oreille fidèle, appréciée dans le domaine oral de notre tradition.

Les cas les plus nombreux sont ceux où le chanteur reste conscient de la dernière note chantée, et se concentre sur l’intervalle qui suit. Un tel chanteur procède de chaînon en chaînon que sont les notes d’une mélodie. Il a une oreille relative et a besoin d’un entraînement constant dans l’articulation des intervalles pour chanter juste.

 

Les deux notions d’oreille harmonique et d’oreille mélodique sont à retenir, car elles seront centrales dans la discussion sur la sonorité dans une chorale.

 

La première tâche du chef de chœur, devenant éventuellement permanente, c’est de vérifier, et si nécessaire corriger, l’intonation des choristes dans ce qu’on appelle ‘’la gamme’’. Les débutants, en effet, n’ont pas toujours une notion nette de la note juste, ni de la sonorité relative des demi-tons par rapport à la sonorité des tons entiers de la gamme. Ceci est souvent du à une défaillance physiologique de l’ouïe chez le débutant de ne pas entendre ce qu’il chante, ou – à l’inverse - à une rupture entre l’oreille et la voix quand la voix n’écoute pas l’oreille.

 

A cela s’attache un problème capital de fond, à savoir: quelle gamme ? Et cela parce qu’il y a une différence de principe, pour ne pas dire – une opposition, entre la gamme tempérée et la gamme naturelle. La majeure partie de cette causerie sera dédiée à la description de la gamme naturelle, utilisée dans le chant non-accompagné, et de son articulation dans la chorale. Passons à l’analyse de ces deux gammes.

 

La gamme tempérée, que nous connaissons, est celle des instruments de musique où les touches sont pré-établies et fixes: clavecin, orgue, piano, mais aussi des bois, des cuivres, des tambours, etc. C’est la gamme où les douze demi-tons sont égaux. L’avantage de cette gamme c’est qu’elle se prête à toute tonalité voulue par le compositeur et à toute transposition de tonalité dans les instruments à touches fixes. C’est, en fait, une gamme universelle. Elle est caractérisée aussi par l’enharmonisme, dans lequel, comme on sait, le do dièse et le ré bémol, le mi dièse et le fa, etc., se confondent respectivement. L’un des monuments musicaux les plus connus, qui a fait époque, et qui porte dans son titre le caractère (bien) tempéré de sa structure, est le ‘’Clavecin bien tempéré’’ de J-S Bach. C’est sans aucun esprit critique que je contraste les deux gammes, mais c’est pour cerner au mieux le milieu dans lequel le Chant que nous pratiquons fut conçu et a évolué.

 

Le ‘’tempérament’’ est l’approximation acoustique qui permet de transposer. Ceci fut rendu possible grâce à la création des douze demi-tons égaux, que, à l’aube de l’époque moderne, les théoriciens de la gamme ont apporté à la gamme naturelle, courante à l’époque précédente du Moyen-Age. Ce fut une véritable révolution acoustique. La gamme tempérée est juste, bien sûr, mais juste approximativement.

 

En revanche, les instruments sans clavier, les cordes par exemple, et les cordes vocales en particulier, ne sont pas soumis au tempérament: ils peuvent naviguer à l’intérieur du ton et dans les limites de celui-ci et résonner juste. En effet, chaque ton, ou degré, de la gamme n’est pas un point sonore, mais une zone sonore reconnaissable, quoique infime, avec ses limites précises, au-delà desquelles le ton donné cesse d’être lui-même. Représentez-vous une colonie d’oiseaux ayant façonné chacun leurs nids sur une très longue branche d’arbre. Chaque famille a produit plusieurs oisillons qui apprennent à chanter chacun dans son nid. Les nids contiennent - soit des sopranos, soit des altos, des ténors, des barytons légers, même des basses profondes, etc. Chaque nid, quant à lui, produit collectivement une même note, distincte de celle du voisin, dans laquelle s’entendent à leur tour des infimes variantes naturelles de la note familiale. Chaque ‘’nid’’ produit ainsi une ‘’zone’’ de son, un degré. Entre les ‘’nids’’ il peut y avoir des bruits  d’autres animaux, mais ceux-ci sont étrangers à la ‘’gamme’’ des oiseaux. L’ensemble des nids dans leur progression produit une gamme. Les nids sont les degrés, des ‘’zones’’ de son, séparées par des écarts, vides de sens acoustique (c’est à dire qu’ils sonnent faux par rapport à la gamme des oiseaux). Les zones et les écarts peuvent être calculés scientifiquement en termes de fréquences des vibrations physiques qui les produisent. Ils peuvent certainement aussi être évaluées par l’oreille fine du chef de chœur averti, et celles des choristes.

 

Voici maintenant quelques caractéristiques de la gamme dite ‘’naturelle’’, et qui est associée au Chant d’Eglise. Je commencerai par son aspect harmonique, vertical. Le chef de chœur connaît très bien cet aspect, quand il ‘’donne le ton’’. On retrouve, bien sûr, cette verticalité à tout instant d’une pièce chantée, quand on s’y arrête.

 

La gamme naturelle d’Eglise n’est pas nécessairement attachée à une tonalité quelconque. En principe, la gamme est de hauteur variable, comme c’est le cas avec la ‘’corde’’ médiévale. Dans une atmosphère de tranquillité liturgique, le chef de chœur ‘’donne le ton’’ d’après la note, peut-être, arbitraire, du prêtre, du diacre, du lecteur, ou encore du psalmiste qui proclame le ‘’ton’’ de l’hymne, psaume ou prière à chanter. Et la chorale commence à chanter. D’habitude, cette ‘’note arbitraire’’ n’est pas si arbitraire que cela, car dans l’expérience il s’établit une entente entre célébrant et chorale, et tous deux chantent dans le milieu de leurs registres vocaux respectifs, souvent proches. Si ça ne se passe pas toujours ainsi, dans l’idéal ça devrait l’être. Nous en reparlerons.

 

Si on chante à l’unisson, ou si une pièce commence par un unisson, le chef de chœur, en donnant le ton pour cet unisson, veillera à ce que les chanteurs prennent la même note exactement.

 

Si la pièce est à plusieurs voix, le chef de chœur chantera l’arpège initial d’après la sonorité de la gamme naturelle, c’est à dire des degrés justes et euphoniques. Pour illustrer ce point important, voici l’identité physique des degrés de la gamme. Elle est, dans chaque cas, proportionnelle à la hauteur de la prime, la note de base. La simplicité primaire des fractions rend les intervalles parfaitement euphoniques. Lire de bas en haut:

 

octave                                :  2/1

septième mineure          :  9/5

sexte majeure     :  5/3

sexte mineure     :  8/5

quinte                                :  3/2

quarte                                :  4/3

tierce majeure    :  5/4   

tierce mineure    :  6/5

seconde majeure           :  9/8   

seconde mineure           :16/15

prime                                 :  1/1

 

Passons à l’aspect mélodique de la gamme naturelle. La chorale chante, soit à l’unisson, soit en polyphonie. Chaque voix exécute une mélodie donnée. Comment le chef de chœur doit diriger cette marche ? Comment la chorale exploitera-t-elle la flexibilité propre à la gamme naturelle ? Cette flexibilité naturelle des degrés provient de la belle propriété que possèdent les sons de la gamme d’être logés dans une zone sonore, et non pas sur un point précis, comme l’est la gamme tempérée. En général, à l’écoute, le ton entier de la gamme naturelle est plus large que son homologue de la gamme tempérée, et le demi-ton est plus étroit ; la quinte naturelle sonne plus large, et la quarte – plus étroite ; la tierce et la sexte majeures tendent à être larges, la tierce et la sexte mineures sont plus étroites.  

 

Je développerai ce sujet particulier dans une causerie prochaine.

 

NOTES:

 

Le fait que, depuis le XVIIe, et surtout au XIXe siècle, le Chant canonique se chante enveloppé d’un accompagnement harmonique élémentaire quasi obligatoire d’autres voix, ou par des harmonisations plus recherchées écrites au début du XXe, cela ne prive pas ces constructions nouvelles de leur qualité canonique, pourvu que le Chant y reste entier.

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Je voudrais conseiller aux enthousiastes de faire un apprentissage en écoutant des concerts de musique classique de quatuors à cordes. Ceux-là ne sont pas emprisonnés par la gamme tempérée.

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Sur la tranquillité liturgique: au début des années 1990, ma chorale de Londres avait trouvé un bon équilibre général, et chantait sans beaucoup détonner. Dans le souci de conserver la tranquillité liturgique dans le passage de la liturgie des catéchumènes à la liturgie des fidèles, c’est à dire - ne pas redonner un ‘’ton’’ nouveau pour le chant des chérubins, je donnais un ‘’ton’’ apparenté à celui des chérubins juste après la lecture de l’évangile : ‘’gloire à Toi, Seigneur, gloire à toi’’. Ce ‘’ton’’ se conservait à travers toutes les litanies jusqu’à la grande entrée, et la chorale plongeait dans le chant des chérubins, sans créer aucun remous sonore.

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De ma vie, par instinct ou par conviction, je ne me suis jamais servi d’un instrument à clavier, piano ou harmonium, dans une répétition chorale, pour éviter le risque de me faire influencer par la gamme tempérée, et ainsi de dérégler l’intonation ‘’naturelle’’ et flexible de la chorale, si dure à trouver.

Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /2009 17:05
- Publié dans : Enseignement
Par Père Jean-Pierre

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Moine Moïse de la sainte Montagne: La confession



La confession est un commandement donné par Dieu, et c'est l'un des sacrements de notre Église. La confession n'est pas un acte formel, habituel ( "pour être tranquille", ou "en vue des jours de fête à venir"), forcé et sans préparation, venant d'un devoir ou d'une obligation isolés et uniquement pour [accorder] un soulagement psychologique . La confession doit toujours être combinée à la repentance. Un saint staretz de la Sainte Montagne avait coutume de dire: "Beaucoup se confessent, mais peu se repentent! (Staretz Aemilianos du monastère deSimonopetra, sur la Sainte Montagne).
La repentance est un processus interne de contrition et de regret librement voulu, que nous éprouvons pour nous être éloignés de Dieu par le péché. Le vrai repentir n'a rien à voir avec la douleur intolérable, le chagrin excessif et les implacables sentiments de culpabilité. Ceci ne serait pas le repentir sincère, mais un égoïsme secret, un sentiment que notre «moi» est foulé aux pieds; une colère qui s'adresse à notre moi, qui alors demande vengeance, car il est démasqué et couvert de honte - chose qu'il ne peut pas tolérer. La repentance signifie un changement dans nos pensées, notre mentalité, c'est une volte-face, c'est une greffe de moralité et un sentiment d'horreur du péché. Le repentir, signifie aussi un amour de la vertu, la bienveillance, et un désir, une volonté et une forte disposition à être réunis au Christ par la grâce de l'EspritSaint Omnipotent. La repentance commence dans les profondeurs du cœur, mais elle aboutit nécessairement dans le sacrement de la Confession divine et de sacrée.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /2009 08:20
- Publié dans : Enseignement
Par Père Jean-Pierre

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19 OCTOBRE 2009

La Dépression: L'ennemi silencieux ( Métropolite Hiérotheos


Avec ce titre d'"épidémie silencieuse", un journal hebdomadaire à grand tirage a parlé de la maladie de notre temps, qui n'est autre que la dépression. Ceci a également été vérifié par l'Organisation Mondiale de la Santé. Il s'agit d'une maladie épidémique qui se répand de plus en plus avec le passage du temps, cependant elle est également silencieuse, elle est muette, car elle n'est pas évidente pour ceux qui ont été "contaminés" par elle. Ils ne la révèlent pas, ou ne l'expriment pas, cependant, quand on approche les gens qui sont possédés par celle-ci, on peut déceler sa présence.

Pour faire face à ce problème, une ligne téléphonique a été inaugurée, récemment, pour les personnes qui souffrent de dépression, afin qu'elles puissent communiquer avec des spécialistes à l'autre bout de la ligne. Durant le premier mois de fonctionnement du programme, la ligne a reçu 391 appels. Elle a reçu 17 appels par jour en moyenne, et chaque appel a duré 15 minutes. Les pourcentages après le premier mois de fonctionnement du programme sont indicatifs. 69% des appels proviennent de femmes. 42,6% étaient des personnes de 31 à 45 ans. 72% étaient résidents de la capitale. 44% étaient célibataires et 47,9% étaient des personnes ayant eu une éducation supérieure. (Données extraites de l'édition duweek end du 12-13 juillet du journal Le Monde del'Investisseur [Kosmos tou ependiti]).

La psychiatre Maria Economou qui est la scientifique responsable de la Ligne, a déclaré entre autres "qu'il était tout à fait évident que ceux qui appelaient avaient sérieusement besoin de parler à un spécialiste, de façon anonyme et confidentielle."

Je crois que cette dernière observation indique combien de nos semblables de nos jours - avec le genre de vie qu'ils mènent - n'ont personne à qui parler et avec qui partager les problèmes qui les tourmentent, et aussi combien ils sont possédés par la peur - ce qui explique pourquoi ils cherchent à parler de façon anonyme et confidentielle. Cela montre comment la plupart des gens sont isolés, ont peur de la société, et se referment hermétiquement sur eux-mêmes. Ils n'ont en outre aucune vision de l'avenir, et aucune occupation dans leur vie quotidienne, ils souffrent d'agoraphobie (qui est la cause de leur repli sur eux-mêmes) et, par conséquent, ils s'enfoncent progressivement dans une mer de dépression. Une personne qui est inspirée par la vie, qui a des occupations et les buts, qui est une personne libre, sans aucune crainte et dépendances, qui a des gens authentiques avec qui elle peut converser et s'exprimer, ne peut pas atteindre le stade de la dépression.

Dans l'Église, il y a le sacrement de la Confession, au cours duquel les gens peuvent ouvrir leur cœur, librement et révéler les ulcères de leur âme à leur père spirituel (à travers lequel le Christ lui-même travaille) et ainsi être guéris et libérés intérieurement des diverses conditions internes qui sont extrêmement pénibles pour eux. Le Père spirituel fonctionne comme médecin, et non comme juge, il écoute principalement et console. On peut également trouver de vrais amis dans l'Église, des amis avec un amour désintéressé, à qui l'on peut exprimer plus facilement les questions qui nous préoccupent.

En tout cas, le traitement de la dépression (quand elle n'est pas attribuée à une cause organique, ce qui nécessiterait un traitement spécial, mais est de nature psychologique) est confronté à une vigueur vitale, à la recherche de vrais amis qui soient dignes de confiance , et à une honnêteté envers soi-même.

Et un point important: la plupart des gens de notre époque sont des maniaco-dépressifs qui tourmentent leur moi sans aucune raison, ce qui équivaut à une auto-flagellation. Au lieu de cela, ils devrait faire preuve de miséricorde envers eux-mêmes!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /2009 20:01
- Publié dans : Enseignement
Par Père Jean-Pierre
Saint NECTAIRE d'EGINE

 

Saint Nectaire d'Egine est sans aucun doute parmi les plus aimés et les plus vénérés saints de notre Eglise en ce XXe siècle. L'Evêque de la Pentapole, le Thaumaturge d'Egine est très populaire, bien entendu en Grèce mais aussi à travers toute la Diaspora Orthodoxe d'Occident où son culte s'est fortement répandu. Cela en raison de ses nombreuses intercessions et de ses innombrables guérisons miraculeuses. Ayant beaucoup souffert avec patience par amour pour le Christ, la calomnie, le mépris et les vexations, il a appris à se montrer compatissant pour les souffrances de ceux qui se confient en lui. Sa catéchèse, toute emprunte de profonde simplicité, nous montre combien il est proche de nos préoccupations spirituelles et particulièrement de celles des plus petits et des plus humbles d'entre nous.

St Nectaire d'Egine

Saint Nectaire d'Egine

LA VOIE DU BONHEUR

Rien n'est plus grand qu'un cœur pur, parce qu'un tel cœur devient le trône de Dieu. Et qu'y a-t-il de plus glorieux que le trône de Dieu ? Bien entendu, rien du tout ! Dieu dit à propos de ceux qui possèdent un cœur pur : " J'habiterai et je circulerai au milieu d'eux ; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple ! " ( 2 Cor. 6/16 ). Qui oserait encore affirmer être plus heureux que ces gens-là ? Car de quels biens prétendraient-ils être privés ? Ne trouve-t-on pas tous les dons et tous les bienfaits de l'Esprit Saint dans leurs âmes bienheureuses ? Que leur manque-t-il par conséquent ? Vraiment, ils ne souffrent de rien car ils gardent dans leur âme la plus précieuse des richesses : Dieu Lui-même. Combien se trompent les hommes lorsqu'ils font fi de leur propre personne pour aller prendre ailleurs du bonheur : en se rendant dans des terres lointaines, en parcourant le monde par de nombreux voyages, en rêvant de richesse et de gloire, en courant après la fortune et les vains plaisirs ou encore en voulant s'approprier les choses de ce monde, qui ne procurent que des lendemains amers ! L'édification de la tour du vrai bonheur en dehors de son propre cœur équivaut à vouloir construire un édifice qui reposerait sur des fondations instables et secouées par des tremblements fréquents. Sûrement qu'une telle bâtisse finira un jour par s'effondrer toute entière d'elle-même. Mes frères, le vrai bonheur n'existe qu'à l'intérieur de vous-mêmes et bienheureux est celui qui a compris cela. Scrutez donc votre cœur et prenez le temps de vous pencher sur votre propre état spirituel. A-t-il perdu son assurance en Dieu ? Est-ce que vos consciences se plaignent que vous vous détournez des commandements divins ? Vous accuse-t-elle, cette conscience, de pratiquer l'injustice et le mensonge, de négliger vos devoirs envers Dieu et votre prochain ? Examinez-la par conséquent scrupuleusement : il se pourrait bien que des pensées et des passions mauvaises fourmillent dans votre cœur et qu'ainsi il se soit engagé sur des routes tortueuses et infranchissables… Hélas, celui qui a négligé son propre cœur, celui-là s'est aussi volontairement privé de tous les biens pour les remplacer par de nombreux autres maux. C'est ainsi qu'il a chassé la joie loin de lui et le voilà maintenant plongé dans l'amertume, la tristesse et toutes sortes d'inquiétudes. Sans la paix intérieure, il est saisi par le trouble et la peur. L'amour parti c'est la haine qui s'y est installée. En se dépouillant des dons et des fruits que l'Esprit Saint lui a offerts au moment de son baptême, il est devenu un familier de tout ce qui fait de l'homme un être pouilleux et misérable. Mes Frères ! Le Dieu plein de miséricorde n'aspire qu'à notre bonheur aussi bien dans cette vie que dans l'autre. C'est pour cela qu'Il a fondé sa sainte Eglise. Afin de nous purifier par Elle de notre péché ; pour nous sanctifier ; pour nous réconcilier avec Lui ; pour nous combler de ses bénédictions célestes. Et les bras de cette Eglise vous sont très largement ouverts. Courons-y vite, nous qui avons le cœur lourd. Courons-y très vite et nous verrons que l'Eglise nous attend pour prendre sur Elle notre lourd fardeau, nous mettre en confiance avec Dieu et remplir notre cœur de félicité et de joie.

LE SAINT BAPTEME

" Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ " ( Gal.3/27 ) Que de vérités dans ces paroles de l'Apôtre Paul ! Les baptisés en Christ ont quitté la tunique du vieil homme, entachée de passions et de mauvais désirs et ils ont revêtu celle de l'homme nouveau, autrement dit le Christ Lui-même qui maintenant vit au plus intérieur de leur cœur. Car la phrase " vous avez revêtu " n'a plus aucun rapport avec les vêtements que nous portons. Il est question ici d'une autre réalité ; d'une réalité bien plus profonde ; de quelque chose de plus essentiel et que plus rien ne peut vous arracher. Par l'affirmation de notre foi et le baptême nous recevons réellement pour vêture le Christ et nous devenons les vrais enfants de Dieu, les demeures de l'Esprit Saint, les temples du Très-Haut. Nous sommes appelés à la sainteté, à la perfection et à la divinisation par la grâce qui nous est ainsi conférée. Nous voici donc libres de toute corruption puisque revêtus d'incorruptibilité. Dépouillés désormais de l'homme du péché, nous sommes en retour revêtus de l'homme de la justice et de la grâce. Nous avons chassé la mort en recouvrant la vie éternelle. Au fait : sommes-nous réellement conscients de l'engagement que nous avons pris devant Dieu lors de notre baptême ? Avons-nous compris qu'il nous incombe désormais de nous comporter en fils authentiques de Dieu et en véritables frères de Notre Sauveur ? Comprenons-nous bien que notre premier devoir consiste à faire concorder notre propre volonté avec celle de Dieu Lui-même ; qu'il nous faut nous libérer du péché ; qu'il est impératif pour nous de nous adonner à la charité avec toutes nos forces, de toute notre âme et de tout notre cœur; qu'il est de notre devoir de louer et adorer Dieu et de garder notre regard tourner avec la plus grande impatience vers cet instant où nous serons définitivement unis à Lui? Avons-nous fait notre cette pensée que notre cœur ne peut désormais que déborder d'authentique amour afin qu'il ne perde jamais de vue le prochain ? Enfin, sommes-nous convaincus que notre unique vocation est d'acquérir la sainteté et la perfection ; que nous sommes des icônes vivantes de Dieu, des enfants et des héritiers de son Royaume, le Royaume des cieux ? C'est pour toutes ces raisons qu'il n'y a de cesse à notre lutte spirituelle afin que nous soyons dignes de l'appel que Dieu nous a adressé en vue de nous éviter de subir un jour l'affront d'être désavoué à cause de nos actes. Oui mes Frères, ayons à cœur de remporter victorieusement le bon combat en usant de zèle et d'abnégation. Marchons avec audace, sans négligence, sans crainte, sans buter sans cesse devant les épreuves : Dieu est avec nous ; Il est notre aide et notre soutien ; Il nous fortifie et nous conforte sur le difficile chemin de la vertu.

LE COMBAT SPIRITUEL

Le but de notre vie, c'est l'acquisition de la perfection et de la sainteté. C'est devenir les dignes enfants de Dieu et les héritiers de son Royaume. Prenons garde de nous priver de cette vie future en donnant la priorité aux choses de la vie présente. Ne nous écartons pas du but et du sens de la vraie vie en privilégiant les soucis et les tribulations qui sont inhérents au monde d'ici-bas. Le jeûne, les veilles et la prière ne peuvent à eux seuls produire les fruits escomptés. Ils ne constituent pas en soi le véritable but ; ils ne sont que des moyens pour atteindre ce but. Aussi, ornez vos cierges d'authentiques vertus. Luttez sans cesse pour déraciner les passions qui sont en vous. Purifiez vos cœurs de toutes ses souillures pour qu'il devienne la demeure de Dieu et que l'Esprit Saint y trouve de quoi le remplir de ses dons divins. Mes bien-aimés, que toutes vos préoccupations et tous vos soucis tendent uniquement vers cela, vers ce seul but déjà cité qu'il ne faut en aucun cas délaisser. C'est en vue de cela que votre prière est essentiellement adressée à Dieu. A chaque instant de votre existence cherchez d'abord Dieu. Mais cherchez-Le là où Il se trouve : à l'intérieur de votre cœur et uniquement là. Et lorsque vous L'aurez enfin trouvé, tenez-vous devant Lui avec effroi et crainte à l'instar des Chérubins et des Séraphins parce qu'alors votre cœur sera devenu le trône de Dieu. Toutefois, pour trouver le Seigneur, humiliez-vous plus bas que terre parce que Dieu vomit les orgueilleux tandis qu'Il aime au contraire et visite les humbles de cœur. C'est pour cette raison qu'Il a dit par la bouche d'Isaïe (ch. 66/2) : "Celui qui attire mes regards, c'est l'affligé, le cœur contrit qui craint ma parole". Mène le bon combat donc et Dieu en retour te fortifiera. Par ce combat nous localisons nos propres faiblesses, nos manques et nos défauts personnels. Car ce combat incessant n'est que le miroir de notre situation spirituelle : celui qui n'a jamais mené ce type de combat, celui-là n'a jamais non plus été capable de connaître son état intérieur réel. Attention à ce que vous considérez comme étant " vos petits péchés ". Si par inadvertance il vous arrive de succomber à un péché, surtout ne désespérez pas : relevez-vous vite, tombez à genoux devant Dieu, Le seul capable de vous redresser. Ne vous enfermez pas dans votre grande tristesse, qui ne sert qu'à couvrir votre fierté. Les états de tristesse exagérée et les moments de désespoir qui nous saisissent nous font beaucoup de tort et ils finissent par devenir pour nous un vrai danger. Très souvent ils ne sont que l'œuvre du diable afin que nous mettions un terme à notre bon combat. On trouve aussi en nous des faiblesses et des défauts et des passions dont les racines sont profondes ; plusieurs d'entre eux nous sont par ailleurs héréditaires. On ne se défait pas de tout cela en usant d'expédients spasmodiques ni en succombant à l'anxiété et au désespoir mais on en guérit en usant de patience, de persévérance, de fermeté envers soi-même, de sollicitude et d'attention. C'est vrai : la route qui mène à la perfection est longue et ardue. Priez Dieu de vous en donner la force. Affrontez vos chutes avec patience et une fois debout, ne vous attardez pas, comme le font d'habitude les gosses, sur le lieu de votre chute en poussant des hurlements et en versant des pleurs la plupart des fois inconsolables. Restez sans cesse vigilants et sans cesse priez pour ne point succomber à la tentation. Et s'il vous arrive de tomber dans des fautes déjà anciennes, surtout ne vous laissez pas aller au désespoir car nombre d'entre elles sont naturellement puissantes et c'est par habitude qu'on les commet. Cependant, avec le temps et la persévérance, on trouve aussi le moyen de les vaincre. Pour cela loin de vous tout désespoir !

LA PRIERE

La tâche première de l'homme, c'est la prière. En tant qu'image de Dieu, il a soif de Lui et c'est avec passion qu'il s'efforce de s'élever jusqu'à Lui. Plus l'homme prie, plus il dépouille son âme de tout désir mondain, plus il accède aux biens célestes. Et encore, plus il se dépouille des plaisirs de cette vie, plus il jouit de la vraie joie qui vient du ciel. C'est par l'expérience acquise qu'il nous est possible de témoigner de cela. Dieu agrée toute prière qui lui est offerte de manière correcte, c-à-d dès lors que nous la formulons en étant conscients de notre imperfection et de notre indignité. Aussi faut-il pour cela renier totalement le mauvais qui est en nous et nous soumettre aux commandements divins. Cela exige que nous soyons humbles et que sans relâche nous nous adonnions au vrai travail spirituel. Remettez à Dieu tous vos soucis. Il est votre Providence. N'ayez pas peur ; ne laissez pas le trouble s'installer en vous : Dieu scrute les profondeurs cachées de vos âmes et Il répond à vos désirs à Sa manière. Aussi demandez, ne perdez pas courage et dites-vous que vous n'avez pas le droit de vous plaindre quand votre attente n'est pas comblée. Les voies du Très-Haut vous sont inconnues ; pour cette raison restez sereins et sans cesse tournez votre regard vers Lui. A elles seules les demandes et les prières ne nous apportent pas la perfection. Seul le Seigneur nous conduit vers la perfection en venant habiter en nous chaque fois que nous nous conformons à Ses volontés. L'une des premières c'est de ne pas vouloir réaliser coûte que coûte nos propres désirs mais Ses préceptes. De la même façon que les anges les pratiquent au ciel avec justesse. C'est pourquoi, si le Christ ne réside pas en nous, nos prières et nos demandes restent vaines.

LA PAIX

La paix est un don divin, richement distribué à tous ceux qui sont réconciliés avec Dieu. La paix ressemble à la lumière , à l'opposé du péché qui est ténèbres : un pécheur ne peut jamais être artisan de paix. Luttez contre le péché et ne soyez pas troublés par le réveil de vos propres passions . Si tu sors vainqueur , cet éveil de passions se transformera en joie et paix. Si tu succombes ( et fasse qu'il n'en soit pas ainsi ), ce sont la tristesse et le trouble qui prennent le dessus. Et si encore, après avoir mené un rude combat, il advient que le péché l'emporte momentanément sur toi, toi au contraire persiste dans ta lutte et au bout du compte tu en sortiras et vainqueur et pacifié. " Cherchez à être en paix avec tout le monde ; cherchez la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur " ( Hébreux 12 / 14 ). La paix et la sanctification sont deux conditions nécessaires pour celui qui recherche avec zèle le visage de Dieu. La paix est le fondement sur lequel se construit la sanctification. Point de sainteté dans un cœur troublé et coléreux. La colère, lorsqu'elle perdure dans notre âme, devient cause de haine et d'inimitié. Voilà pourquoi il convient de vite se réconcilier avec son prochain. Pour ne pas être privé de la grâce divine qui sanctifie nos cœurs ! Celui qui est en paix avec lui-même, celui-là pacifie aussi les autres et il demeure dans la paix de Dieu.

L' AMOUR ( AGAPE )

Chaque jour demandez à Dieu qu' Il vous fasse la grâce du don d'aimer. Préservez avec toute la vigilance nécessaire la qualité de vos relations avec les autres et témoignez-leur de votre respect car ils sont " images " de Dieu. Ne vous laissez pas surprendre par le seul spectacle de la beauté du corps : lorsque le cœur n'est pas réchauffé par la prière pure, l'amour se contente du seul charnel, avec pour conséquence de rendre confuses les pensées et de réduire le cœur en cendres. Celui qui reste sur ses gardes pour que le don de l'amour soit préservé dans sa pureté, celui-là ne tombera pas dans le piège du Malin, lequel consiste à transformer pas à pas et sans bruit l'amour prôné par l'évangile en amour purement sentimental.

LE DISCERNEMENT

Je vous conseille la raison et la sagesse en toutes circonstances et d' éviter les extrémités de toutes sortes. Allez de l'avant avec discernement. De même n'affaiblissez pas votre corps en lui imposant des excès insurmontables. Rappelez-vous que l'ascèse du corps a pour unique but d'aider l'âme à atteindre la perfectionLa seule voie possible pour l'acquérir, c'est le bon combat de l'âme. Aussi ne tendez pas la corde plus que nécessaire. Sachez que Dieu n'impose pas des contraintes lorsqu'il distribue Ses dons : ce que nous recevons de Lui, c'est tout-à-fait gratuitement que nous le recevons parce que Sa miséricorde est sans limites. Ne visez pas trop haut non plus en vous adonnant à de grands actes d'ascèse si par ailleurs vous ne possédez pas d'abord ces vertus sans lesquelles vous risqueriez de vous égarer dans l'élévation et l'audace. Tant que l'on croule sous les passions, on court le risque de se tromper comme cela arrive aux imbéciles et aux prétentieux. A ceux qui sont dépouillés de leurs passions, les dons de la grâce divine leur sont distribués tels des récompenses ; en toute discrétion et alors qu'ils s' y attendent le moins.

L' ARROGANCE

L'arrogance de la raison ressemble à la fierté satanique qui renie Dieu et blasphème contre l'Esprit Saint. C'est pourquoi elle guérit très difficilement. Par contre, la fierté du cœur n'est pas un produit de la fierté satanique car elle tire son origine de diverses situations et à travers de multiples évènements : richesse, gloire, honneurs tant spirituels que physiques ( intelligence, beauté, force, adresse…). Tout cela atteint le cerveau des insensés ; ils tombent dans la vanité sans que pour cela ils ne cèdent à l'athéisme…Très souvent le Seigneur les prend en pitié et use de sa divine pédagogie pour qu'ils redeviennent raisonnables. Alors leur cœur, grâce à la contrition, cesse de courir après les vaines gloires et finit par guérir. Il me paraît juste de dire que toute notre attention spirituelle devrait se concentrer sur la nécessité de neutraliser en nous l'arrogance et la fierté ainsi que leurs acolytes. Si par contre nous les remplaçons par la véritable humilité, alors nous sommes sûrs de posséder le tout. Car là où il y a humilité en Christ, là aussi il y a regroupement de toutes les vertus qui mènent directement à Dieu.

LA NOBLESSE CHRETIENNE

Les chrétiens doivent, selon le commandement du Christ, tendre vers la perfection et la sainteté. La perfection et la sainteté commencent d'abord par creuser un profond sillon dans l'âme pour ensuite imprégner nos pensées, nos désirs, nos paroles et nos actes. De cette manière tout ce qui emplit l'âme déborde aussi extérieurement sur le caractère de l'homme tout entier. Aussi comportons- nous envers tous avec délicatesse. Que nos paroles et nos actions transpirent la grâce du Saint Esprit, dont nous sommes les porteurs au fond de notre cœur. Alors tout notre vécu témoignera que ce qui est glorifié, c'est d'abord le nom de Dieu. Qui mesure ses paroles, mesure aussi ses actes. Qui fait attention à ce qu'il dit, fait aussi attention à ce qu'il entreprend ; jamais il ne va au-delà de la mesure et de la bienséance . Car les vains mots engendrent les haines, les inimitiés, les tristesses, les disputes, les troubles de tous genres, les guerres aussi. Délicatesse donc et profond respect ! Que jamais ne sortent de nos lèvres des paroles blessantes ; des paroles qui n'ont pas d'abord été salées par la grâce de Dieu. Que les mots prononcés dans notre bouche soient pleins de bonté comme venant du Christ Lui-même et qu'ils soient le reflet de la façon dont nous cultivons notre propre âme.

LA DOXOLOGIE

Le devoir du chrétien, c'est de toujours rendre gloire à Dieu aussi bien avec son corps qu'avec son esprit. D'ailleurs tous les deux sont la propriété de Dieu et à cause de cela nous n'avons pas le droit ni de les déshonorer ni de les corrompre. Tout être qui se souvient que son corps et son esprit appartiennent à Dieu est saisi de piété et de crainte mystique à leur égard et cela contribue à les préserver du péché tout en restant en constante relation avec Celui qui est la cause même de leur sanctification, le Seigneur notre Dieu . Ainsi l'homme rend mêmement gloire et avec son corps et avec son esprit chaque fois qu'il se souvient qu'il a été sanctifié par Dieu et qu'il s'est de la sorte uni à Lui. Cela devient possible chaque fois qu'il fait concorder sa propre volonté avec celle de Dieu afin que ses agissements soient conformes aux préceptes divins. Etre ainsi agréable à Dieu, c'est témoigner que l'on ne vit plus pour soi mais pour Dieu. C'est construire le Royaume des cieux sur la terre. Tout devient prétexte pour glorifier le nom du Seigneur et faire briller ici-bas le divin éclat de la vraie Lumière, douce et joyeuse ainsi que nous le proclamons lors de la célébration de l'office des Vêpres : " Phôs hilaron…Lumière joyeuse de la sainte gloire, du Père immortel, saint et bienheureux Jésus-Christ…" ! Si vraiment nous prenons la décision d'agir ainsi, alors nous deviendrons le véritable chemin qui conduira directement à Dieu tous ceux qui ne l'ont pas encore rencontré ou connu.

--------------- Ce texte a été édité à 800.000 exemplaires par le Monastère du Paraclet ( Oropos -Attique / Grèce l997). Il a été traduit en français et très légèrement adapté par notre rédaction.

Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /2009 11:16
- Publié dans : Enseignement
Par Père Jean-Pierre

www.orthodoxologie.blogspot.com

JEUDI 10 SEPTEMBRE 2009

Père Tikhon et le voleur


Père Tikhon

Un jour quelqu'un lui avait envoyé un chèque d'Amérique. A l'heure même où le staretz reçut l'argent à la poste, un laïc le vit et il fut vaincu par le démon de l'avarice. De nuit, il vint donc à la kellia du staretz, afin de le voler, avec la pensée qu'il trouverait encore d'autre argent, sans savoir que cet argent qu'avait reçu le staretz, il l'avait donné à l'heure même à un certain Théodore pour qu'il achète du pain pour les indigents.
Après avoir tourmenté le staretz, en lui mettant une corde autour du cou, quand il se révéla qu'il n'avait vraiment pas d'argent, il s'apprêtait à fuir.
Père Tikhon lui dit:
- Dieu me pardonne, mon fils!
Ce méchant homme s'en alla vers un autre staretz, dans le même but, mais il fut pris par la police, et il avoua lui-même qu'il était aussi allé chez Père Tikhon
Le policier envoya un gendarme et il interrogea Père Tikhon pour le procès du voleur.
Le staretz fut ennuyé et il dit au gendarme:
- Mon enfant, je pardonne de tout mon cœur au voleur.
Celui-ci ne prêta nulle attention aux paroles du staretz parce qu'il était poussé par son supérieur et il lui dit: - Allons donc! Père, ici n'est pas le lieu pour le "pardon" et le "bénis!" [Formules monastiques habituelles].
En fin de compte le gouverneur l'a laissé partir dans sa cellule à Ierissos parce qu'il pleurait comme un petit enfant, à la pensée qu'il deviendrait la cause de punition du voleur.
Quand je lui rappelais cet évènement, il ne pouvait comprendre cette mentalité, et il me disait:
- Oh là là, mon enfant! Ces gens dans le monde ont un autre typikon, ils n'ont pas le "bénis!", et le "Dieu te pardonne".

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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